Conférences gratuites à Orsay, à ne pas manquer !

Vous savez déjà grâce à ce blog qu’Orsay nous fait redécouvrir un artiste méconnu, Alexandre Charpentier, et ce jusqu’au 13 avril 2008.

Vous savez aussi que, le 10 mars, nous avons visité l’exposition dans des conditions exceptionnelles grâce au mateur de nouilles.

Mais vous ne savez peut-être pas encore qu’Orsay organise des conférences gratuites autour de Charpentier.

Donc, le lendemain de la visite, je suis retournée au musée pour la conférence : « Alexandre Charpentier, naturalisme et art nouveau » d’Emmanuelle Héran, conservateur au musée d’Orsay et commissaire de l’exposition.

Et je peux vous dire que c’était exceptionnel !
J’avais déjà assisté à une conférence d’Emmanuelle Héran à l’Ecole du Louvre et apprécié ses talents d’oratrice.
J’aime tout particulièrement sa simplicité, sa clarté, ses parallèles parfois osés entre Charpentier et Fernand Léger et surtout son sens du partage.

Tout au long de la conférence, elle distille de précieuses informations d’actualités.

On apprend qu’une exposition sur Victor Prouvé se prépare à Nancy, que le château d’Agde, construit entre 1898 et 1901, par Emmanuel Laurens, est entièrement décoré art nouveau et est actuellement en cours de restauration, qu’une frise de Charpentier (bas-relief des “Boulangers” – 1897) est visible au square Scipion dans le 5ème arrondissement – mais notre mateur de nouilles en avait déjà parlé – et qu’il faut rendre visite au discret musée Chéret à Nice.

Ces informations nous mettent l’eau à la bouche quant à de prochaines escapades…

Elle nous fait découvrir également les coulisses de l’exposition avec quelques photos du montage du billard : les quatres pieds se dévissent – Ikéa avant l’heure !

Mais revenons à notre sujet, et à cette rétrospective qui rassemble environ 180 œuvres, dont une grande partie est conservée au musée d’Orsay.

Brillante, la carrière de Charpentier est brève : son premier succès date du salon de 1883 (La Jeune Mère), mais il est véritablement lancé au début des années 1890 et crée sa dernière œuvre en 1905 (La Famille heureuse, disparue).

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il mélange les genres et les styles. Artiste protéiforme, il décline souvent ses œuvres en plusieurs combinaisons : grande plaque, petite plaque, carton d’invitation, sculpture… Il travaille toutes les techniques : grès, étain, bronze, argent, papier gaufré… C’est un touche-à-tout à qui tout réussi.

Et ce n’est pas tout, violoncelliste, la musique joue un rôle important dans son œuvre.

Dans la salle d’exposition consacrée à ce thème, vous trouverez le pupitre aux quatre nervures (visuel de l’affiche, du catalogue d’expo…) et un meuble composé de quatre casiers dont l’un d’entre eux présente le violoncelle de l’artiste – le chiffre quatre faisant référence au quatuor.

Charpentier côtoie les grands compositeurs de son époque. Il fait notamment la rencontre de Debussy en 1893, grâce aux mécènes les frères Fontaine.

Imprégné de références musicales, l’artiste les transpose dans son oeuvre aux titres évocateurs : « Fantaisie sur fond de violon » en est un exemple.

En 1896, il fonde le groupe L’Art dans Tout, et crée avec ses collaborateurs des ensembles décoratifs qui pour la plupart ont disparu ; sa célèbre salle à manger commandée par le banquier Adrien Bénard (le même qui confie à Guimard, en août 1899, le soin de concevoir de nouvelles entrées pour le métropolitain) a pu néanmoins être sauvée et remontée au musée d’Orsay.

Pour en savoir plus, je vous renvoie à la critique de Jean-David Jumeau-Lafond dans la Tribune de l’Art.

Ne manquez pas non plus la dernière conférence autour de Charpentier à Orsay le 8 avril à 18h30 : « Alexandre Charpentier, un artiste engagé pour l’art social » par Catherine Méneux, docteur en Histoire de l’art, à l’université Paris-IV Sorbonne.

Ah ! « L’Art dans Tout »… et si la devise d’Alexandre Charpentier était possible ?

Une réflexion au sujet de « Conférences gratuites à Orsay, à ne pas manquer ! »

  1. iznogood

    Si vous vous intéressez à l’Art dans tout, c’est le titre d’un ouvrage de Rossella Froissart Pezone aux CNRS Éditions, 9782271062819

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