Montparnasse 1900

Jeudi 1er mai, j’ai dîné au Montparnasse 1900, brasserie dont le nom suffit pour comprendre qu’elle se trouve quartier Montparnasse et qu’elle date des années 1900.

Inscrit à l’inventaire des Monument historiques en 1984, le lieu a été créée en 1858 et la décoration actuelle date de 1906 après son rachat par Édouard Chartier. Le bouillon Chartier en question devient en 1923 propriété de Rougeot, et ce jusqu’en 1977. Il fut ensuite tenu par Michel Oliver, sous le nom de Bistrot de la Gare. Il fait actuellement partie des restaurants Gérard Joulie, sous le nom Montparnasse 1900.

Comme nous ne sommes pas là pour parler cuisine, tournons-nous vers le décor.
La façade elle-même est d’époque, les encadrements des vitres reprenant les mêmes motifs que l’on verra à l’intérieur. Évidemment, le nom du restaurant utilise la police Boëcklin pour vous accueillir… il faut faire « Belle époque », hein ?
En entrant dans la grande salle où nous avons dîné – il y a une première petite salle à l’entrée -, je fus assez surpris par la « surcharge » des décors. Cette décoration pourrait semblait assez lourde, mais la grandeur de la salle aère tout cela, surplombée par une très belle verrière.

On retrouve les principaux éléments décoratifs caractéristiques de l’Art Nouveau français :
Tout d’abord les motifs floraux dans les céramiques et la verrière.
Les éléments en céramique sont signés Louis Trézel : motifs floraux ou paysages représentent peut-être des paysages de régions accessibles au départ de Montparnasse, tout comme les céramiques de chez Mollard, face à la Gare Saint-Lazare. Les styles sont très différents, je me demande donc si toutes les céramiques sont de Trézel. Car si les paysages évoquaient à François l’école de Pont-Aven, les décors en bas de murs sont plus géométriques, et les motifs floraux sur les murs autour des miroirs représentent de manière plus classique des volubilis et des mûres accrochées à des ronces grimpant le long d’une pergola.

 

Quant à la verrière, sa flore délicate dans des tons oscillant entre le rouge-brun et le jaune contraste avec de grandes fleurs blanches ou d’un bleu très pâle :

Deuxième élément incontournable de l’Art Nouveau local : des lignes ondulantes dans les encadrements des miroirs et vitres, ou plus discrètement les porte-manteaux ;

– Et enfin des personnages féminins dans les sculptures supportant certaines lampes.

Voilà, c’était une petite visite de cette brasserie au charme indéniable… J’ai aussi visité les toilettes, mais je n’y avais pas emmené mon appareil photo : Nathalie m’avait dit que cela était inutile. Et pourtant, les toilettes des hommes, porte de droite, ont un vasistas qui permet de voir de près un vitrail (côté verso) du même style que la verrière. Moralité : toujours emporter son appareil photo dans les toilettes.

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