Richard Wagner – Visions d’artistes

L’exposition « Richard Wagner – Visions d’artistes » avait lieu jusqu’au 20 janvier 2008 à la Cité de la Musique. C’est justement ce 20 janvier 2008 que je l’ai visitée…

L’exposition présentait l’influence de Wagner sur les artistes de son époque et des époques suivantes.

En ce qui concerne l’époque qui nous intéresse, le symbolisme était le mouvement le plus en lien avec l’univers wagnérien. Ainsi, Edouard Dujardin, fondateur de la revue wagnérienne, déclara en 1923 au sujet de Wagner que « sa conception de l’art, sa philosophie, sa formule même étaient à l’origine du symbolisme« . Mais un tel point de vue s’avère réducteur, tant le compositeur fut célébré par des artistes de l’époque au style académique ou par des artistes actuels au style… contemporain.

La recherche de l’oeuvre d’art totale par Wagner est un parallèle évident avec l’Art dans tout défendu dans l’Art Nouveau. Mais cette notion n’était pas vraiment abordée dans l’exposition. En revanche, les ponts entre Symbolisme et Art Nouveau sont assez nombreux, en particulier le rejet du classicisme. Si les symbolistes et ceux qu’ils ont influencés (Redon, Khnopff, Delville…) étaient évidemment présents à la Cité de la musique, je ne retiendrai ici que les artistes les plus liés au mouvement Art Nouveau présentés à l’exposition (ou dans le catalogue).

Aubrey Vincent Beardsley. Beardsley (à qui j’ai consacré un petit billet) a en particulier réalisé « Les wagnériens« , paru dans la revue « The yellow Book » qui montre une partie du public de Tristan et Isolde, et également un Siegfried ambigu.
Eugène Grasset : « La Walkyrie« . L’oeuvre présentée est une zincographie de 1893, représentant Wotan emprisonnant la guerrière dans les flammes : point de style « Art Nouveau » à proprement parler ici tout de même.
Simeon Solomon : dessin pour un motif de Parsifal. On voit dans les visages « rossettiens » de cette oeuvre de 1894, l’influence des préraphaélites avec qui il fut ami.
Isidore de Rudder. Lohengrin – tapisserie, 1895. L’artiste a collaboré avec le milieu des arts appliqués bruxellois durant les années 1890.
Boleslas Biegas. Fils de musicien, cet artiste symboliste polonais était au départ influencé par Chopin. En 1901, il devient membre de la Sécession viennoise. Pour l’édition de 1904, il expose une sculpture intitulée « Richard Wagner » où des visages grimaçant, aux pieds d’un Wagner harpiste, rappellent Le Cri de Munch – oeuvre ayant déjà inspiré Biegas pour une sculpture hommage à Chopin, grâce à laquelle il se fit connaître. Il y présenta également un Beethoven, compositeur qui avait été à l’honneur à la Sécession de 1902.
Koloman Moser. C’est ce membre de la Sécession qui figurait sur l’affiche de l’exposition parisienne avec son tableau « Le voyageur » créé en 1918. L’artiste était présent ici avec deux autres toiles : « Vénus dans la grotte » et « wotan et Brünnhilde ».
Les frerès Daum. Le catalogue présente également un superbe objet malheureusement absent pour l’exposition parisienne : un vase Daum, représentant Tristan et Isolde. La pièce est une exception dans l’oeuvre des frères Daum, car elle est une des rares à représenter des personnages. Antonin Daum était un grand admirateur de Wagner et il s’inspira parfois des opéras du compositeur pour d’autres (rares) créations. Le vase en question fut présenté à l’Exposition universelle de 1900.

Pour terminer ce petit billet wagnero-jugenstil, un autre lien un peu plus concret :
Wagner souhaita collaborer avec Josef Hoffmann, futur Secessioniste et fondateur avec K. Moser des Wiener Werkstätte, pour les décors lors de la création du Ring en 1884 (mais les décorateurs refusèrent de transposer les esquisses de Hoffmann, et ne firent que s’en inspirer… à la grande tristesse de Wagner).
A noter qu’auparavant, le maître avait pensé à Arnold Böcklin* : « Voilà quelque chose pour Böcklin, lui seul a l’imagination nécessaire pour cela », aurait affirmé Wagner à propos des décors de la Tétralogie. Mais Böcklin n’accepta pas l’offre et refusa par la suite de réaliser les décors de Parsifal malgré la demande de Cosima.

* En hommage de qui le fondeur Otto Weisert créa la célèbre police Art Nouveau « Arnold Böcklin »… mais cette remarque n’a vraiment rien à faire ici.

2 réflexions au sujet de « Richard Wagner – Visions d’artistes »

  1. Justine

    Bonjour!
    Je suis tombée sur cet article en recherchant des infos sur Otto Weisert.
    J’ai l’impression que cet homme n’a en fait jamais existé, rien a la bibliothèque, rien sur le net, bref je suis desespérée. Je me demandait donc si vous en saviez un peu plus et si vous seriez en meusure de m’aider!!

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