Liège

Suite à mon (superbe) week-end à Liège, voici un petit résumé de l’Architecture Art Nouveau liégeoise…

A l’instar de San Sebastian et Pampelune dont j’ai déjà (brièvement) parlé ici il y a environ un an, Liège a connu un important développement démographique à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle. Industrialisation drainant les populations vers la ville, assainissement des bords de Meuse, voire influence d’un certain Baron Haussmann… la ville se transforma et de nouveaux quartiers résidentiels virent le jour.
L’Exposition Universelle de 1905 fut elle aussi un événement important pour l’urbanisme liégeois, mais il ne reste comme grandes constructions que le très académique Palais des Beaux Arts et le pont de Fragnée que je comparais justement au Pont Alexandre III – toutes proportions gardées, simplement à cause de ses clinquantes dorures – avant d’apprendre qu’il avait été construit dans les mêmes « conditions » que son cousin parisien pour l’expo de 1900. Les années qui suivirent, de nouveaux quartiers prirent encore place.

On retrouve donc dans la cité wallonne de très nombreux lotissements datant des années 1895 à 1910.
Durant ces années, on peut dire pour simplifier que les architectes locaux (Jaspar, Nusbaum, Comblen, Thuillier, etc.) osèrent peu – en particulier sur la structure des bâtiments -, et restèrent très influencé par le style mosan, offrant aux habitants des habitations au style nommé « vieux Liège », la brique rouge pour matériau principal, la brique blanche de Silésie venant se glisser ça et là.
L’Art Nouveau local est donc – à quelques exceptions près – baigné d’une certaine tradition architecturale.
En fait, c’est sur l’aspect décoratif que l’Art Nouveau s’est surtout fait sa place, avec ferronneries en coup de fouet, visages féminins sculptés, sgraffite sous les attiques ou au-dessus des portes en guide d’enseigne commerciale…
D’ailleurs, les boîtes-aux-lettres telles que celle ci-contre sont légion sur les bâtiments de l’époque.

9 rue Ernest de Bavière, Liège - Arch. Barsin 16 rue Grandgagne, Liège - Arch. Devignée
3 rue de la commune, Liège - Arch. Lagasse 10 rue Henri Blès, Liège - Arch. Paul Ledent
51 rue du Vieux Mayeur, Liège - Arch. Nusbaum
Seul Victor Rogister prit le pari d’un modernisme convaincu, et construisit des maisons dont les façades sont influencées par le style Viennois : façades blanches, garde-corps aux lignes droites, baies vitrés circulaires, pilastres décorés de visages fermés. Chacune de ses constructions mériterait (méritera ?) un billet… même celle de la rue Sélys que nous avons manquée et qui d’après nos informations était la plus belle.
Place du Congrès, Liège - Victor Rogister

Voilà un tout petit résumé de ce que j’ai appris sur l’Art Nouveau à Liège, une très jolie ville qui nous aura fait parcourir des kilomètres et des kilomètres. Je reviendrai évidemment sur Liège dans des billets plus précis (et pas uniquement sur Victor Rogister et ses merveilles), par exemple sur Sérurier-Bovy et sa maison qui nous a fait grimper jusqu’à Coigne alors qu’elle est actuellement en réfection, ou avec un billet retraçant notre très intéressante visite guidée en Outremeuse (l’un des quartiers de Liège).

Source : « Une histoire de l’architecture à Liège vers 1900 » par l’absl Ar&fact.

Une réflexion au sujet de « Liège »

  1. florent

    A noter pour Serrurier-Bovy, une très belle exposition au musée d’Art contemporain de Liège. L’expo n’est pas très bien faite, je trouve, car elle ne retrace pas très bien le parcours de l’architecte-artiste ni sa philosophie (même si, il faut le reconnaitre, ils s’y sont tentés).
    Elle a par contre le mérite de présenter un ensemble d’oeuvres qui résument en quelque sorte la production qu’a eu ce cher Gustave, passant de meubles de luxe aux meubles en série pour monsieur et madame tout-le-monde.

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