Archives de catégorie : Promenades régionales

Livre « L’Art nouveau en Poitou-Charentes »

Vous connaissiez peut-être le site sur l’Art nouveau en Poitou-Charentes, voici le livre !

La Direction Régionale des Affaires Culturelles et les Villes et Pays d’art et d’histoire de Poitou-Charentes ont en effet lancé récemment une nouvelle collection : « Laissez-vous conter le Poitou-Charentes ». La première publication est consacrée à l’Art Nouveau.

Voir le carton de présentation (pdf ; 1,3 Mo)

Il est toujours bon de voir paraître des livres portant un regard un peu différent sur des sujets à la bibliographie déjà relativement imposante. Pour l’Art nouveau, la liste des ouvrages spécialisés (généralistes, monographies…) est suffisamment complète pour remplir une étagère de votre bibliothèque, n’est-ce-pas ? Voici donc un oeil posé sur les architectes locaux, n’ayant laissé nulle trace dans les livres, les cours d’histoire de l’architecture ou les mémoires, architectes qu’on imagine avoir feuilleté avec grand intérêt les catalogues de leur époque, rêvant d’un riche industriel leur commandant une résidence secondaire. Bref…

L’ouvrage est très complet, allant au-delà de l’architecture avec par exemple la production de papier à Angoulême ou les collections des musées. Les principales constructions sont ici référencées, mais bien évidemment honneur est fait aux petits détails voire aux éléments de fabrication (très) industrielle qui distillèrent (vocabulaire pas uniquement cognaçais) l’Art nouveau sur nombre de façades voire de façadounettes tristounettes.

L’ouvrage est tellement complet que j’ai pour l’instant lu uniquement quelques pages… en particulier celles concernant les constructions dont j’ai déjà parlé ici. Le livre offre en effet moultes informations complémentaires et autres précisions affinées par un vocabulaire de spécialistes. (D’ailleurs ce blog, oui oui ce blog là que vous lisez là maintenant, a l’honneur d’être cité dans la webographie… flatté me voici !)

J’ai surtout feuilleté les 168 pages à la recherche de quelques surprises visuelles – car il y a beaucoup de photos ! Notons par exemple la villa La Brise à La Rochelle, véritable hymne aux champignons, la villa Les Iris à Niort ou un portail à Champdeniers très tournicotesque…

En tout cas, voilà un ouvrage à offrir ou à vous faire offrir à Noël !

NB. Un tout petit reproche sur la maquette, un peu difficile à lire. Un double colonnage et une gouttière centrale plus large auraient rendu la lecture plus agréable. À corriger pour le prochain ?

Il faudrait…

… que je vous parle de la conférence que vous n’avez pas vue. Ne dites pas que vous n’étiez pas au courant, je vous avais prévenus dans le billet du 13 novembre. Évidemment, je n’avais pas précisé le thème : je l’ignorais moi-même. « Sans Art nouveau », disais-je ? Oh que non… Pascal Rousseau, donc, dans sa conférence du 14 novembre 2012 au Palais de Tokyo, a parlé de l’abstraction dans un art : la danse. Et c’est (évidemment) Loïe Fuller qui fut mise à l’honneur. Je connaissais de la miss Fuller ses représentations, les films qui montrent ses imitatrices, mais j’ignorais tout de l’origine de l’origine de son art, ou du moins avais-je oublié ce détail qui n’en est pas un, le lien avec l’hypnose.Trois mois plus tard, moi-même sous hypnose peut-être, je me réveille et j’ai un peu oublié (ce qu’il a dit, où sont mes notes)…

Sinon je vous signale que le site du Cercle Guimard a encore changé d’adresse, pour diverses raisons techniques et fonctionnelles : www.lecercleguimard.fr et cette fois c’est pour de bon…

Et puis hier une jolie façade Art nouveau à côté de la gare de Valenciennes, le café hôtel Terminus qui est devenu une agence immobilière. Je n’ai pas fait de photo, j’ai souri derrière la fenêtre du taxi en voyant la police « métropolitain » utilisée pour annoncer l’activité actuelle.

Non, vous voyez, je n’ai pas abandonné l’Art nouveau, il continue de m’accompagner… même au travail, lorsqu’il faut relire une page sur l’architecture locale. Il faudrait en écrire plus d’ailleurs. Trouvez-moi un peu de temps, je suis preneur…

Tiens si vous allez voir l’expo Meyerowitz à la MEP, vous verrez une station Guimard. Hasard d’un moment, l’image n’est pas un hommage à la Brassaï, juste un de ces instants décisifs que le photographe capta si bien dans ces belles couleurs des années 60. Et vous, vous me racontez quoi ?

Un joli petit tour à Nancy

Ah pour une surprise, ce fut une surprise ! Parce que mon anniversaire approchait, Ch. me fit une surprise, celle de m’emmener quelque part, sans que je sache où. Bon, évidemment, une fois arrivés à la Gare de l’est, l’interrogatoire est arrivé à son terme : le train était direct pour Nancy.

C’était donc la troisième fois que je me rendais à Nancy, le 30 mai dernier, après un week-end en groupe, en septembre 2008, et un aller-retour tout seul, en août 2009, pour voir surtout l’exposition Majorelle…

Au programme côté Art nouveau, la visite de la Villa Jika, toujours aussi merveilleuse… ET des photographies, évidemment :

Mais où étais-je donc passé ?

Bon bon bon, il serait peut-être temps de reprendre un peu les choses en main sur ce blog… Je sais, je le promets régulièrement…

En attendant quelques billets (approfondis ou pas), un petit quizz pour voir s’il y en a encore qui viennent par ici. Où étais-je dimanche vers 17h15 lorsque j’ai pris cette photo ?

 

Conférence à Blois

Oh ben ça alors !

Comme j’expose actuellement des photos à Blois, un coup d’oeil sur Internet pour savoir si par chance de l’Art nouveau ne s’y cacherait pas. Que découvré-je donc ? Une conférence sur le sujet la semaine prochaine :

http://www.blois.fr/Agenda/1070/4-agenda.htm

La conférence a plus précisément pour thème Alexandre Bigot, fameux céramiste, originaire de Mer, près de Blois.

Je vais donc lever un peu plus la tête en allant à Blois, pour voir où se trouvent des céramiques du maître…

La gare de Rouen

J’ai fait connaissance avec la Gare de Rouen en mars 2009. Elle était une étape pour aller à Dieppe et le temps de correspondance m’avait laissé l’occasion d’en sortir… et de découvrir ça :


La gare est imposante, mais élégante, pas comme ces architectures lourdes et indiscrètes que je peux aimer comme un gros gâteau dont je serai vite écœuré. (Dans le genre, celle de Metz, invraisemblable, découverte récemment, dans son jus rhénan et médiéval, la bat à plates coutures….) Bref… la gare de Rouen, donc, me plait.

Inaugurée en 1928 mais sur des plans de 1914, elle est typique de ces constructions à la lisière d’un Art nouveau qui a commencé à faner et un Art déco qui n’ose pas encore s’effeuiller complètement. Elle a, depuis sa construction, perdu quelques auvents que l’on peut voir sur cette carte gentiment envoyée par un lecteur que j’en profite pour saluer. Merci Michel !

Notons qu’à l’époque, elle s’appelait la Gare de la rue Verte… Elle répond aujourd’hui au nom moins coloré de Rouen Rive droite.

La première gare à cet emplacement est construite en 1847. Mais petit à petit, sa capacité devient insuffisante et son remplacement est décidé en 1900. Il faut alors réaliser une construction qui permettra de relier deux tunnels. Les travaux ne débutent cependant qu’en 1912, avec comme architecte Adolphe Dervaux… Dervaux, ça ne vous dit rien ? Vous voyez les candélabres du métro parisien, les rouges ? Oui oui, c’est lui, l’un des successeurs de notre cher Hector. Les travaux, interrompus par la guerre, durèrent jusqu’en 1924, et la gare fut inauguré en 1928. 4 ans plus tard ? Voilà qui m’étonne mais je prends mes sources sur Internet, alors… décidément, cette gare me remplir de doutes.

La structure de la gare est en béton armé, sans quoi le hall de la gare ne serait probablement pas aussi vaste et ne serait donc pas aussi justement une « salle des pas perdus » :

. Du côté des éléments décoratifs de la façade, ceux-ci restent rares, l’architecte ayant surtout joué sur les formes géométriques discrètes, les lignes découpant les baies, et même une polychromie de la façade que je n’ai remarqué que sur les photos.
Les sculptures dans la façade sont de styles très différents, parfois proches de l’Art déco (motifs de fougères ou personnages) ou à tendance un peu Art nouveau (feuilles et fruits de platane sur le campanile que l’on retrouve dans une représentation plus moderne sur la façade).

On s’amusera même d’y voir des pommes… un hommage au fruit normand ?

La façade est néanmoins dominée par deux imposants personnage : un homme et une femme portant des sacs sur leur épaule. Et entre eux (merci le zoom)… des enfants ?

La gare est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 15 janvier 1975, et devrait perdre son rôle de gare principale rouennaise dans une dizaine d’années. La capacité d’accueil devient à nouveau insuffisante…

Journées du patrimoine : villa Bergeret

Comme chaque année, la Présidence de l’université Henri Poincaré de Nancy ouvre ses portes pour les journées du Patrimoine. Or ce lieu n’est autre que la villa Bergeret, fleuron de l’Art nouveau nancéen construit par l’architecte Lucien Weissenburger en 1901-1902.

Pour en savoir plus sur la villa Bergeret sur ce blog ce ne sera pas ici, un jour peut-être, mais pas aujourd’hui… Je vous laisse donc vous diriger vers la page http://www.uhp-nancy.fr/universite/portrait/et_aussi/la_villa_bergeret, rédigée par l’incontournable et passionnant Frédéric Descouturelle. et vers la visite virtuelle : http://www.culture.gouv.fr/lorraine/Bergeret/pageshtm/derouleframe.htm

Mais je vous offre tout de même quelques images, prises le 21 août 2009 sous un temps matinal un peu grisounet malheureusement…

Metz : un tour au(x) musée(s)

Belle journée ensoleillée à Metz ce samedi 21 août. Je ne connaissais pas la ville et j’y allé pour voir de l’art plus ou moins contemporain : le musée des beaux arts / archéologie, le FRAC et le centre Pompidou, mais l’Art nouveau y a été présent !
Alors… Pour le musée des Beaux Arts, rien d’intéressant, si ce n’est un surprenant auto-portrait d’Émile Friant alors âgé de 16 ans (et un pauvre Gustave Moreau mais bof).

Du côté du Centre Pompidou, il faut au moins aller admirer la très belle architecture extérieure. J’adore, j’adhère, je trouve ça complètement magique, je pleurerais presque de joie en voyons ces angles sortir de ses rondeurs. Immédiatement, en voyant la structure de soutien et la charpente en bois, j’ai pensé à Horta et à son fameux « Abandonnons la feuille et la fleur, ne gardons que la tige »…

J’avais vu le lieu en photo, mais en vrai, sous un beau ciel bleu, c’est étonnant… et totalement photogénique ! L’intérieur en revanche est très décevant, il y a des surplombs sur certains endroits moches, et les escaliers sont justes innommables : des escaliers de parkings, la peinture blanche en plus ! Quel scandale ! Courons nous griser dans les escaliers de la fondation Caixa à Madrid ! Certains espaces d’exposition m’ont en revanche bien plu (le 3ème étage permet vraiment de profiter de la perspective sur la grande baie… mais bref, je m’éloigne de l’Art nouveau là… quoi que…
Du côté des œuvres, le Centre Pompidou présente en ce moment « Qu’est-ce qu’un chef d’œuvre ». Lorraine oblige, on y retrouve trois magnifiques pièces de l’École de Nancy :
– « La main aux algues » d’Émile Gallé, réalisée en 1904 (Gallé pourra le 24 septembre de la même année) et à laquelle le musée d’Orsay avait consacrée une exposition en 2004… un de mes premiers pas dans l’Art nouveau.
– le vase « Les hommes noirs » de Gallé réalisé en collaboration avec Prouvé qui conçut les décors et les personnages. Ce vase, qui fut présenté à l’exposition universelle de 1900 est une référence à l’affaire Dreyfus, avec deux citations : “Hommes noirs d’où sortez-vous ?” (sur le col du vase) et « Nous sortons de dessous terre« . Elles sont tirées d’un poème de Pierre-Jean Béranger (1780-1857), anti-clérical et pamphlétaire.
– « La Toussaint » merveilleux tableau d’Émile Friant (sur lequel je m’étais déjà extasié à Nancy), peint en 1888.

Et voilà ! Pour l’architecture messine, il faudra revenir !

Rennes

Je suis allé à Rennes les 12 et 13 juin pour la biennale d’art contemporain et l’exposition « Brouillon »… Mais j’en ai également profité pour ramener quelques images 1900… et de bien jolies !

Rien de purement Art nouveau pourtant.

Soit de simples éléments décoratifs,

Soit quelques feuillages se glissant dans des façades néo-rocaillo-classico..
Au coin de la rue Simon de la Brosse :

Et place Hoche :

Voire de manière encore plus timide :

Soit une inspiration médiévale légère, dont la porte m’a fait penser au style liégeois,

Mais surtout il y a le superbe bâtiment de l’architecte Charles Couasnon, situé place Hoche lui aussi, au numéro 1 :

Et enfin un Art nouveau tellement tardif qu’Art déco (je trouve qu’on est là à la croisée des chemins), puisque la construction date des années 1924-1927, avec la magnifique piscine municipale de la rue Gambetta, décorée par des grès flammés Gentil et Bourdet…

Cognac, deux minutes d’arrêt !

Cognac n’est pour moi qu’un arrêt à la gare lorsque je prends le TER entre Angoulême et Saintes. C’est dorénavant un clin d’oeil sur ce blog grâce à ce cher OP qui m’a envoyé ceci :

Comme il dit : on a vu plus excentrique et surtout mieux entretenu mais bon c’est toujours amusant. Amusant visage souriant aux cheveux ondulants, mais jolies circonvolutions pour le balcon, qui pour une fois n’est pas (a priori) un modèle acheté à l’époque sur catalogue. Pas un modèle courant en tous les cas ! On peut également être satisfait que les porte-fenêtres n’aient pas été remplacées par quelques double-vitrage en PVC.

PS. Non je ne suis pas sponsorisé par Durex.

26 cours Lieutaud – Marseille

Lors de mon séjour à Marseille début juillet, le hasard a fait que le loueur de scooter était juste à côté d’un immeuble Art nouveau, au 26 cours Lieutaud. Malheureusement la façade est très sale sur les deux premiers niveaux…

Et malheureusement mes photographies sont loupées… Mais qu’importe ! Regardons de plus près…

La façade reprend l’un des principales règles hausmanniennes, à savoir le balcon soulignant les 2ème et 5ème étages. Mais à part ça… un encorbellement vient rompre la symétrie verticale de l’ensemble, et les balcons sont différents sur la 6ème travée. On trouve deux portes d’entrée (celle de gauche étant plus décorée) et une vitrine commerciale en rez-de-chaussée.

Motifs de feuilles, lignes en coups de fouet gravées dans la pierre ou dans les ferronneries… les éléments décoratifs Art nouveau sont plutôt nombreux comme on peut l’apercevoir :
On constatera même qu’un effort a été fait dans la plaque du numéro, de style Art nouveau (mais probablement pas d’époque).

Et surtout, encore une fois, on y retrouve…. des chardons sous le balcon !

… Des chardons décorent également certains garde-corps :

Mais sinon, me demanderez-vous, que sais-je d’intéressant sur cette construction ? Rien, si ce n’est que l’architecte est Ch. Héraud :

Allez, un dernier coup d’oeil… tout en haut cette fois :

Voilà voilà, j’ai un peu tardé pour montrer ce bâtiment, mais mieux vaut tard que jamais !

Jardins éphémères à Nancy

Majorelle, dont on célèbre cette année les 150 ans de la naissance, est encore à l’honneur à Nancy.
Après l’exposition qui eut lieu jusqu’au 30 août aux Galeries Poirel, c’est cette fois place Stanislas qu’un hommage lui est rendu. En effet, les jardins éphémères, manifestation qui a lieu tous les automnes, a pour thème cette fois-ci « Majorelle et la poésie végétale« .

Cette décoration florale de la place principale de Nancy a lieu depuis le 26 septembre et jusqu’au 2 novembre 2009. Si certains de mes lecteurs s’y rendent, je serais ravi de recevoir des photos pour illustrer ce billet (envoi à l’adresse arnaud.rodriguez@wanadoo.fr).

On trouve cependant des photographies chez certains blogueurs, n’hésitez pas à commenter ce billet pour signaler d’autres liens :
http://durin.vox.com/
http://www.mespetitsbonheurs.com/

Journée à Nancy

J’ai passé ce samedi 22 août à Nancy, sous un temps principalement ensoleillé.

J’y allais surtout pour voir l’expo Majorelle. Rien d’exceptionnel malgré quelques surprises, penchant peut-être un peu du côté du décevant. Il aurait fallu un peu plus de commentaires dans l’audio guide (seulement 14), éventuellement des croquis de meubles autres que ceux du successeur de Louis Majorelle… et autre chose que des impressions mal collées en fin d’exposition.
Néanmoins les galeries Poirel sont un lieu d’exposition très agréable. Peut-être ai-je eu cette sensation à cause de la faible affluence.

Du côté des expos, je suis aussi allé au musée de l’école de Nancy. L’expo temporaire sur l’exposition de 1909 est juste une plaisanterie. Quatre kakemonos, à peine plus de photos que j’ai déjà oubliées… on se retournera vers le livre paru récemment (et pas en vente au musée) sur ce sujet.
Ce fut néanmoins un plaisir de revoir les collections permanentes du musée.

Et le reste ? Au final, à part pour déjeuner trente minutes à une terrasse, je n’aurais fait que marcher… de 8h45 à 19h !
J’ai fait énormément de photos pour ici ou pour mon autre blog, j’ai découvert un certain nombre de bâtiments que je n’avais pas vu l’an dernier (La villa Bergeret, les villas de la rue de Verdun, l’intégralité des constructions de Saurupt, l’imprimerie Royer, la verrière du Crédit Lyonnais, la maison Gaudin, la maison Vallin, la maison du Peuple, les établissements Gallé actuellement en réfection) et j’ai retrouvé avec plaisir ce que je connaissais déjà, dont la maison Weissenburgrer enfin rénovée…. sauf la porte. Une belle journée en tout cas !





Majorelle m’attend !

Egoïstement, j’irai tout seul voir l’expo Majorelle à Nancy, le samedi 22 août. Il restait des billet prem’s qui me permettent d’aller là-bas pour seulement 34 euros…

Y aller seul me permettra (d’essayer) de faire de belles photos, bien tranquillement, je n’invite donc personne à m’accompagner ! J’espère que le temps s’y prêtera !

Saintes – Temple protestant

Voilà bien longtemps que je promettais de parler d’une autre construction saintaise méritant sa place ici. Il s’agit du Temple Protestant.

C’est en 1898 que le Conseil presbytéral achète l’ancienne poste aux chevaux, située au 2 cours Reverseaux. La construction du futur temple est confiée en 1900 à l’architecte Adolf Augustin Rey, d’origine protestante. Celui-ci est alors connu pour avoir assisté Paul Sédille dans la construction des magasins Le Printemps en 1885, mais surtout pour avoir réalisé le temple de la ville de Madranges et à Paris l’église St Paul de Montmartre ou encore l’église du Bon Secours. Si l’on en croit la gravure des noms sur le côté gauche du porche, il fut assisté par un certain Boinot. Les travaux durèrent d’août 1905 à mars 1906 et le Temple est inauguré le 27 février 1907.


Si celui-ci n’est pas à proprement parler « Art nouveau », voilà en tout cas une oeuvre nouvelle pour la ville, voire bien au delà. En effet, les piliers et les voûtes de l’édifice sont en béton armé et brique. Le tout a été recouvert d’un enduit en plâtre (rose et blanc). L’utilisation du béton armé est alors rarissime pour les édifices religieux, le premier ayant été St Jean de Montmartre.

Quant au style, on y retrouve de multiples référence (romanes, byzantines…), au point de ne pas trop savoir comme le qualifier, si ce n’est d’éclectique, ce qui ne lui ferait pas forcément honneur. Motifs géométriques sur les grilles et la façade, sculpture de feuillages, de fleurs et d’oiseaux sur le porche… Le sculpteur, Arnold, ayant même représenté les racines des plantes :
La richesse du décor est en tout cas plutôt inattendu pour un bâtiment protestant :

… il me reste à présent à aller voir les autres églises de cet architecte pour comparer…

Source principale : Fiches de découverte du patrimoine urbain de la ville de Saintes, édité par les ateliers du Patrimoine de Saintonge.

Angers – L’Alcazar

Vite vite ! Un petit billet pour compléter celui de lundi… Ce cher Magdo m’a envoyé deux scans de cartes postales de l’Alcazar…

Et d’après le site de la ville d’Angers qui raconte l’histoire de l’Alcazar, ce bâtiment existe toujours, sous le nom de Boléro.

La base mémoire du ministère de la culture nous confirme quant à elle, grâce à une photo récente de l’intégralité du bâtiment, qu’en effet la façade a un peu changé…

Ben alors Jean Sam, pourquoi tu n’as pas levé les yeux plus haut ?

Allez, je me dépêche, Agen m’attend !

Villa des Chardons – Romorantin

Finalement je trouve le temps de laisser un petit billet sur ce blog avant de partir 3 jours pour Madrid (où j’essaierai de passer calle Fernando VI).

En effet, j’ai reçu ce matin un message de ce cher Magdo, avec quelques photographies d’une villa se trouvant à Romorantin-Lanthenay dans le Loir-et-Cher :

Cette villa mérite amplement sa place ici puisque elle se nomme la villa des Chardons

et surtout parce que l’on peut y voir des chardons sous le balcon :

Comme vous pouvez le voir, d’autres chardons, ailleurs que sur les consoles, l’ornent dans les sculptures (au-dessus de la lucarne, au-dessus de la porte…) ou les carreaux de céramiques au-dessus des fenêtres à l’étage.

Peut-être aurai-je un jour plus d’informations sur l’architecte de cette maison… D’ici là : merci Magdo !

Rouen (Seine-Maritime)

Je suis allé à Rouen il y a deux semaines, non pas pour de l’Art nouveau mais pour de l’art contemporain au FRAC et pour visiter le musée des Beaux-Arts.

Dans ce très beau musée des Beaux-Arts de Rouen, les années 1885-1915 sont surtout représentées par une belle collection de toiles de Monet et Sisley. On retrouve cependant un Kupka de 1909 (« Gigolette en rouge« ) qui malgré le titre n’est pas une recette de civet de lapin (oui pardon elle est facile)… et pour reparler de la Loïe Fuller, une statuette (en bronze brut de fonte) de Duchamp-Villon. L’exposition 1900 est elle-même présente par une toile de Jacques-Emile Blancher : « André Gide et ses amis au café Maure de l’exposition Universelle de 1900 ».
Mais j’ai surtout été marqué par la toile symboliste « L’énigme« , d’Alfred Agache.

A la sortie du musée, on remarquera sur le chemin du centre ville une jolie façade un peu gâtée par le temps gris qui planait sur Rouen :

Au FRAC, nul Art nouveau évidemment, mais dans le quartier ou plutôt sur Sotteville-lès-Rouen), on peut s’amuser de quelques jolies maisons fin 19ème dans un style plutôt régionaliste. Cependant, en bus, j’ai juste eu le temps d’apercevoir vers le 40 de la rue d’Elbeuf une façade Art nouveau. Ce fut très bref, je ne serai même pas en mesure de la décrire ici. Il me faudra donc retourner là-bas… ou bien attendre la contribution d’un lecteur ?

L’Art nouveau à Rouen fut autrefois grandement représenté par le théâtre de l’Alhambra, éventré pendant la guerre et démoli en 1946.

Aujourd’hui, l’Art nouveau accueille encore les visiteurs qui arrivent à Rouen par le train… mais je repousse une fois de plus mon petit laïus sur la gare…

Rue Félix Faure, Nancy

Si vous allez visiter le musée de l’école de Nancy, surtout ne manquez pas, à proximité, la rue Félix Faure.

Elle fut construite en 1901 selon une procédure de lotissement, et fut un terrain de travail pour quelques architectes Art nouveau locaux (L. Weissenburger, J. Hornecker ou H. Vial ou E. André) qui en d’autres rues offrirent à Nancy des trésors plus remarquables et remarqués.

La multitude de maisons de rapport aux jolies façades, asymétriques voire décorées, lui offre un charme indéniable :
Mais le principal architecte de cette rue fut César Pain (1872 – 1946).

Il y construisit 17 maisons, dont 12 entre 1904 et 1912 et offrit à la rue un visage coloré…

…par les façades aux décors floraux, surtout les maisons triplées (la première photo ci-dessous est cliquable) :

…ou par les plaques de céramique qui ornent les façade d’une signature et d’une date.

Lors de ma visite à Nancy en septembre 2008, je n’avais pas pris soin de photographier toutes les plaques de ce cher Pain, mais voici en voici un petit aperçu :
L’architecte signa tout de même parfois ces œuvres par d’autres moyen :



… Alors ? Envie d’y faire un tour pour en voir un peu plus ?

Des fontes Hector Guimard à Saintes – 19 rue de Laroche

On avait rapporté à mon ami et commentateur Magdo que des ferronneries Guimard étaient visibles sur une maison de la ville de Saintes, à proximité de la Gare.
Y allant régulièrement — mes parents habitent à qeulques kilomètres — je m’y promenais parfois espérant trouver cette maison.
Aujourd’hui, m’y baladant au hasard dans un quartier que je ne connaissais pas (mais assez éloigné de la gare), j’ai vu de loin une maison avec quelques jolies couleurs brique… je m’en suis approché, et au fur et à mesure que la distance diminuait, je sentais que j’avais peut-être trouver le graal…

Et une fois devant, je dus bien reconnaître que c’était probablement LA maison en question.

Les lignes fluides des garde-corps étaient bien dignes d’Hector Guimard :

(Rassurez-vous, l’état abîmé n’est que passager, la propriétaire tient à les restaurer.)

… Et les ferronneries de la porte d’entrée ressemblaient fortement (de mémoire) à celles que j’avais déjà découvertes rue de la Fraternité à Paris (après vérification, c’est bien le cas) :

Après avoir pris des photographies (merci le beau soleil !) j’ai sonné… On m’a ouvert et la propriétaire m’a très gentiment accueilli, me parlant de cette maison qu’elle avait achetée il y a dix ans après un coup de coeur pour cette si belle façade. Elle m’a donc appris que la maison datait de 1912, année prouvée par un courrier du futur propriétaire adressé aux voisins pour des soucis de mur atenant. Le propriétaire aurait réalisé un agrandissement en 1960, mais cet amateur d’art avait tenu à conserver la façade d’origine. Elle m’a raconté qu’il aurait fait refaire les éléments à partir des moules de l’époque. Après réflexion, je pense qu’en fait elle parlait des moules de la frise (d’où le lien avec le fait d’avoir réhaussé la maison) :

Mais elle m’a aussi expliqué que la partie gauche de la maison était à l’origine un entrepôt… Etait-il dépourvu de fenêtre et le propriétaire aurait-il faite refaire les ferronneries à l’identique… d’où les espèces de rajout sur la fenêtre la plus large ?

J’aurais dû poser plus de questions pour que tout ceci soit plus clair.

J’ai pu obtenir les coordonnées des propriétaires d’il ya a 10 ans, petits-enfants du propriétaire d’origine — ils possèderaient des photos anciennes de la maison — et la propriétaire m’a conseillé de me diriger vers les Ateliers du Patrimoine de Saintonge, qui avait répertorié cette façade. Je vais donc continuer à enquêter pour essayer d’en savoir plus, ne serait-ce que le nom de l’Architecte…

Evidemment, à peine éloigné de cette maison, tout excité par ma découvert, je me suis rué sur mon téléphone pour appeler Macdo et le mateur de nouilles… Et le soir arrivé, je me rue sur ce blog pour en parler. J’y reviendrai lorsque j’aurai obtenu plus d’informations… et la confirmation de la part de spécialistes que : oui, c’est bien du Guimard (mais osè-je en douter ?).

PS. Les formes ovoïdes des hauts des fenêtres (avec la petite encoche quelques centimètres en-dessous) sont les mêmes que sur la maison Primerose de Saintes !

Mise à jour du 8 mars 2009 : Les Ateliers du Patrimoine de Saintes m’ont contacté suite à un message que j’avais laissé sur leur site. La personne qui m’a contacté ne voyait pas de quelle maison je parlais et m’a en tout cas dit qu’aucune brochure n’avait été réalisée sur les plus beaux balcons de Saintes.
Un spécialiste de Guimard m’a apporté son avis sur ces fontes :

Cette maison est intéressante par ses fontes Guimard (ne pas parler de ferronnerie qui est une technique tout à fait différente) achetées par l’entrepreneur sur catalogue à Saint-Dizier. On en trouve d’ailleurs assez peu au sud de la Loire (moins d’Art Nouveau dans les villes, proximité d’autres fonderies du sud, je suppose).

A suivre…

Retour de week-end !

Ah la la chers lecteurs ! Quel week-end ! J’allais à Nancy en sachant qu’elle était un centre important de l’Art Nouveau, mais je n’imaginais qu’il y avait autant de maisons à voir (au milieu d’une architecture globale somme toute classique). Certes, un certain nombre de constructions se limitent à un Art Nouveau purement décoratif, mais quelle belle surprise !

En attendant quelques petits billets… huit petites photos.

poignée de porte, CCI, rue H. Poincaré, Nancyporte, 1 bd Charles V, immeuble - Arch. Weissenburger, Nancy
Porte - 22 rue de la Commanderie - Arch. Biet, Nancyav. Félix Faure, Nancy
villa Les glycines - 5 rue Brice - Arch. Emile André, NancyVilla Jika ou Villa Majorelle - 1 rue Majorelle - Arch Sauvage, grès de Bigot, Nancy
Ah mince c'est encore la C.C.I. çavitrail du 16 rue Emile Gallé par Gruber, Nancy

… Mmm… ça fait un peu trop de bleu tout ça ! Mais c’est pour trancher avec celui qu’on n’a pas eu dans le ciel.

Week-end nancéien !

Je pars ce week-end à Nancy – en grande compagnie puisque nous serons 11 – pour visiter (entre autres ?) les expositions sur Victor Prouvé et la Villa Majorelle…

Cela devrait tout aussi sympathique et enrichissant que le week-end bruxellois il y a 4 ans… souvenir d’une époque où je découvrais l’Art Nouveau.

A très vite donc pour un compte-rendu de ces deux jours.

Dijon (côte d’Or) – 9 rue du Château

Je n’avais absolument pas fait de recherches sur les potentiels éléments Art nouveau de Dijon avant de m’y rendre ce samedi. Mais mon lieu de rendez-vous, rue Musette, était à proximité de deux ensembles Art nouveau, et le hasard a donc bien fait les choses. Certains sites web signalent d’autres architectures Art Nouveau un peu excentrées, je tacherai de m’y rendre la prochaine fois.

Le premier des ensembles vus et photographiés par votre serviteur – je reviendrai sur l’autre dans un autre billet – est un immeuble situé à l’angle de la rue du Château et de la rue du Temple, l’entrée principale étant au 9 rue du Château. Construction harmonieuse de 4 étages, il bénéficie d’un emplacement plutôt idéal, face à une place bien dégagée… mais malheureusement entre deux rues assez étroites.

(Mince, je n’ai pas bien redimensionné mes photos)

Comme on peut le voir, la construction joue surtout sur les ondulations au niveau des éléments de toiture et de balcon du dernier étage.

Son rez-de-chaussée est constitué de magasins, dont l’un d’eux a semble-t-il conservé les boiseries de façades d’origine.

Côté décoratif, le tout est assez discret en dehors de quelques éléments floraux (cf. la photo de la porte ci-dessus ou les photos de toiture), et on notera bien sûr les ferronneries des fenêtres, aux motifs géométriques :

… mais également les gouttières : Certaines vitres ont également des dessins de feuillages. J’ai constaté ceci sur les deux façades, on peut donc supposer un décor d’origine.
Mais que sait-on sur cet immeuble ?
Moi, rien. Mais après quelques recherches sur le web, j’apprends que son architecte est le dijonnais Louis Perreau (architecte du bâtiment voisin de la Poste, un voisinage beaucoup plus académique !) et qu’il date de 1906… ah non, ailleurs il est écrit 1901… Mmmm est-ce bien important ?

Voilà, c’était mon deuxième billet dijonnais… à bientôt pour le suivant !

Lectoure (Gers)

Lectoure, adorable petite cité gersoise où se déroule en ce moment les rencontres photographiques de Lectoure, aura eu un tout premier lien avec les années 1900, par la présence d’une allusion à Kupka dans l’une des expositions.

A part cela, notons la présence d’une jolie ouverture de porte pour le courrier…

Boîte à lettres Art Nouveau - Lectoure

Agen – bd Carnot

Mon petit séjour à Agen m’a permis de découvrir la cité garonnaise connue pour… euh… ben ses pruneaux. Mais halte aux clichés ! Agen est aussi une petite ville avec quelques éléments intéressants et une architecture locale aux constructions de briquettes. Le lieu le plus passager de la ville, le boulevard de la République qui date de la fin du 19ème siècle, est malheureusement un alignement crasseux de façades néo-classico-barococo surchargées qui mériterait une petite mise en valeur.

On retiendra sur ce blog quelques constructions… dont la maison à l’angle du boulevard Carnot et de la des Rondes Saint-Martial… Que dire de cette maison de 1901, aux lignes folles, aux arrondis exubérants, aux multiples dissymétries ? Laissons plutôt parler les images…
Agen - boulevard Carnot






Le mateur de nouilles a déjà réalisé un article sur cette maison, j’ai donc su grâce à lui pourquoi le carrelage du hall me semblait familier… on le retrouve à l’Hôtel Mezzara !
Carrelage Art Nouveau Agen bd Carnot

Rendez-vous très vite ici pour deux autres façades agenaises…

Bordeaux

En séjour à Agen la semaine dernière – j’y reviendrai évidemment prochainement, ne serait-ce que pour la fameuse maison de la rue Carnot – je suis allé faire un petit tour à Bordeaux, où j’ai d’ailleurs visité le musée d’Art contemporain… Ma plus belle surprise architecturale ne fut pas sur le port de la Lune (classé au patrimoine mondial de l’Unesco) parce que je le connaissais déjà et parce que la belle harmonie néo-classique de la cité Girondine ne m’émeut pas vraiment. Non, ma plus belle surprise architecturale est venue du tribunal de grande instance, construction contemporaine absolument splendide… Et là, vous me direz, quel rapport avec l’Art Nouveau ? Aucun, si ce n’est la folie, l’originalité, l’audace…

Seule trace 1900 vue dans les rues lors de notre promenade : une devanture. C’est très très pauvre, et pour le coup ni audacieux ni original, de surcroît j’ai juste photographié un coin et ce n’est pas droit… mais je me languissais de ne plus écrire ici…

Saintes – 17 rue du Jardin du Roy

Tiens tiens tiens, décidément ma bonne vieille ville de Saintes regorge de surprises à glisser régulièrement ici. J’y ai découvert ce lundi, sur une maison de 1914, deux linteaux décorés chacun d’un visage.

Celui de gauche, rieur, est entouré de roses et de glycine :

Et celui de droite, l’air plutôt moqueur, est bordé de raisin et de pommes de pin :

Au milieu du quartier de l’Abbaye aux Dames aux maisons post-1945, voilà qui met un peu de volume et de fantaisie.

Saintes (Charente-Maritime) – Primerose

Si vous arrivez à Saintes depuis Cognac ou Saint-Jean-d’Angély, et que vous prenez le pont Aristide Briant, jetez un coup d’œil sur la gauche au début du pont. Vous pourrez y voir ceci :

Saintes - Primerose

La maison est très classique, j’ignore si elle date de l’époque, mais le léger ovale creusé en haut de porte et fenêtres, et surtout cette jolie petite plaque en céramique méritent bien un accueil sur ce blog.

Royan

Dès les années 1820, le tourisme balnéaire se développe sur les côtes de la Charente-Inférieure. Mais, en 1870, Royan est reliée à Bordeaux par le bâteau à vapeur et en août 1875, raccordée aux chemins de fer. Très rapidement, des dizaines de milliers de visiteurs – dont de nombreux parisiens – se rendent chaque année dans la petite cité côtière. 71 000 en 1881, 100 000 en 1900. Durant toutes ces années, l’urbanisme royannais va donc subir de nombreux changements, entraînant la percée de quelques avenues sur le front de mer et la construction de nombreuses villas vers Pontaillac au Nord ou sur le Parc au Sud. Les communes attenantes (St-Georges-de-Didonne et Vaux-sur-mer) sont également concernées par ce type de développement, ainsi que Saint-Palais lorsque le « petit train » la relia au bourg de Royan en 1897.
Leurs propriétaires étaient pour la plupart plutôt « sages », et firent construire de jolies bâtisses d’un style qu’on pourra, pour généraliser, qualifier de style « bord de mer » : régionaliste (s’inspirant des styles normands ou basques) et de ce style éclectique en vogue à l’époque. On trouve quelques exemples sur la plage de Pontaillac :

 

On retrouve tout de même quelques détails vraiment Art nouveau sur des ferronneries ou des céramiques du Front de Mer, côté Parc, surtout sur la villa Le Cygne que j’ai pu découvrir lors d’un passage à Royan fin décembre:

 

La maison la plus (d)étonnante du quartier du Parc en a été l’une des toutes premières constructions, bâtie en 1886 par Eugène Gervais… pour lui-même. Cette villa, la villa Koziki, est d’inspiration japonaise. On trouve des informations à son sujet :
– sur le site du Patrimoine royannais
sur le blog « Un voyage au Japon ».

Ayant improvisé ma visite à Royan, je n’ai pas trouvé cette villa dont je connaissais pourtant l’existence. Ni celle-ci, ni au demeurant les villas Orchidée ou Hélianthe et leurs détails art nouveau. Dommage, mais ce sera pour une autre fois.

Le bombardement du 1945 ayant détruit une grande partie de la ville (et les archives municipales), on peut être satisfait que la périphérie n’ait pas trop subi le même sort. La reconstruction de la ville a permis en tout cas de savoureux mélanges :
Mes sources :
– Guide « charente-Maritime – Saintonge », Gallimard
– « Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime », éditions Flohic.

Saintes – publicité cours National

Ce cher Magdo précisait sur un commentaire récent la présence d’une publicité sur une maison saintaise. Cette publicité existe toujours, elle se trouve sur le cours National, à l’angle de la rue Saint-Vivien. Elle est donc plus à proximité des maisons jumelles du 64 cours National que de l’amusante bâtisse de le rue Cuvilliers (quoi qu’à quelques minutes à pieds).

Ce cher Magdo m’a envoyé aujourd’hui une photographie de cette belle publicité en céramique. Elle doit mesurer au moins 1 mètre de hauteur.

Saintes (Charente-Maritime) – 64 cours National

Lorsque je remonte le cours National de Saintes, je suis sûrement trop concentré par le rond-point au croisement du cours Reverseaux et j’ai en général le regard attiré par la belle façade du Temple. C’est sûrement pour cela que je n’avais jamais prêté attention aux maisons jumelles du 64 – 64bis (juste après la Villa Musso)… La façade de cette construction (datant de 1906-1910 d’après mes sources*) est discrète, mais elle sort tout de même de l’ordinaire sur cette artère.

La façade est principalement constituée d’éléments classiques (forme des fenêtres, consoles des balcons et des fenêtres, élements décoratifs autour des portes sauf éventuellement les extrémités : voir photo un peu plus bas) et sa symétrie ne permet pas non plus de la considérer comme originale (sauf cette triplette de porte, peut-être).

ferronneries Art nouveau aux motifs de tournesol
Mais comme on peut le constater, les architectes ont su agrémenter cette sobre façade d’éléments Art nouveau :
– les ferronneries des fenêtres et du balcon (cf. ci-dessus et 3ème photo ci-dessous). Elles représentent des tournesols complétés par des sortes de liane s’enroulant autour des tiges, permettant un joli relief. Celles des fenêtres sont disymétriques, offrant une légère impression de mouvement.
– les ferronneries des portes latérales (1ère photo ci-dessous), en coups de fouet.
– la frise de la corniche (2ème photo ci-dessous). On a là un seul motif floral, à savoir ce même tournesol que sur les ferronneries. La frise est néanmoins complétée, entre les fleurs, d’une sorte de feuillages qui fait penser à des fleurs d’artichauts : on remarque d’ailleurs deux feuilles discrètes qui pourraient correspondre à cette plante. Je réalise d’ailleurs que les éléments décoratifs au-dessus des lucarnes de la rue Cuvilliers pourraient bien être des artichauts, de la même famille que les chardons.
– des éléments sculptés dans la pierre (2ème photo ci-dessous) : 1 de chaque côté des fenêtres du 2ème étage, et 4 plus gros sous la frise.

   

Bon, d’accord, là encore pas de quoi s’extasier, mais c’est très joli, non ?

Et les architectes ?

Bally et BaustertFélicien Balley (1867 – 1942) : Architecte de la ville de Saintes, il offre à la ville de nombreuses réalisations : transformation de l’école Lemercier, divers aménagements à l’hôpital, construction de l’école professionnelle d’agriculture, de l’abattoir ou du bureau des Poste… Il a en charge également les constructions des mairies de Chenac, Saint-romain-de-Bnet ou Rétaud. En participant à de nombreux concours, il étend le spectre de ses réalisations bien en dehors du département : Pontivy, Langres, Pauillac, Limoges, Saint-Dizier, Troyes (pour l’hôtel de Ville et des postes, point culminent de sa carrière semble-t-il), jusqu’en Bulgarie où il reçoit le premier prix pour la construction du palais de justice de Sofia. Egalement architecte des monuments historiques, on lui doit la rénovation de nombreux édifices, tel l’Arc de Germanicus de Saintes. Mais la liste de son oeuvre est bien longue, j’en resterai là. On peut se référer au site web de la cité de Chaillot pour quelques informations complémentaires.
Georges Baustert : Il commence sa carrière comme assistant de Félicien Balley, en particulier pour la contruction de la mairie de Chenac. Après la guerre, il oeuvre seul, avec par exemple les monuments aux morts de Burie et Rioux. Architecte de la ville de Saintes également, il réalise des travaux d’aménagement au théâtre ou le kiosque à musique. Président de l’association provinciale des architects du Poitou-Aunis-Saintonge, il est nommé en 1935 membre du comité régional pour l’exposition universelle de 1937.

* Sources :

– « Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime« , aux éditions Flohic, dans lequel les auteurs trouvent des comparaisons avec la maison de la rue Cuvilliers… Mouais… On y lit aussi que l’ornement au-dessus de la porte est typiquement Art nouveau. Mouais bis…
– « Dictionnaire bibliographique des charentais », aux éditions Le Croît vif.

Saintes (Charente-Maritime) – rue Cuvilliers

C’était par hasard que j’avais découvert il y a quelques années une maison bien amusante au milieu des bâtisses charentaises qui forment le vieux Saintes, plus précisément derrière l’imposante église Saint-Pierre. J’en avais alors pris une seule photo, mais lors de mon très court séjour à Saintes le week-end dernier, je suis retourné la voir de plus près pour faire quelques clichés à l’heure où le soleil s’apprêtait à disparaître derrière les toits.
Saintes, maison Art nouveau rue Cuvilliers
La façade ne fournit aucune information sur l’architecte ni sur la date de construction, mais l’ouvrage « Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime« , aux éditions Flohic, nous fournit quelques indices : on y apprend qu’il s’agit d’une ancienne maison de chanoine dont le réaménagement date de 1904.
Reste à savoir si la partie de la façade à ne pas être Art nouveau est plus ancienne ou plus récente, et reste à s’interroger justement sur ce manque d’harmonie décorative… Il me faudra donc enquêter (ou passer le relais à tout blogueur/lecteur intéressé par cette façade) pour gommer ces points d’interrogations.

Les éléments récurrents sur cette maison sont les rubans, qui épousent les hauts des fenêtres et de la porte, et les motifs floraux. Côté floral, aucune harmonie puisque l’on retrouve des iris sur les côtés de la porte, des nénuphars en haut de la porte, des tournesols en haut de la fenêtre du 1er étage, des tulipes (quoi que je doute sur celle-ci) près des lucarnes, et enfin ce qui semble être des feuilles de chardons sur les motifs décoratifs en haut de ces mêmes lucarnes.

   

N’oublions pas non plus les poignées de la porte :

Les 7 éléments décoratifs alignés à la lisière du toit présentent également des fleurs : pavot, tournesol ou nénuphars. Leur présence, les renflements sur lesquels ils se trouvent, ainsi que le découpage net des lucarnes dû à la forme du toit forme la grande originalité de ce bâtiment.

En dehors de la façade, il y a deux épis sur un toit en léger retranchement, à droite, toit qui semble être celui d’une petite dépendance de la maison. Sont-ils liés à la maison ? Sont-ils d’époque ? Leur style floral complètement différent peut laisser penser une fabrication plus récente… En tout cas ils n’apportent rien d’intéressant à ce brin de fantaisie de la rue Cuvilliers.

Je présenterai très vite une autre façade saintaise, moins originale mais assez belle…