Archives de catégorie : Promenades régionales

Saintes – Temple protestant

Voilà bien longtemps que je promettais de parler d’une autre construction saintaise méritant sa place ici. Il s’agit du Temple Protestant.

C’est en 1898 que le Conseil presbytéral achète l’ancienne poste aux chevaux, située au 2 cours Reverseaux. La construction du futur temple est confiée en 1900 à l’architecte Adolf Augustin Rey, d’origine protestante. Celui-ci est alors connu pour avoir assisté Paul Sédille dans la construction des magasins Le Printemps en 1885, mais surtout pour avoir réalisé le temple de la ville de Madranges et à Paris l’église St Paul de Montmartre ou encore l’église du Bon Secours. Si l’on en croit la gravure des noms sur le côté gauche du porche, il fut assisté par un certain Boinot. Les travaux durèrent d’août 1905 à mars 1906 et le Temple est inauguré le 27 février 1907.


Si celui-ci n’est pas à proprement parler « Art nouveau », voilà en tout cas une oeuvre nouvelle pour la ville, voire bien au delà. En effet, les piliers et les voûtes de l’édifice sont en béton armé et brique. Le tout a été recouvert d’un enduit en plâtre (rose et blanc). L’utilisation du béton armé est alors rarissime pour les édifices religieux, le premier ayant été St Jean de Montmartre.

Quant au style, on y retrouve de multiples référence (romanes, byzantines…), au point de ne pas trop savoir comme le qualifier, si ce n’est d’éclectique, ce qui ne lui ferait pas forcément honneur. Motifs géométriques sur les grilles et la façade, sculpture de feuillages, de fleurs et d’oiseaux sur le porche… Le sculpteur, Arnold, ayant même représenté les racines des plantes :
La richesse du décor est en tout cas plutôt inattendu pour un bâtiment protestant :

… il me reste à présent à aller voir les autres églises de cet architecte pour comparer…

Source principale : Fiches de découverte du patrimoine urbain de la ville de Saintes, édité par les ateliers du Patrimoine de Saintonge.

Angers – L’Alcazar

Vite vite ! Un petit billet pour compléter celui de lundi… Ce cher Magdo m’a envoyé deux scans de cartes postales de l’Alcazar…

Et d’après le site de la ville d’Angers qui raconte l’histoire de l’Alcazar, ce bâtiment existe toujours, sous le nom de Boléro.

La base mémoire du ministère de la culture nous confirme quant à elle, grâce à une photo récente de l’intégralité du bâtiment, qu’en effet la façade a un peu changé…

Ben alors Jean Sam, pourquoi tu n’as pas levé les yeux plus haut ?

Allez, je me dépêche, Agen m’attend !

Villa des Chardons – Romorantin

Finalement je trouve le temps de laisser un petit billet sur ce blog avant de partir 3 jours pour Madrid (où j’essaierai de passer calle Fernando VI).

En effet, j’ai reçu ce matin un message de ce cher Magdo, avec quelques photographies d’une villa se trouvant à Romorantin-Lanthenay dans le Loir-et-Cher :

Cette villa mérite amplement sa place ici puisque elle se nomme la villa des Chardons

et surtout parce que l’on peut y voir des chardons sous le balcon :

Comme vous pouvez le voir, d’autres chardons, ailleurs que sur les consoles, l’ornent dans les sculptures (au-dessus de la lucarne, au-dessus de la porte…) ou les carreaux de céramiques au-dessus des fenêtres à l’étage.

Peut-être aurai-je un jour plus d’informations sur l’architecte de cette maison… D’ici là : merci Magdo !

Rouen (Seine-Maritime)

Je suis allé à Rouen il y a deux semaines, non pas pour de l’Art nouveau mais pour de l’art contemporain au FRAC et pour visiter le musée des Beaux-Arts.

Dans ce très beau musée des Beaux-Arts de Rouen, les années 1885-1915 sont surtout représentées par une belle collection de toiles de Monet et Sisley. On retrouve cependant un Kupka de 1909 (« Gigolette en rouge« ) qui malgré le titre n’est pas une recette de civet de lapin (oui pardon elle est facile)… et pour reparler de la Loïe Fuller, une statuette (en bronze brut de fonte) de Duchamp-Villon. L’exposition 1900 est elle-même présente par une toile de Jacques-Emile Blancher : « André Gide et ses amis au café Maure de l’exposition Universelle de 1900 ».
Mais j’ai surtout été marqué par la toile symboliste « L’énigme« , d’Alfred Agache.

A la sortie du musée, on remarquera sur le chemin du centre ville une jolie façade un peu gâtée par le temps gris qui planait sur Rouen :

Au FRAC, nul Art nouveau évidemment, mais dans le quartier ou plutôt sur Sotteville-lès-Rouen), on peut s’amuser de quelques jolies maisons fin 19ème dans un style plutôt régionaliste. Cependant, en bus, j’ai juste eu le temps d’apercevoir vers le 40 de la rue d’Elbeuf une façade Art nouveau. Ce fut très bref, je ne serai même pas en mesure de la décrire ici. Il me faudra donc retourner là-bas… ou bien attendre la contribution d’un lecteur ?

L’Art nouveau à Rouen fut autrefois grandement représenté par le théâtre de l’Alhambra, éventré pendant la guerre et démoli en 1946.

Aujourd’hui, l’Art nouveau accueille encore les visiteurs qui arrivent à Rouen par le train… mais je repousse une fois de plus mon petit laïus sur la gare…

Rue Félix Faure, Nancy

Si vous allez visiter le musée de l’école de Nancy, surtout ne manquez pas, à proximité, la rue Félix Faure.

Elle fut construite en 1901 selon une procédure de lotissement, et fut un terrain de travail pour quelques architectes Art nouveau locaux (L. Weissenburger, J. Hornecker ou H. Vial ou E. André) qui en d’autres rues offrirent à Nancy des trésors plus remarquables et remarqués.

La multitude de maisons de rapport aux jolies façades, asymétriques voire décorées, lui offre un charme indéniable :
Mais le principal architecte de cette rue fut César Pain (1872 – 1946).

Il y construisit 17 maisons, dont 12 entre 1904 et 1912 et offrit à la rue un visage coloré…

…par les façades aux décors floraux, surtout les maisons triplées (la première photo ci-dessous est cliquable) :

…ou par les plaques de céramique qui ornent les façade d’une signature et d’une date.

Lors de ma visite à Nancy en septembre 2008, je n’avais pas pris soin de photographier toutes les plaques de ce cher Pain, mais voici en voici un petit aperçu :
L’architecte signa tout de même parfois ces œuvres par d’autres moyen :



… Alors ? Envie d’y faire un tour pour en voir un peu plus ?

Des fontes Hector Guimard à Saintes – 19 rue de Laroche

On avait rapporté à mon ami et commentateur Magdo que des ferronneries Guimard étaient visibles sur une maison de la ville de Saintes, à proximité de la Gare.
Y allant régulièrement — mes parents habitent à qeulques kilomètres — je m’y promenais parfois espérant trouver cette maison.
Aujourd’hui, m’y baladant au hasard dans un quartier que je ne connaissais pas (mais assez éloigné de la gare), j’ai vu de loin une maison avec quelques jolies couleurs brique… je m’en suis approché, et au fur et à mesure que la distance diminuait, je sentais que j’avais peut-être trouver le graal…

Et une fois devant, je dus bien reconnaître que c’était probablement LA maison en question.

Les lignes fluides des garde-corps étaient bien dignes d’Hector Guimard :

(Rassurez-vous, l’état abîmé n’est que passager, la propriétaire tient à les restaurer.)

… Et les ferronneries de la porte d’entrée ressemblaient fortement (de mémoire) à celles que j’avais déjà découvertes rue de la Fraternité à Paris (après vérification, c’est bien le cas) :

Après avoir pris des photographies (merci le beau soleil !) j’ai sonné… On m’a ouvert et la propriétaire m’a très gentiment accueilli, me parlant de cette maison qu’elle avait achetée il y a dix ans après un coup de coeur pour cette si belle façade. Elle m’a donc appris que la maison datait de 1912, année prouvée par un courrier du futur propriétaire adressé aux voisins pour des soucis de mur atenant. Le propriétaire aurait réalisé un agrandissement en 1960, mais cet amateur d’art avait tenu à conserver la façade d’origine. Elle m’a raconté qu’il aurait fait refaire les éléments à partir des moules de l’époque. Après réflexion, je pense qu’en fait elle parlait des moules de la frise (d’où le lien avec le fait d’avoir réhaussé la maison) :

Mais elle m’a aussi expliqué que la partie gauche de la maison était à l’origine un entrepôt… Etait-il dépourvu de fenêtre et le propriétaire aurait-il faite refaire les ferronneries à l’identique… d’où les espèces de rajout sur la fenêtre la plus large ?

J’aurais dû poser plus de questions pour que tout ceci soit plus clair.

J’ai pu obtenir les coordonnées des propriétaires d’il ya a 10 ans, petits-enfants du propriétaire d’origine — ils possèderaient des photos anciennes de la maison — et la propriétaire m’a conseillé de me diriger vers les Ateliers du Patrimoine de Saintonge, qui avait répertorié cette façade. Je vais donc continuer à enquêter pour essayer d’en savoir plus, ne serait-ce que le nom de l’Architecte…

Evidemment, à peine éloigné de cette maison, tout excité par ma découvert, je me suis rué sur mon téléphone pour appeler Macdo et le mateur de nouilles… Et le soir arrivé, je me rue sur ce blog pour en parler. J’y reviendrai lorsque j’aurai obtenu plus d’informations… et la confirmation de la part de spécialistes que : oui, c’est bien du Guimard (mais osè-je en douter ?).

PS. Les formes ovoïdes des hauts des fenêtres (avec la petite encoche quelques centimètres en-dessous) sont les mêmes que sur la maison Primerose de Saintes !

Mise à jour du 8 mars 2009 : Les Ateliers du Patrimoine de Saintes m’ont contacté suite à un message que j’avais laissé sur leur site. La personne qui m’a contacté ne voyait pas de quelle maison je parlais et m’a en tout cas dit qu’aucune brochure n’avait été réalisée sur les plus beaux balcons de Saintes.
Un spécialiste de Guimard m’a apporté son avis sur ces fontes :

Cette maison est intéressante par ses fontes Guimard (ne pas parler de ferronnerie qui est une technique tout à fait différente) achetées par l’entrepreneur sur catalogue à Saint-Dizier. On en trouve d’ailleurs assez peu au sud de la Loire (moins d’Art Nouveau dans les villes, proximité d’autres fonderies du sud, je suppose).

A suivre…

Retour de week-end !

Ah la la chers lecteurs ! Quel week-end ! J’allais à Nancy en sachant qu’elle était un centre important de l’Art Nouveau, mais je n’imaginais qu’il y avait autant de maisons à voir (au milieu d’une architecture globale somme toute classique). Certes, un certain nombre de constructions se limitent à un Art Nouveau purement décoratif, mais quelle belle surprise !

En attendant quelques petits billets… huit petites photos.

poignée de porte, CCI, rue H. Poincaré, Nancyporte, 1 bd Charles V, immeuble - Arch. Weissenburger, Nancy
Porte - 22 rue de la Commanderie - Arch. Biet, Nancyav. Félix Faure, Nancy
villa Les glycines - 5 rue Brice - Arch. Emile André, NancyVilla Jika ou Villa Majorelle - 1 rue Majorelle - Arch Sauvage, grès de Bigot, Nancy
Ah mince c'est encore la C.C.I. çavitrail du 16 rue Emile Gallé par Gruber, Nancy

… Mmm… ça fait un peu trop de bleu tout ça ! Mais c’est pour trancher avec celui qu’on n’a pas eu dans le ciel.

Week-end nancéien !

Je pars ce week-end à Nancy – en grande compagnie puisque nous serons 11 – pour visiter (entre autres ?) les expositions sur Victor Prouvé et la Villa Majorelle…

Cela devrait tout aussi sympathique et enrichissant que le week-end bruxellois il y a 4 ans… souvenir d’une époque où je découvrais l’Art Nouveau.

A très vite donc pour un compte-rendu de ces deux jours.

Dijon (côte d’Or) – 9 rue du Château

Je n’avais absolument pas fait de recherches sur les potentiels éléments Art nouveau de Dijon avant de m’y rendre ce samedi. Mais mon lieu de rendez-vous, rue Musette, était à proximité de deux ensembles Art nouveau, et le hasard a donc bien fait les choses. Certains sites web signalent d’autres architectures Art Nouveau un peu excentrées, je tacherai de m’y rendre la prochaine fois.

Le premier des ensembles vus et photographiés par votre serviteur – je reviendrai sur l’autre dans un autre billet – est un immeuble situé à l’angle de la rue du Château et de la rue du Temple, l’entrée principale étant au 9 rue du Château. Construction harmonieuse de 4 étages, il bénéficie d’un emplacement plutôt idéal, face à une place bien dégagée… mais malheureusement entre deux rues assez étroites.

(Mince, je n’ai pas bien redimensionné mes photos)

Comme on peut le voir, la construction joue surtout sur les ondulations au niveau des éléments de toiture et de balcon du dernier étage.

Son rez-de-chaussée est constitué de magasins, dont l’un d’eux a semble-t-il conservé les boiseries de façades d’origine.

Côté décoratif, le tout est assez discret en dehors de quelques éléments floraux (cf. la photo de la porte ci-dessus ou les photos de toiture), et on notera bien sûr les ferronneries des fenêtres, aux motifs géométriques :

… mais également les gouttières : Certaines vitres ont également des dessins de feuillages. J’ai constaté ceci sur les deux façades, on peut donc supposer un décor d’origine.
Mais que sait-on sur cet immeuble ?
Moi, rien. Mais après quelques recherches sur le web, j’apprends que son architecte est le dijonnais Louis Perreau (architecte du bâtiment voisin de la Poste, un voisinage beaucoup plus académique !) et qu’il date de 1906… ah non, ailleurs il est écrit 1901… Mmmm est-ce bien important ?

Voilà, c’était mon deuxième billet dijonnais… à bientôt pour le suivant !

Lectoure (Gers)

Lectoure, adorable petite cité gersoise où se déroule en ce moment les rencontres photographiques de Lectoure, aura eu un tout premier lien avec les années 1900, par la présence d’une allusion à Kupka dans l’une des expositions.

A part cela, notons la présence d’une jolie ouverture de porte pour le courrier…

Boîte à lettres Art Nouveau - Lectoure

Agen – bd Carnot

Mon petit séjour à Agen m’a permis de découvrir la cité garonnaise connue pour… euh… ben ses pruneaux. Mais halte aux clichés ! Agen est aussi une petite ville avec quelques éléments intéressants et une architecture locale aux constructions de briquettes. Le lieu le plus passager de la ville, le boulevard de la République qui date de la fin du 19ème siècle, est malheureusement un alignement crasseux de façades néo-classico-barococo surchargées qui mériterait une petite mise en valeur.

On retiendra sur ce blog quelques constructions… dont la maison à l’angle du boulevard Carnot et de la des Rondes Saint-Martial… Que dire de cette maison de 1901, aux lignes folles, aux arrondis exubérants, aux multiples dissymétries ? Laissons plutôt parler les images…
Agen - boulevard Carnot






Le mateur de nouilles a déjà réalisé un article sur cette maison, j’ai donc su grâce à lui pourquoi le carrelage du hall me semblait familier… on le retrouve à l’Hôtel Mezzara !
Carrelage Art Nouveau Agen bd Carnot

Rendez-vous très vite ici pour deux autres façades agenaises…