La gare de Rouen

J’ai fait connaissance avec la Gare de Rouen en mars 2009. Elle était une étape pour aller à Dieppe et le temps de correspondance m’avait laissé l’occasion d’en sortir… et de découvrir ça :


La gare est imposante, mais élégante, pas comme ces architectures lourdes et indiscrètes que je peux aimer comme un gros gâteau dont je serai vite écœuré. (Dans le genre, celle de Metz, invraisemblable, découverte récemment, dans son jus rhénan et médiéval, la bat à plates coutures….) Bref… la gare de Rouen, donc, me plait.

Inaugurée en 1928 mais sur des plans de 1914, elle est typique de ces constructions à la lisière d’un Art nouveau qui a commencé à faner et un Art déco qui n’ose pas encore s’effeuiller complètement. Elle a, depuis sa construction, perdu quelques auvents que l’on peut voir sur cette carte gentiment envoyée par un lecteur que j’en profite pour saluer. Merci Michel !

Notons qu’à l’époque, elle s’appelait la Gare de la rue Verte… Elle répond aujourd’hui au nom moins coloré de Rouen Rive droite.

La première gare à cet emplacement est construite en 1847. Mais petit à petit, sa capacité devient insuffisante et son remplacement est décidé en 1900. Il faut alors réaliser une construction qui permettra de relier deux tunnels. Les travaux ne débutent cependant qu’en 1912, avec comme architecte Adolphe Dervaux… Dervaux, ça ne vous dit rien ? Vous voyez les candélabres du métro parisien, les rouges ? Oui oui, c’est lui, l’un des successeurs de notre cher Hector. Les travaux, interrompus par la guerre, durèrent jusqu’en 1924, et la gare fut inauguré en 1928. 4 ans plus tard ? Voilà qui m’étonne mais je prends mes sources sur Internet, alors… décidément, cette gare me remplir de doutes.

La structure de la gare est en béton armé, sans quoi le hall de la gare ne serait probablement pas aussi vaste et ne serait donc pas aussi justement une « salle des pas perdus » :

. Du côté des éléments décoratifs de la façade, ceux-ci restent rares, l’architecte ayant surtout joué sur les formes géométriques discrètes, les lignes découpant les baies, et même une polychromie de la façade que je n’ai remarqué que sur les photos.
Les sculptures dans la façade sont de styles très différents, parfois proches de l’Art déco (motifs de fougères ou personnages) ou à tendance un peu Art nouveau (feuilles et fruits de platane sur le campanile que l’on retrouve dans une représentation plus moderne sur la façade).

On s’amusera même d’y voir des pommes… un hommage au fruit normand ?

La façade est néanmoins dominée par deux imposants personnage : un homme et une femme portant des sacs sur leur épaule. Et entre eux (merci le zoom)… des enfants ?

La gare est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 15 janvier 1975, et devrait perdre son rôle de gare principale rouennaise dans une dizaine d’années. La capacité d’accueil devient à nouveau insuffisante…

2 réflexions au sujet de « La gare de Rouen »

  1. Arnaud

    A propos de la gare de Rouen, un lecteur et responsable du site sur Gentil et bourdet m’a signalé un article paru dans L’Architecture Moderne du 23 Juillet 1923 qui présente des photos d’époque et un court article : http://www.gentil-bourdet.fr/tmp... c

    L’article cite des grès de Gentil & Bourdet mais… où sont-ils ?

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  2. Luxembourgeois

    L’architecture de Metz n’est pas rhénane mais moselane. Ce n’est pas du tout la même chose surtout qu’entre Metz et Strasbourg il y a 200km.
    J’en sais quelque chose, je connais parfaitement les 2 styles architecturaux:
    – Le style moselan, longeant le "moseltal", alias vallée de la Moselle en Allemand, allant de Metz, longeant le Luxembourg, Trèves et jusqu’à Maillance.
    – Le style rhénan, typique de Strasbourg, allant de Bâles (Suisses) jusqu’à Karlsruhe en Allemagne et longeant l’Alsace.

    Voilà pour la petite correction.

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