La bijouterie Fouquet

J’ai visité à deux reprises le musée Carnavalet, musée de l’histoire de Paris. Celui possède une salle admirable, où est reconstituée la bijouterie Fouquet, décorée par Mucha.

Georges Fouquet prit la direction de la bijouterie Fouquet en 1895, en succession de son père, un des plus grands bijoutiers parisiens de l’époque. L’exposition universelle de 1900 approchant, Fouquet contacta Mucha, déjà célèbre pour ses affiches – la première, pour le Gismonda avec Sarah Bernard, date de 1894. Les bijoux créés alors par Mucha firent sensation, et Fouquet souhaita prolonger cette collaboration lorsqu’il déménagea sa boutique pour s’installer au 8 rue Royale.

La nouvelle boutique ouvrit en 1901, et le tout-Paris put alors admirer l’ambiance audacieuse du lieu… S’inspirant de la nature, l’artiste incrusta motifs floraux, coraux, animaux dans le mobilier, les murs, les éléments de soutien, les moulures… le tout teinté de couleurs chaudes, avec en point d’orgue deux magnifiques paons sculptés, l’un des deux déployant sa roue devant un vitrail rétro-éclairé.

Fouquet conserva la décoration intacte jusqu’en 1923, pour la remplacer par un environnement plus moderne. Mais, infiniment respectueux du travail du maître, il fit démonter et conserver les élements dans un entrepôt, avant d’en faire don en 1941 au musée Carnavalet. L’installation actuelle ne date pourtant que de 1989.

Nous devons une immense gratitude à Fouquet d’avoir sauvegardé ce chef d’oeuvre, que l’on peut donc admirer dans sa mise en forme d’origine. Ainsi, la mosaïque du sol et le décor intérieur ont été reconstitués grâce aux dessins de Mucha conservés au musée. Mais une illustration vaut mieux qu’un long discours :
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Un blog

Personnellement, je regrette qu’elle soit au fond d’un couloir et qu’on n’ait pas beaucoup de perspective pour admirer la vitrine, mais le lieu est vraiment magique.
Tiens, et si j’y retournais bientôt ?

Une réflexion au sujet de « La bijouterie Fouquet »

  1. Kaoro

    Je suis d’accord à 100 %: le manque de prise de distance vis à vis de la façade est regrettable. Personnellement, je trouve cette boutique magnifique, tant et si bien que j’en ai fait le sujet d’une de mes dossiers d’histoire des arts (quite à donner des raisons plus ou moins tordues pour le faire rentrer dans le thème "artiste et architecture").
    Très sympa ce blog. Dommage que je ne l’ai découvert qu’aujourd’hui !

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