Emil Nolde

L’exposition sur Emil Nolde (1867 – 1956), qui se termine aujourd’hui au Grand Palais, était l’occasion pour moi de découvrir ce peintre de la couleur. Des couleurs lumineuses, vives, dans lesquelles il chercha la plus grande force expressive possible.

Les liens entre Nolde et le mouvement de l’Art nouveau sont plutôt minces sur la forme — le peintre, de toute manière, lutta toujours pour son indépendance artistique et ses relations avec les mouvements furent relativement éphémères et toujours houleuses —, mais celui-ci ayant débuté sa carrière de peintre à la fin du 19ème siècle, il croisa les chemins des avant-gardistes de tout bord des années 1900. C’est donc surtout sur le fond que sa recherche de renouveau stylistique est à mettre en parallèle avec ce(s) mouvement(s). Parler de forme en parlant d’Art nouveau, étant donné les différences entre chaque pays, est de toute façon un peu… mmm… stupide ?

C’est ainsi qu’en 1897, alors sous son véritable nom d’Emil Hansen, il publie dans la revue Jugend (curieusement traduit, dans l’album de l’exposition, de manière non littérale par « Art nouveau ») deux aquarelles réalisés lors de ses excursions en montagne. La revue Jugend fut la revue qui défendit le plus le mouvement Art-nouveau outre-Rhin au point de donner son nom au Jugendstil. Nolde se rend également à l’exposition universelle de 1900, où il fait la découverte des peintres danois. Ces mémoires parlent-elles de ce qu’il a ressenti en se rendant à Paris et de se qu’il pensa alors de l’Art nouveau français ? En fait, ce sera surtout Van Gogh qui l’influencera ; mais, toujours dans l’esprit de se senti indépendant artistiquement, ce n’est que longtemps après que ses œuvres les plus vangoghiennes seront peintes : autoportrait en 1917, tournesols en 1928…

En 1905, année où il découvre Gauguin à Weimar, Nolde expose son tableau « Jour de moisson » au salon de la Libre Esthétique de Bruxelles, puis, un an plus tard, il expose à la Sécession berlinoise, dont il devient membre de droit en 1908 (après avoir été membre de Die Brücke)… jusqu’en 1910, son tableau La Pentecôte étant refusé par le mouvement.

L’anecdote « amusante » au sujet de ce « Jour de moisson » exposé à la Sécession berlinoise est relevé par Nolde lui-même dans ses mémoires : « Nous explorons les salles à la recherche du tableau, de « mon premier tableau » présenté à la Sécession berlinoise.. Nous le découvrons, accroché au-dessus de la porte des toilettes. D’abord interloqués par cette « place d’honneur », nous finissons par apprendre qu’après le refus de mes œuvres et le départ du jury, Paul Cassire a lui-même transporté le tableau à l’intérieur mais n’a trouvé que cet emplacement de disponible. »

Dernière remarque : dans l’exposition, l’œuvre la plus proche formellement de l’Art nouveau français est une gravure représentant une jeune femme. Ce profil à la pointe sèche et eau forte sur acier est proche de ce que les illustrateurs de l’époque nous ont offert.

Pour ce qui ont encore le temps, courez voir cette exposition cet après-midi !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *