Le Castel Béranger vu de l’intérieur.

Le Castel Béranger - Guimard - portailVincenttheone, un blogueur amoureux d’architecture, a eu la chance de pénétrer récemment dans le Castel Béranger, invité par deux résidents. Il nous fait partager sa visite.

On frise l’événement exceptionnel, car du Castel Béranger, on connaît surtout l’extérieur, et le hall que l’on peut admirer à travers la grille. Pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter ou d’avoir visité Paris, la célèbre façade (et surtout son incomparable portail) est présente sur la plupart des sites ou des livres traitant de l’art nouveau ou plus généralement de l’architecture.

Le Castel Béranger - Guimard - entrée Pour l’intérieur, en revanche, le fonds est plus maigre.
Côté papier, l’ouvrage de référence est le coffret conçu à l’époque : « Le Castel Béranger, l’Art dans l’habitation moderne« . J’ai d’ailleurs la chance de posséder ce bel et imposant objet de 33 par 44 cm (pas très pratique à ranger mais bon bref…). Évidemment c’est le fac-simile que je possède. L’édition d’origine date de 1898, elle parut à l’époque chez Rouam (dirigé par C. D’Hostingue). L’éditeur italien Electa l’a réédité en 1997, pour un prix certes « abordable » (près de 300 euros !) par rapport à l’original vendu de-ci de-là aux enchères, mais la librairie « Mona Lisait » avait la bonne idée de le vendre à tout petit prix.

Le Castel Béranger - planches de l'albumCet objet est composé de 65 planches présentant tout d’abord :
– planches 1 à 24 : façades, plans des étages, sculptures extérieures ;
– planches 25 à 29 : murs et carrelage de l’entrée et du vestibule.
C’est sur les planches suivantes que les éléments intérieurs sont visibles :vitraux, l’escalier (et son tapis ! On voit même sur la planche 51 les pitons des tringles), poignées de portes, papiers peints ou revêtements décoratifs des escaliers, en cordolova (ne me demandez pas ce qu’est le cordolova !)…
Côté mobilier, l’immeuble étant prévu pour une population modeste, les meubles prévus dans les appartements se limitaient à quelques éléments fixes. Guimard créa néanmoins certaines pièces pour des clients particuliers… ou pour lui-même bien sûr. On peut en tout cas admirer, sur les planches : porte-manteaux, banquette, cheminées et miroirs, fourneaux de cuisine ou glace de toilette à laquelle sont suspendus 5 chandeliers. Mais j’apprends en lisant l’ouvrage de Georges Vigne que trois des meubles présents dans l’album ne l’étaient pas dans le bâtiment.

Si cet album permet donc de connaître les éléments décoratifs qui ornent l’immeuble, mais il n’en donne qu’une image pâle et ne permet pas de se rendre compte de l’éclat des couleurs. D’où l’intérêt principal du billet de Vincent pour ceux qui connaissent déjà ces planches.

On peut alors jouer au jeu des différences entre les planches et les photographies. On constate par exemple que le robinet de la fontaine n’est pas celui d’origine. A-t-il été cassé, ou bien volé comme ce fut le cas pour la plaque « Le Castel Béranger » qui ornait autrefois le portail ?
Le Castel Béranger - briques de verre de Falconnier - photo vincenttheoneMais le plus surprenant sur les photographies en ligne, ce sont les murs de briques de verre, totalement absents de l’album. Conçus par Falconnier, il séparent les deux escaliers. Guimard ayant rendu hommage à tous ceux qui ont participé à l’exécution des modèles, en les nommant en préface de l’album pourquoi n’a-t-il pas au moins cité le nom de Falconnier ? Parce que Falconnier apportait sa pierre « artistique » à l’édifice et qu’il n’était pas un simple exécutant ?

Ces belles photos m’ont en tout cas permis de mieux me rendre compte de la folie artistique de ce lieu.

A noter tout de même :
– une page web japonaise avec quelques photos du Castel Béranger… On y voit surtout très bien l’escalier.
– le site 1900.art.nouveau.free.fr avec une présentation de l’immeuble et une porte de poignée de porte
– le site Paris1900, évidemment !

3 réflexions au sujet de « Le Castel Béranger vu de l’intérieur. »

  1. Vincenttheone

    Tout d’abord, merci bien pour la pub et le commentaire dithyrambique, lol !!!
    Je t’ai mis en lien permanent sur mon site, j’espère que ça ne te gênera pas de faire le Backlink (si du moins, tu en as envie). Quoique… Pour l’instant, je t’ai juste listé en tant qu’ "Arnaud" (faute de mieux), ceci dit, si tu as envie d’un pseudo plus parlant, je rectifie ça en moins d’une journée normalement…
    A part ça, concernant le (très bel) ouvrage dont tu parles, ben justement, je l’ai vu chez mes hôtes, en l’occurence… qui eux-aussi avait un fac-similé, comme quoi l’original doit coûter vraiment très très très cher, lol !!!
    Pour un peu plus d’échanges, tu peux toujours dans un premier temps utiliser ma boîte "publique", buffaddict@orange.fr, pour me filer ton mail, après quoi je te renverrai ma "vraie" adresse mail…

    Bonne continuation !!!

    Répondre
  2. Vincenttheone

    Merci pour le super coup de pub (quoique… vu la rareté des photos concernant l’intérieur du castel Béranger, là, la fréquentation de mon modeste Blog a déjà plus que doublé, mdr) !
    Je connais l’ouvrage dont tu parles, les gens qui m’ont gentiment accueilli dans ledit castel en possédaient eux-mêmes un exemplaire, également en fac-similé (et c’est déjà, même comme ça, un très très bel objet, donc je n’imagine même pas les prix que peut atteindre l’original, lol) !

    Bonne continuation !

    Répondre
  3. richard

    je souhaiterais savoir si un ascenseur existait dès la construction dans le bâtiment sur rue… ou s’il a été rajouté quelques temps après.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *