Gustav Adolf Mossa au Palais Lumière d’Evian

En feuilletant dans l’avion le magazine d’Air France la semaine dernière, une illustration m’interpela. Elle représentait un personnage étrange, des pavots lui bordant le visage, habillé d’une sorte de toge décoré de cranes et de fleurs, avec en second plan deux profils de femmes en deuil et en arrière-plan un vol de chauve-souris : cela avait quelques similitudes avec Aubrey Beardsley. Lisant le tout petit texte qui accompagnait l’image, j’appris que l’auteur était Gustav Adolf Mossa et que – je cite – « ses peintures, aquarelles et écrits nous entraînent au cœur de l’Art Nouveau, dont il fut le chantre le plus assidu« . Le but de l’article était en fait de signaler une exposition sur l’artiste actuellement à Évian.

Après quelques recherches sur internet j’apprends donc que Mossa, né en 1883, fut un peintre symboliste des années 1903 – 1918, qui s’inspira surtout d’œuvres littéraires et des mythes bibliques ou grecs. Il devint ensuite notable, en particulier conservateur du musée Chéret à Nice où son œuvre fut cachée, avant d’être redécouverte dans les réserves après sa mort (en 1971).
Alors Mossa, chantre assidu de l’Art nouveau ? A priori la formule semble un peu exagérée. Mais il fut effectivement très influencé par les mouvements préraphaélites ou par l’Art nouveau. Le dépliant de l’exposition précise que l’on retrouve dans ses toiles des éléments provenant de Lalique, Guimard ou de Macintosh.

Le palais Lumière de la Ville d’Évian lui donc consacre une exposition depuis février, et elle se termine le 18 mai… Rendez-vous sur www.ville-evian.fr pour plus d’informations. Le Palais Lumière consacrera d’ailleurs une exposition sur Jules Chéret du 14 juin au 21 septembre 2008.

Télécharger le dépliant de l’exposition.

5 réflexions au sujet de « Gustav Adolf Mossa au Palais Lumière d’Evian »

  1. Nils

    Bonjour, je découvre ce site

    Je connaissais dès mon enfance Mossa par une sanguine figurant une dame du 18ème à l’étonnante chevelure, chez mon grand-père (sanguine passée depuis sur le pilier central de mon salon…) mais le choc ça a été l’été 86 (ou 87?) au Chéret à Nice où une grande expo était dédiée à l’ancien conservateur du musée.
    Peintre Art nouveau ou dans la lignée des Pré-raphaëlites? ça se discute mais pour moi plutôt la deuxième réponse, versus symboliste.
    Je sais très peu de choses sur Mossa, à l’époque j’avais acheté pas mal de cartes mais pas de catalogue (j’avais pas de sous…); en tout cas j’avais ressenti comme un malaise entre le délire de toutes les oeuvres de "jeunesse" et celles d’après la guerre de 14-18 (plus rien à voir et je les avais vraiment trouvé à chier…).Enfin si quelque amateur éclairé en sait plus (la notice Wikipedia est assez pauvre)

    Sinon je pars un mois cet été dans les pays baltes et en Finlande; je sais qu’au moins Riga et Helsinki sont très riches en Art nouveau, mais le peu de lecture que j’ai trouvé me laisse sur ma faim. Une piste?

    Je vais continuer à parcourir ce blog qui me paraît fort sympathique!

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  2. Arnaud R

    Merci beaucoup pour ce commentaire. Nathalie, qui participe à ce blog, connait très bien ce peintre : peut-être pourrait-elle nous faire partager ses connaissance ?
    Pour Riga et Helsinki, les seules que j’ai sont dans les livres et sites web que je consulte. Mais ce pourrait-être l’occasion de faire un billet, histoire de changer de l’Europe du Sud.

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  3. le mateur de nouilles

    Pour répondre à Nils (et pour avoir participé, dans une autre vie, à une belle exposition consacrée à l’artiste), Mossa est à la fois symboliste par la thématique, mais aussi Art Nouveau par une accumulation très amusante de détails réellement empruntés au monde du Modern Style.
    Quand à la seconde période de sa vie (qui n’est pas tout à fait "à chier"), elle s’explique par deux faits : d’abord le traumatisme de la guerre et puis… un second mariage. Apparemment, Mme Deuxième semble avoir suffi à calmer les phantasmes mysogynes et sanguinolants de l’artiste, qui s’empressa de tout cacher de cette période symboliste. Il se consacra alors à l’aquarelle (jolis paysages), à ses activités de conservateur du musée Chéret. Mais sa veine symboliste réapparut néanmoins, parfois, dans ses maquettes de chars pour le Carnaval. Il vécut suffisamment vieux pour consacrer un dernier char aux… Beatles ! Tout cela pour dire que, si ce n’est pas aussi "rigolo" que ses premières oeuvres, cela reste tout de même bien intéressant.
    J’en profite pour dire à l’Arno : merci mille fois pour la carte ! Elle est bien arrivée.

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  4. le mateur de nouilles

    Encore un mot, pour Nils, à propos de son aquarelle.
    Ces petites bêtes sont très fragiles, et méritent d’être bien protégées du soleil (certains disent même aussi : de la lumière de la lune).
    C’est formidable de posséder un Mossa, car ce n’est pas si courant. Il serait peut-être utile de le signaler à l’Association Mossa (dont s’occupe Mme Lombard, un des petits-enfants du peintre), qui fait vraiment beaucoup de choses formidables pour mieux faire connaître l’artiste. Elle s’occupe du catalogue raisonné, dont le but est essentiellement documentaire.

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