Susan Sontag, Le Style « Camp »

Nelly Kapriélan, dans son livre «Le Manteau de Greta Garbo», cite un passage du livre de Susan Sontag, Le Style « Camp ».  A l’heure où j’étais en train de faire quelques menus travaux techniques et graphiques sur ce blog, voilà qui tombait à pic :

Dans le domaine de la personnalité, le « Camp » affirme un goût notoire pour ce qui est à l’évidence affaibli ou fortement exagéré. L’androgyne est sans aucun doute une des figures dominantes de l’imagerie d’une sensibilité « camp ». Exemples : les sveltes, sinueuses, évanescentes silhouettes des peintures ou de la poésie préraphaélite ; les corps minces, graciles, asexués des estampes et des affiches « Modern’Style », ou en incrustations sur des lampes et des cendriers ; le mystère de l’androgyne dans la parfait beauté d’une Greta Garbo. Le goût « camp » rejoint ici une prédilection générale, qui est évidente bien que rarement admise : l’attirance sexuelle dans ses modes les plus raffinés (et les plaisirs non moins raffinés) se fonde sur des caractéristiques contradictoires à la norme de chaque sexe. C’est une certaine touche de féminité qui semble parfaire la beauté des hommes virils, une nuance de virilité qui accomplit la beauté des femmes…

… Je vous ai mis le passage entier, mais j’aurais pu m’arrêter à « Garbo »…

Si (en poussant un peu le bouchon et en osant quelques clichés sexisto-pigeonnants.) les visages préraphaélites peuvent être considérés comme un peu masculins (mâchoires carrées…) chez Waterhouse ou Rossetti (sans oublier Fernand Khnopff, mais ça va lancer le débat sur qui est / qui n’est pas préraphaélite), en revanche je cherche l’androgynie et les silhouettes sveltes et évanescentes chez les peintres préraphaélites… globalement en vain…

Et surtout c’est amusant comme je n’ai pas cette image-là en tête dans l’Art nouveau, et que pour moi, la représentation de la femme y est très sexuée. Un de mes premiers billets, sur l’absinthe, abordait cet aspect… En essayant de me souvenir un peu, il est vrai que les visages féminins sur les façades de Liège ou de Prague peuvent avoir des traits masculins… et que Sarah Bernhard en Lorenzaccio sur l’affiche de Mucha va dans le sens de la réflexion de Sontag mais c’est un peu facile… Me voilà alors cherchant sur Internet une réponse objective… plutôt du côté du Jugendstil et du sezessionstil… et… je me dis qu’on n’a pas du voir les mêmes cendriers…

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