Charpentier à Orsay – retour.

Je suis retourné ce lundi 10 mars au musée d’Orsay, pour voir l’exposition sur Charpentier, pour une visite en petit comité organisée par le Mateur de Nouilles.

Ce fut l’occasion de refaire ce parcours dans des conditions parfaites, avec évidemment en clou du spectacle la salle-à-manger, vidée des éléments qui habituellement la complète (à savoir du mobilier et des objets Art Nouveau). Mais ne limitons surtout pas Charpentier à cette pièce, bien qu’on y retrouve à grande échelle la délicatesse et le sens de l’harmonie de cet artiste complet…

Il est vraiment captivant tout d’abord de se pencher sur les plus petites pièces, comme les portraits sur médailles et les papiers gaufrés (ou encore les serrures du meuble à quatuor). Car Charpentier, formé à la gravure en médailles à l’Ecole des Beaux-Arts, s’est essayé à la plupart des techniques et des matériaux, avec tout de même un point commun sur la plupart de ses œuvres : le bas-relief. Lui-même, d’ailleurs, se qualifiait de « bas-relièfeur » et aimait à aposer du relief sur des fontaines, des dessins, des pichets ou des cartons d’invitation.

L’autre particularité de l’artiste fut de multiplier les versions de ses créations, et les réduisant, les déclinant en plusieurs types de matériaux : on peut ainsi admirer deux versions d’un meuble à layette, ou une « Jeune femme allaitant son enfant » de 1883 (il a alors 27 ans, sa carrière ayant commencé à 21 ans), dont la première version grandeur nature est visible ici en plusieurs tailles et matériaux.

Attiré par la sculpture avant d’être formé à la gravure, Charpentier montrera aussi son talent dans cette art, avec son autoportrait à l’entrée de l’exposition, un adorable visage de jeune fille, un masque en bronze de Louis-Welden Hawkins, ou le groupe « La Fuite de l’heure », sculpture dont une version réduite trône délicatement sur une pendule.

Mais j’avoue que les œuvres qui restent gravées dans ma mémoire à l’issue de l’exposition sont surtout les éléments d’ébénisterie, en particulier le meuble pour quatuor à cordes (habituellement visible aux Arts Décos) accompagné des deux admirables pupitres, mais aussi deux vitrines en ébène qui malheureusement ne sont pas mises en valeur : si on prête à juste titre attention à ce qu’elles contiennent, il faut aussi s’accroupir pour admirer leurs motifs floraux. Cette exposition réserve donc énormément de surprises, je ne me lasserai pas d’une troisième visite je crois…

Bref bref, courez à Orsay si ce n’est pas déjà fait !

Merci beaucoup à notre guide pour cette visite dans des conditions on ne peut plus idéales.

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