Paris Art nouveau en livre

J’ai fait l’acquisition ce jeudi d’un nouveau livre sur l’Art nouveau parisien, paru aux éditions du Chêne et intitulé « Paris Art nouveau ».

J’étais impatient de l’avoir entre les mains, et en le feuilletant, je fus agréablement surpris par le format, les photos de gros plans, par les doubles pages (texte à gauche, photo pleine page à droite) et par le fait que l’auteure mettait en avant tel ou tel détail des immeubles, avec un détail par page. Mais la première impression n’est pas toujours la bonne.

Oui, me voilà bien embêté, car… je suis très déçu, voire énervé. Certes, ce guide ravira celui qui ne connaît pas les constructions d’Hector Guimard dans le 16ème arrondissement, et surtout le Castel Béranger qui fait l’objet à lui seul d’une dizaine de double-pages.

Mais je ne comprends pas à quoi servent les plans (car les constructions n’y sont pas localisées), le classement par arrondissement est simplement bancal, il y a même une grosse erreur de traduction (peut-être d’autres ? car l’ouvrage est bilingue) pour la station de métro Abesses… Et puis madame l’auteure, l’euphorie vous emporte ! Non Hector Guimard n’a pas eu 300 constructions à son actif ! Même pas 75 si l’on compte les sépultures ! A cela j’ajouterai que quelques vues de façade dans leur intégralité auraient offert au lecteur découvrant ce style un autre regard, mais ces vues d’ensemble sont rarissimes. L’Art nouveau, si l’on en croit les illustrations, se veut presque uniquement art de la décoration: décoration extérieure ou décoration intérieure des restaurants. Où est l’architecture dans tout ça ? L’immeuble de Sauvage de la rue Vavin est représenté par deux pauvres balcons… Un peu d’air ! Un peu d’espace !

Et puis je m’attendais, avouerais-je, à un guide plus complet, pas forcément exhaustif, mais un livre qui aurait vraiment mérité ce titre générique « Paris Art nouveau » et qui serait donc sorti un peu plus des sentiers battus (ce qui est le cas, je le reconnais, avec par exemple la construction de la rue Schoelcher, d’un Art nouveau extrêmement tardif loin de l’image de l’Art nouveau français). Puisque qu’elle a choisi un découpage par arrondissement, l’auteure aurait pu aller traîner du côté du centre ou de l’est parisien, complètement ignorés en dehors de l’immeuble de la rue du Renard et de la synagogue de la rue Pavée. Elle aurait pu montrer que le « Paris Art nouveau » qui fait le titre se glisse aussi dans l’arc outrepassé et la fraîcheur des céramiques du 8 rue Mélingue (19ème arrondissement), dans quelques façades de la rue Réaumur (2ème et 3ème), dans les iris sculptés du 337 rue des Pyrénées (20ème), dans les céramiques de la rue de l’Orillon (11ème), dans quelques sépultures des cimetières parisiens, etc.

Si j’ajoute, d’un point de plus plus subjectif, que les textes sont parfois carrément insipides, je ne vais pas être ami de l’auteure. Mais je pense que le format, où le texte est mis en avant et n’a pas le simple rôle de légende, obligeait à offrir au lecteur des textes de meilleure qualité, et en tout cas autre chose que, par exemple, une courte phrase décrivant une pauvre décoration florale sur une porte. Et je passe sur la photo qui fait le point sur un feuillage plutôt que sur le détail guimardien d’une façade…

Je vous avais dit que j’étais déçu… mais je pense qu’un livre qui cumule autant de défauts est un peu… en trop.

Evidemment si vous n’êtes pas d’accord avec moi profitez des commentaires.

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