Saintes (Charente-Maritime) – 64 cours National

Lorsque je remonte le cours National de Saintes, je suis sûrement trop concentré par le rond-point au croisement du cours Reverseaux et j’ai en général le regard attiré par la belle façade du Temple. C’est sûrement pour cela que je n’avais jamais prêté attention aux maisons jumelles du 64 – 64bis (juste après la Villa Musso)… La façade de cette construction (datant de 1906-1910 d’après mes sources*) est discrète, mais elle sort tout de même de l’ordinaire sur cette artère.

La façade est principalement constituée d’éléments classiques (forme des fenêtres, consoles des balcons et des fenêtres, élements décoratifs autour des portes sauf éventuellement les extrémités : voir photo un peu plus bas) et sa symétrie ne permet pas non plus de la considérer comme originale (sauf cette triplette de porte, peut-être).

ferronneries Art nouveau aux motifs de tournesol
Mais comme on peut le constater, les architectes ont su agrémenter cette sobre façade d’éléments Art nouveau :
– les ferronneries des fenêtres et du balcon (cf. ci-dessus et 3ème photo ci-dessous). Elles représentent des tournesols complétés par des sortes de liane s’enroulant autour des tiges, permettant un joli relief. Celles des fenêtres sont disymétriques, offrant une légère impression de mouvement.
– les ferronneries des portes latérales (1ère photo ci-dessous), en coups de fouet.
– la frise de la corniche (2ème photo ci-dessous). On a là un seul motif floral, à savoir ce même tournesol que sur les ferronneries. La frise est néanmoins complétée, entre les fleurs, d’une sorte de feuillages qui fait penser à des fleurs d’artichauts : on remarque d’ailleurs deux feuilles discrètes qui pourraient correspondre à cette plante. Je réalise d’ailleurs que les éléments décoratifs au-dessus des lucarnes de la rue Cuvilliers pourraient bien être des artichauts, de la même famille que les chardons.
– des éléments sculptés dans la pierre (2ème photo ci-dessous) : 1 de chaque côté des fenêtres du 2ème étage, et 4 plus gros sous la frise.

   

Bon, d’accord, là encore pas de quoi s’extasier, mais c’est très joli, non ?

Et les architectes ?

Bally et BaustertFélicien Balley (1867 – 1942) : Architecte de la ville de Saintes, il offre à la ville de nombreuses réalisations : transformation de l’école Lemercier, divers aménagements à l’hôpital, construction de l’école professionnelle d’agriculture, de l’abattoir ou du bureau des Poste… Il a en charge également les constructions des mairies de Chenac, Saint-romain-de-Bnet ou Rétaud. En participant à de nombreux concours, il étend le spectre de ses réalisations bien en dehors du département : Pontivy, Langres, Pauillac, Limoges, Saint-Dizier, Troyes (pour l’hôtel de Ville et des postes, point culminent de sa carrière semble-t-il), jusqu’en Bulgarie où il reçoit le premier prix pour la construction du palais de justice de Sofia. Egalement architecte des monuments historiques, on lui doit la rénovation de nombreux édifices, tel l’Arc de Germanicus de Saintes. Mais la liste de son oeuvre est bien longue, j’en resterai là. On peut se référer au site web de la cité de Chaillot pour quelques informations complémentaires.
Georges Baustert : Il commence sa carrière comme assistant de Félicien Balley, en particulier pour la contruction de la mairie de Chenac. Après la guerre, il oeuvre seul, avec par exemple les monuments aux morts de Burie et Rioux. Architecte de la ville de Saintes également, il réalise des travaux d’aménagement au théâtre ou le kiosque à musique. Président de l’association provinciale des architects du Poitou-Aunis-Saintonge, il est nommé en 1935 membre du comité régional pour l’exposition universelle de 1937.

* Sources :

– « Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime« , aux éditions Flohic, dans lequel les auteurs trouvent des comparaisons avec la maison de la rue Cuvilliers… Mouais… On y lit aussi que l’ornement au-dessus de la porte est typiquement Art nouveau. Mouais bis…
– « Dictionnaire bibliographique des charentais », aux éditions Le Croît vif.

3 réflexions au sujet de « Saintes (Charente-Maritime) – 64 cours National »

  1. spicynico

    Bon, je viens commenter ici puisque sur le journal je peux pas alors que j’y ai droit, mais bon.
    1. samedi 5 : c’est énorme. J’adore. (les plinthes)
    2. le carrelage : il aurait fallu utiliser une sous-couche pour coller du carrelage sur du carrelage, c’est un truc un peu rose et qui pègue pour que la colle adhère. Tu étales ça, tu attends, tu bailles, adhère alors le carrelage (j’ai pas pu m’en empêcher).

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  2. Le mateur de nouilles

    La ferronnerie aux tournesols est sans doute un des plus jolis modèles industriels de l’époque Art Nouveau. Joachim Richard s’en servit abondamment pour son immeuble de l’avenue Perrichont (1907). Pour le reste, ces maisons de Saintes sont épatantes, un peu "rustiques", mais très divertissantes. Merci

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