Masculin / Masculin

Je n’ai pas pour habitude de parler de choses légères sur ce blog, mais voici que ce dimanche je me suis rendu à Orsay voir l’exposition sur le nu masculin… occasion pour moi de reprendre une autre habitude, celle de chercher de l’Art nouveau là où ne l’attend pas forcément.

On sait combien l’Art nouveau a mis en valeur la femme, quelle fût habillée ou plus légèrement vêtue, qu’elle s’appelât Sarah Bernhardt ou Loïe Füller. On pourra pour cela, par exemple, se référer au catalogue de l’expo « 1900 » (au Grand Palais, en 2000), avec page 255-256, l’article justement intitulé « L’inflation des images féminines« . Mais qu’en est-il de l’homme ? Jusqu’à présent, je ne m’étais pas vraiment posé la question (mais j’en imagine qui sourient en lisant ça…). Voici que l’expo d’Orsay y répond en partie.

Je me suis intéressé aux œuvres des années 1890 – 1910, sans chercher forcément un style purement Art nouveau, et j’ai donc noté sur mon petit carnet les noms de :
– Georges Desvallières (Les tireurs à l’arc – 1895) ;
– Herni Camille Danger (Fléau – 1901), toile néo-classico-terrifiante ;
– Karl Sterrer (Le Titan – 1910) avec une signature totalement secession ;
– Paul Richer (La poursuite – vers 1900) ;
– Egon Schiele et des autoportraits (Aaaaah Schiele, quelles pures merveilles, quelle dureté, peut-être parmi les plus belles pièces présentées) ;
– Rodin (Balzac – 1894) ;
– Ludwig Von Hoffmann (Garçons se baignant – 1908)
– Georges Minne (Agenouillé à la fontaine – 1898), dont une sculpture similaire m’avait tapé dans l’oeil à Berlin ;
– ce cher Koloman Moser (Le Printemps – vers 1900)
– Kupka ;
– Hodler ;

… La liste n’est pas exhaustive.

Et pour finir, toute dernière toile de l’exposition, L’École de Platon, de Jean Delville. Cette toile immense de 1898 montre un groupe d’hommes assis autour de Platon. Cette toile m’a réellement surpris – sans pour autant me plaire – puisqu’elle regroupe des éléments stylistiques particuliers de l’époque : les corps verts à la Hodler ou la Moser, les paons (mais blancs), les glycines et surtout des visages très Knopfiens. Un coup d’oeil sur le web et je découvre que je connais déjà ce peintre, vu par exemple à l’expo Wagner à la Cité de la Musique.

… Mais là, vous me direz, et alors ? Une conclusion ? Une analyse ?

Je passe sur l’exposition, qui est plus un catalogue – tel que je viens de le faire – qu’une réflexion vraiment intéressante sur la nudité. La question du désir et de la sexualité (homo ou pas, mais les femmes artistes souffraient déjà de l’inégalité, alors on passe…) est un peu trop survolée à mon avis… mais la partie sur l’idéalisation du corps masculin (héroïque…) est intéressante. Bref, ce n’est que mon humble avis. Toujours est-il que l’expo remet un peu de corps musclés – où sont les poils ?? – dans la balance des styles 1900, et qu’elle nous rappelle combien cette période n’était pas uniquement un champ d’expérimentation… les styles pompiers avaient encore de beaux jours devant eux.

Reste qu’il est toujours agréable de voir à quelques dizaines de centimètres un Egon Schiele ou un Koloman Moser. Alors rien que pour ça… tous à Orsay ! (Mais faites-vous inviter…)

Une réflexion au sujet de « Masculin / Masculin »

  1. Ping : Dimanche 29 septembre | Journal

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