Archives de catégorie : Promenades parisiennes

Castel (bouche) b(ée)

Dimanche 9 octobre, nous avions rendez-vous, ma moitié et moi-même, chez monsieur S, résident au Castel B, Castel Béranger bien sûr, vous l’aurez deviné. Pendant une heure, il nous a fait partager ses vastes connaissances sur ce lieu où il habite depuis onze ans. Ca méritait d’être écrit sur ce blog, et je pourrais simplement reporter ce que j’ai écrit dans mon journal.

Ecrire sur le Castel Béranger, ça peut vite vous emporter dans des descriptions, des images, des exclamations et des superlatifs… Voilà, je vais faire mon flemmard, ne rien dire de plus…  mais soyez rassuré, à l’intérieur c’est tout aussi étonnant.

 

14, rue d’Abbeville

Notre promenade de jeudi dernier – car je ne travaillais pas ce jour-là – nous emmena plus ou moins par hasard rue du Faubourg Poissonnière. En nous retournant vers la rue d’Abbeville, ô surprise… ça :

J’avais déjà vu la façade en photo mais mon souvenir était très flou. N’est-ce pas elle qui fait la couverture de ce petit livre que j’ai offert à F ? Bref, en tout cas, une fois devant, quelle exubérance ! Les fleurs en grès qui ornent la travée centrale de leurs énormes pétales verts avec les briques de la façade. La porte est joliment décorée de volute (mais je n’ai pas fait de photo, et je n’avais pas un grand angle donc elle n’apparait pas au-dessus). En y regardant d’un peu plus près, on peut constater qu’il y a même sur les autres travées… des chardons sous le balcon !

Après une petit recherche sur Internet, j’apprends que l’immeuble a été inscrit au titre des monuments historiques le 22 avril 1986. Il a été construit en 1901 comme immeuble de rapport pour Mme Balli, par les architectes Alexandre et Édouard Autant, et décoré par l’incontournable céramiste Alexandre Bigot.

Au départ, c’est surtout le coin des deux rues, au numéro 16, qui nous avait fait nous retourner… mais ceci sera une autre histoire.

Visites guidées à la Villa Berthe

Pour celles et ceux qui souhaitent faire un tour chez Guimard, des visites guidées sont organisées à la Villa Berthe, appelée aussi la Hublotière, au Vésinet, jusqu’à fin septembre. La maison étant habitée, vous ne verrez que la façade et le jardin, mais on peut tout de même remercier les propriétaires que de nous faire profiter du lieu.

En tout cas, même le Parisien s’y est intéressé : http://www.leparisien.fr/

Et si vous ne pouvez pas vous déplacer : http://hublotiere.free.fr/

48, rue des petits champs – 75002 Paris

Petite promenade jeudi dernier… et un arrêt rue des petits champs, devant un immeuble qui fait presque le coin avec l’avenue de l’opéra.

L’immeuble est très décoré, avec de nombreuses sculptures florales autour des portes, sur les consoles, etc.

Et finalement, j’ai trouvé quoi une fois de plus ? Des chardons sous le balcon !

Guimard, encore !

J’ai profité de l’un de mes après-midi de congés de la semaine dernière pour (enfin) aller du côté du seizième arrondissement. Le temps incertain ne m’y a poussé qu’en fin d’après-midi, je n’ai donc fait qu’un petit tour…

… du côté de la rue La Fontaine tout d’abord, pour revoir l’hôtel Mezzara…


…Puis le Castel Béranger et voir l’entrée refaite…

… Puis encore un peu plus haut et l’ensemble de la rue Agar…


… ensuite 122 avenue Mozart et 124 avenue Mozart, adresses où je n’étais encore jamais allé (dingue, non ?)

… L’endroit est vraiment très intéressant, car permet de voir du Guimard de 1909 avec l’hôtel Guimard, et du Guimard de 1924 avec l’immeuble Houyvet.

… Et après un petit saut de métro et de RER, j’ai pu enfin, car j’avoue je n’y étais jamais allé non plus (dingue, non ?), oui j’ai pu enfin allé voir l’édicule de la Porte Dauphine…

… Sans oublier que le matin, j’étais passé rue Pavée, et que je m’étais évidemment arrêté faire… hop… un petit cliché !

22 rue Greneta (75002 Paris)

Le bâtiment du 22 rue Greneta ne mérite pas vraiment qu’on lève la tête. Alors on regarde simplement la porte de gauche, on se demande si l’autre porte était, à l’origine, décorée, on remarque que la poignée est en tout cas équivalente… et l’on continue son chemin parce qu’il fait quand même un peu trop froid pour traîner.

118 rue Réaumur

Tiens tiens, revoici la rue Réaumur, avec le numéro 118 cette fois :

Le bâtiment est à proximité de chez moi, et j’adore lever le nez pour le regarder. Sa façade a la particularité de présenter une immense surface vitrée avec structure métallique sur les 2ème, 3ème et 4ème étage, mais le 2ème étage n’est pas en reste avec surtout son bow-window que l’on voit sur la photo au-dessus.

Les quelques éléments décoratifs (sculptures en pierre ou coups de fouets en métal) permettent de lui offrir un très léger cachet Art nouveau, mais même sans ces quelques très jolis froufrous il mériterait sa place ici pour sa structure si particulière.

Ce qui est amusant c’est qu’en regardant de plus près les photos, j’ai découvert des feuilles de marronniers bien cachées dans le balcon. Ci-dessous à gauche au milieu. Elles viennent compléter celles du garde-corps du 4ème étage. Je dis garde-corps mais je doute que ces grandes baies vitrées s’ouvrent. Quoi que… Bref : je ne sais pas.

Ce bâtiment à but commercial lors de sa construction est dû à l’architecte Joseph-Charles de Montarnal qui d’après parisenconstruction a réalisé deux autres constructions rue Réaumur. Dois-je rappeler que la rue Réaumur a été un immense chantier anti-haussmanien à la fin du 19ème siècle ? Et bien je le rappelle… et j’irai de plus près voir les autres réalisations de ce cher de Montarnal.

36 Rue Greuze – 75016 Paris

Quoi ? Je n’ai pas parlé de ma visite rue Greuze ? Pourtant, le 29 mai, j’avais rendez-vous rue Greuze, devant le 36-38, où se dresse l’un des derniers immeubles réalisés par Guimard.

En effet, grâce au fils d’un guimardologue, j’ai pu visiter un studio situé au dernier étage du numéro 36 (accompagnés de quelques autres guimardologues avertis) . Ce logement correspond en vérité à deux garçonnières réunies en une seule, garçonnières qui à l’époque étaient accessibles par le balcon.

Je vous laisse à présent avec quelques photos (dont une cliquable) de l’immeuble qui baignait ce jour-là et à cette heure-là dans une lumière presque trop franche…
Bon voici aussi trois photos d’éléments dnas la cage d’escalier :

Bon, avec un immeuble de 1928, je pense que je pourrais pas souvent faire plus tardif en matière d’art nouveau…

337 rue des Pyrénées – Paris 20ème

Encore des chardons sous le balcon ?!

Cette console joliment décorée se trouve au 337 rue des Pyrénées, sur un immeuble de A. Philippon construit en 1906.

La construction de la façade n’est pas très originale, mais celle-ci est ornée de nombreuses sculptures florales :
Chardons comme on l’a vu au début, tournesols autour de la porte, elle même décorée de lignes fluides :

et surtout des iris vers lesquels va ma préférence :

Depuis le temps que je devais montrer cet immeuble ! Je suis tout de même passé devant tous les jours pour aller au travail pendant deux ans et demi ! En revanche je n’ai pas trouvé d’informations sur l’architecte, et le site Paris en construction nous parle d’une construction de cet architecte au n°341, illustré justement par un plan de la façade qui faisait angle avec la rue de l’Ermitage. Malheureusement la construction actuelle au 341 n’est plus celle-ci, mais plutôt une construction de type Art déco.

En attendant Hector Guimard, un peu d’Hector Guimard

Le 20 mai étant la date anniversaire de la mort d’Hector Guimard, nous pensions mettre en ligne le nouveau site de l’association « Le Cercle Guimard » ce mercredi. Mais… on a un peu de retard, et il faudra donc attendre la semaine prochaine.

En attendant… comme je ne travaillais pas hier, j’ai fait un petit tour dans le 3ème arrondissement, pour photographier l’Art nouveau local. C’est donc l’occasion pour moi de glisser d’abord ici un peu du métro de la station Bastille :

Mais comme vous le savez peut-être (ou peut-être pas), le 3ème arrondissement possède son Guimard, au coin de la rue de Bretagne et de la rue de Saintonge. Cet immeuble de bureaux a été construit durant la guerre sans que l’on sache précisémen quand. En effet, le permis de construire date de janvier 1914 mais il est déclaré « en construction » en 1919 (source : le livre de Georges Vigne).

Il ne saute pas vraiment aux yeux lorsque l’on passe devant. Mais si on lève le nez et les yeux jusqu’en haut…


…on peut voir la marque du maître :

Je vous laisse également vous référer au site Paris1900

124 rue Réaumur – 75002 Paris

Depuis que je réside à quelques mètres de la rue Réaumur, j’ai l’occasion d’arpenter celle-ci régulièrement. Parmi les constructions qui la bordent, la plupart réalisées autour des années 1900, l’immeuble le plus remarquable au sens premier du terme se situe au numéro 124.

Cette façade métallique il y a encore relativement peu de temps teintée d’un rouge marron est à présent d’un joli bleu gris, plus proche du vert canard en fin de journée (Les esprits perspicaces noteront que les photos de ce billet ont été prises à deux moments différents).

Le bâtiment étant en réfection, on pourrait se demander si ce n’est qu’une couleur provisoire mais il semble que ce sera plutôt la couleur pour les années à venir.

Le bâtiment est assez exceptionnel car la façade est entièrement métallique, avec de grands panneaux rivetés, et de très nombreuses baies.
Le cinquième niveau et ses très larges bow-windows marie à merveille la légèreté des courbes avec la robustesse du matériau employé.

Le sixième niveau, en revanche, est réalisé en brique vernissée, dont l’usage est courant à cette époque :

Enfin, comme on le voit sur la deuxième photo de ce billet, les baies du rez-de-chaussée, en bois, sont décorées par quelques volutes, mais il faudra être patient pour les voir dans leur intégralité. Vivement la fin des travaux !

Et l’architecte dans tout ça ?
L’architecte est Georges Chedanne (1861 – 1940), bien que certains hésitent à lui attribuer cette réalisation.
Il a également réalisé l’Élysée Palace hôtel sur les champs Elysées, l’hôtel Mercedes rue de Presbourg (aujourd’hui siège d’un grand groupe), le Grand Hôtel Château Perrache à Lyon, le Riviera Palace à Monte-Carlo, l’ambassade de France à Vienne… ou encore l’un des immeubles les plus fréquentés de Paris : Les Galeries Lafayette.
Il participa en effet, dès 1908, avec Ferdinand Chanut, à la conception du grand magasin lorsque celui-ci, succès oblige, s’agrandit sur le bvd Haussman et les rues La Fayette et Chaussée d’Antin.

Un reflet

Voici une petite photo prise il y a quelques temps…


Et voici la même chose, sous un autre angle.

Cette photo a été prise… oh et puis non… on va jouer un peu le temps que je rédige le billet… Saurez-vous me dire où elle a été prise ?

35 rue Faidherbe (75012)

L’immeuble du 35 rue Faidherbe aurait pu passer inaperçu à mes yeux hier, avec sa façade classique…


Mais mon regard s’est porté sur les consoles…
Pour y découvrir ça :
Mais oui ! Des chardons sous le balcon !

On en trouve même de deux styles, selon qu’ils se trouvent sous le balcon situé au deuxième étage (cf. ci-dessous) pour soutenir l’encorbellement, ou sous les fenêtres et balcons du 3ème étage pour décorer les corbeaux :

C’est bien, dorénavant j’ai du vocabulaire, j’espère juste l’utiliser correctement.

Erratum du 10 octobre : c’est au numéro 35 pas au 36.

2 rue Saint Lambert – 75015 Paris

Après 12 jours à avoir habité métro Convention, je reviens enfin sur mes balades dans le quartier…

Evidemment, ce n’est pas le bâtiment le plus intéressant de la rue Saint Lambert – et encore moins du quartier, mais on y trouve ceci au numéro 2 :


…Étrange fresque en céramique d’inspiration Art Nouveau, sorte de plagiat de Mucha signé « Créé – Paris »… Étonnant non ? Quelqu’un a une information à fournir ?

41 rue de Bagnolet – 75020 Paris

41 rue de BagnoletJ’ai habité rue Ligner (une petite rue en U frôlant le Père Lachaise au sud) il n’y a pourtant pas si longtemps : il y a 4 ans. Ne levant pas forcément les yeux à l’époque, sur les constructions un peu anciennes, je n’avais jamais remarqué le bâtiment faisant le coin de la rue de Bagnolet, c’est à dire au 2, rue Ligner41, rue de Bagnolet.

Il faut dire que la rue Ligner est très étroite (et par conséquent le manque de recul dessert l’immeuble de ce côté), et que côté rue de Bagnolet, il n’y a rien qu’une étroite façade éclectique sur deux travées (cf photo ci-contre).

Mais en me promenant, récemment, j’ai remarqué les ferrures de la porte, constituée de fleurs d’arum.

41 rue de Bagnolet

Évidemment, une telle décoration ne pouvait que m’intriguer et je me suis un peu approché, pour découvrir que l’immeuble était signé… Champy ! Champy ? Oui, Champy, l’architecte du 10 rue Belgrand.

Trouvant bien fade la façade de ce 41 rue de Bagnolet, j’ai évidemment tourné dans la rue Ligner, et là, ce fut beaucoup plus intéressant. Car de ce côté, le bâtiment n’est pas du tout symétrique :

Le côté droit (faisant l’angle avec la rue de Bagnolet) n’a qu’une travée de petites fenêtres, tandis que celui de gauche a deux travées dont l’une est constituée de grandes fenêtres partant du sol (et pas alignées sur les autres). Ces deux côtés sont séparées par un renfoncement (y a-t-il un terme pour ça ?) de trois fenêtres. On constate également que les deux derniers étages ne sont pas construits de la même manière, et que deux fenêtres ont un balconnet blanc (en béton ?) :
Mais l’élément le plus amusant de ce côté est sûrement cette petite porte :

Je réalise qu’il manque une photo rendant vraiment compte de l’intégralité de la façade, qu’il aurait fallu prendre de biais étant donné le peu de recul pour admirer la façade. Mais vous ne m’en voudrez pas, n’est-ce pas ?
Il est également noté sur le bâtiment le nom « H.D. de Folleville », nom probable de l’entrepreneur, puisque le propriétaire, d’après « paris en construction » s’appelait Chauvard. Ce même « paris en construction » m’a appris que l’immeuble date de 1911. Or celui de la rue Belgrand date de 1900 : l’artiste se serait donc assagi au fil des ans, ou ces propriétaires là auraient été simplement plus classiques, dans la logique de l’intérêt pour l’Art Nouveau, en déclin à cette époque ?
J’ai en tout cas envie d’aller voir de plus près les autres constructions de cet architecte… Affaire à suivre.

NB. Si vous connaissez un site web avec le vocabulaire de l’architecture (accompagné d’illustration), merci d’avance pour l’info !

Un balcon – 27 rue de la Chine

Je travaille rue de la Chine, bordée principalement d’immeubles éclectiques et Art déco. Mais l’Art nouveau y a bien sa place à plusieurs numéros, j’en parlerai sûrement à l’occasion d’un « billet-promenade »… en attendant que le mateur de nouilles présente le numéro 1 ?
J’ai beau connaître la rue par cœur, j’ai découvert aujourd’hui l’existence d’un balcon au numéro 27… un long balcon sur 4 travées : il suffisait de lever un peu le nez.

L’immeuble date de 1910. De facture classique, la façade est constituée de briques à partir du deuxième étage, avec une alternance de types décoratifs qui lui offre une certain originalité. Son architecte est un certain Benoist (Emile, peut-être ? Le nouveau blog du mateur de nouilles nous le dira peut-être…).

Mise à jour du 15 février 2008 : Oui, c’est bel et bien Émile Benoist l’architecte, puisque j’ai contaté hier qu’il était l’auteur d’un immeuble similaire au coin de la rue des Rigoles et de la rue de l’Ermitage.

7 rue des Fêtes – 75019

Après la toute petite balade dans le quartier dimanche, je reviens comme prévu sur une des plus intéressantes façades du quartier, située au 7 rue des Fêtes, dans le 19ème arrondissement. Cette petite rue est située entre la rue de Belleville et la place des Fêtes.

Coincée entre deux immeubles contemporains et pas très jolis on remarque d’abord de loin les courbes de la façade, créant une continuité entre les encorbellements et la partie principale de la façade. Mais inutile de s’approcher beaucoup pour voir, ici ou là, les peu nombreuses mais imposantes (et très belles à mon goût) sculptures aux motifs de chardons décorant la façade.

On en retrouve tout d’abord au premier étage à la base des encorbellements :

Il faut ensuite lever la tête – malheureusement on a peu de recul lorsqu’on est face au bâtiment – pour voir les éléments supportant le balcon du quatrième étage :

Et enfin, levons encore un peu plus la tête : des petits éléments décoratifs agrémentent le dessous des lucarnes.
Ce sont également des chardons que l’on retrouve sur les ferronneries. On en retrouve de deux types :

Quant à la porte, est-elle d’origine ?

D’aspect plus récente, elle contient les initiales AB… Pour qui ? Pourquoi ?

Ce ne sont pas les noms de l’entrepreneur ou de l’architecte qui nous fourniront un indice, puisque les inscriptions sur la façade nous informent sur les noms :
– du constructeur : F. Henry
– de l’architecte : H.G. Richter

Je n’ai pas trouvé d’information sur ce H.G. Richter, donc je crains que mon billet ne se termine ici…

Mise à jour du 6 février : lisez le commentaire… et remercions le mateur de nouilles pour ses informations.

Un tour dans le 19ème : entre la rue de Belleville et la rue de Crimée

Ce dimanche après-midi, malgré des températures extérieures un peu fraîches, j’ai décidé de refaire un tour dans le quartier, à la recherche d’éléments que j’aurais peut-être manqué…

J’ai donc d’abord découvert un petit appui de fenêtre au 2ème étage du 6 rue de la Palestine :
6 rue de la Palestine

30 rue des solitaires - façade Puis j’ai retrouvé la joli façade du 30 rue des Solitaires, avec son gros cabochon et ses grès :
30 rue des solitaires - cabochon
La rue étant très peu profonde, on a du mal à voir ce que représentent les grès tout en haut, mais ils semblent être des feuilles de chardons.

Au 36 de cette même rue, rien d’extraordinaire mais les ferroneries des portes ont des motifs d’iris. Les deux entrées sont différentes, et les portes ne semblent pas d’origine :

Les appuis des fenêtres ont quant à eux des lignes très simples :

Je me suis alors rendu jusqu’au 7 rue des Fêtes, où il y a cette très belle façade… aux chardons sous les balcons. Elle mériterait vraiment un ravalement pour être remise en valeur… et elle méritera, dans les jours qui viennent, un billet rien que pour elle.

J’ai alors décidé de prendre la rue de Crimée, pourtant bordée d’immeubles modernes. Mais bien m’en a pris, car j’ai découvert un bel immeuble au 9 rue de Crimée… et surtout une très belle porte sans laquelle mon regard ne se serait peut-être pas arrêté là:
Les grès entourant la porte représentent de la vigne. Ils sont signés « Gentil et Bourdet »… dont Le mateur de nouilles parle à plusieurs reprises sur Paris 1900.

Certains grès de la façade semblent être justement les mêmes que ceux de la rue des Solitaires, ceux-là même que l’on distingue difficilement faute de recul :
On trouve un autre type de frise de grès, sous la corniche. Cette fois, ce sont des ondulations au milieu desquelles apparaissent des fleurs de nénuphars. L’architecte est Lucien Paillard, dont je n’ai pas trouvé trace sur le web ou dans mes quelques ouvrages. J’aime aussi beaucoup les ferroneries des fenêtres, déjà repérées sur d’autres façades. Les motifs d’ombelles sont assez délicats et me font penser, à chaque fois que je les vois, à un peigne de Lalique créé vers 1897. Cette plante a d’ailleurs inspiré la plupart des artistes de l’école de Nancy (Gallé, Vallin…) :
9 rue de Crimée - ferronneries en ombelles

 
Un petit détour final par la rue des Annelets, où le numéro 31 est en travaux mais où la porte est restée en place (le propriétaire a peut-être envie de la conserver ?) :
31 rue des Annelets

…Et enfin par la rue de l’Encheval, où la plupart des bâtiments date des années 1900. Le bâtiment le plus intéressant de cette rue est au numéro 12. La façade est décorée de nombreux cabochons aux 1er et 4ème étage, et sous le bacon du 5ème étage se trouvent des tournesols sculptés :

Mais le motif principal est le marronnier, que l’on retrouve sur les (extrêmement communes) ferronneries des fenêtres, mais également sur la porte, et surtout dans le hall. Je n’y suis pas entré aujourd’hui, mais la dernière fois la porte était ouverte. Les moulures comme le sol représentent les feuilles et fruits de cet arbre :

A noter que les appuis de fenêtre du rez-de-chaussée, eux, n’ont rien à voir avec le marronnier :

Voilà, je terminerai par signaler la présence, au 8 rue Fessart, qui fait le coin de la rue de la Villette, d’un immeuble très original des architectes A. et M. Turin. Le bâtiment, de 1909, s’inspire de l’Art Nouveau, du Moyen-Age… :


Et pour finir : le parcours du jour :

(plan d’origine provenant du site de la Mairie du 19ème)

Question pour un habitant du 20ème

L’un de mes lecteurs saurait-il situer cette maison ? Ce n’est pas un quizz pour gagner un lot, c’est une question sérieuse, on recherche cet endroit, l’adresse étant cachée par le timbre :

Mise à jour du billet le 21 janvier – 21h15 : Merci à Olivier (cf. les commentaires) pour sa réponse : cette maison était rue d’Annam.

La Mouzaia : juste une petite porte

Le quartier de la Mouzaia, situé dans le 19ème arrondissement, a été construit à partir de 1900 jusqu’en 1940. Il est constitué de maisons, la plupart d’un étage seulement (j’ai lu que les carrières en sous-sol fragilisait trop le sol pour supporter de trop lourdes constructions). C’est un lieu agréable pour une promenade, ce le fut en tout cas pour moi quelques fois. Evidemment, j’en avais profité pour fouiner et découvrir un peu d’Art nouveau, mais… mais non rien.

… Presque rien ! Un bel élément Art nouveau est présent dans ce quartier : une très belle ferronnerie de porte :

ferronnerie Art nouveau, quartier La Mouzaia

…On s’en satisfera, non ?

…. Suite aux commentaires ci-dessous – mise à jour du 19/01 – 16h30 :
Nous voilà donc avec du Guimard au 2, rue de la Fraternité !
Il y a aussi les fenêtres du n° 6, avec des feuilles de marronnier, ce qui est très classique à l’époque mais ça permet de comparer la délicatesse de Guimard avec le reste. Cela dit les lignes sinueuses sont assez différentes de ce que l’on voit habituellement :
ferronnerie Art nouveau, quartier La Mouzaia

8 rue Mélingue – 75019 Paris

8 rue mélingue, façadeLa rue Mélingue est une petite rue qui débouche sur la rue de Belleville à proximité de la station de métro Pyrénées. Au numéro 8 se trouve un immeuble construit en 1901 par l’architecte Eugène Kuentzmann.

La très belle façade est de facture relativement classique. On pourrait donc passer devant le bâtiment sans y prêter attention si la fenêtre centrale du premier étage n’accrochait pas l’oeil par sa forme et par les deux éléments décoratifs en-dessous de celle-ci.

Mais c’est surtout l’entrée qui est à mes yeux un joli bijou. Elle est composée de quatre panneaux de céramiques aux motifs fleuris et de beaux cabochons bleu turquoise. Les quatre panneaux de l’entrée sont tous les quatre différents, ils représentent des dahlias aux belles couleurs vives dans les teintes rouges et jaunes. Ils sont bordés verticalement par des carreaux de faïence, aux couleurs moins vives représentant des brins de muguet.
8 rue Mélingue, entrée

8 rue Mélingue, entrée

Le nom des céramistes est inscrit au coin de l’un des panneaux : Ébel et Cazet.
8 rue Mélingue, céramiste Ebel et Cazet

Au centre de chaque côté de l’entrée, il y a également un petit élément de céramique, et l’on retrouve des éléments plus ou moins similaires sur la façade, sous les fenêtres du 4ème étage (cf. ci-dessous) et en haut des colonnes qui bordent la porte (cf. ci-contre) … des colonnes de style… euh… égyptien, non, un peu ?

La chance que l’on a c’est que la grille qui donne sur la rue de ferme pas – du moins elle ne fermait pas les deux fois où j’y suis allé. De toute manière cela reste une grille ajourée et l’on peut admirer sans problèmes cette entrée depuis le trottoir. Malheureusement quelques cabochons manquent et les boîtes-à-lettres masquent une partie des panneaux de gauche.

Guimard en son jardin

Le Cercle Guimard proposait jusqu’au 2 septembre une visite guidée intitulée « Guimard en son jardin – visite guidée dans le quartier d’Auteuil »…

Durant les deux heures de la visite, les guides nous ont présentés l’éventail des style architecturaux contemporains de Guimard, donc jusqu’à la fin des années 1920, et l’on a passé autant de temps à parler de Boussard ou de Mallet-Stevens que de celui qui nous avait fait venir. Intéressant de replacer l’oeuvre de Guimard dans le foisonnant contexte architectural de l’époque, mais un peu décevant de ne pas avoir une once d’explication sur les immeubles de la rue Agar ou de ne pas avoir faire un détour par le 122 avenue Mozart.

Tout de même, positivons : en plus de l’hôtel Mezzara (60, rue La Fontaine, lieu de rendez-vous et seul bâtiment public dont visitable construit par le maître), les autres bâtiments guimardiens qui nous ont été présentés sont le 18 rue Henri Heine, un hôtel particulier datant de 1922 au 3 Square Jasmin, et le magnifique Castel Béranger (14, rue La Fontaine), qui avait gagné en 1897 le premier concours de façades de la Ville de Paris.
Décevant aussi le niveau sonore de la voix de la guide : il fallait tendre l’oreille… L’autre guide était en revanche audible (et intéressant).

Voilà voilà, la visite a quand même été intéressante pour le point de vue global sur l’urbanisme parisien, de Haussmann aux années 1920. Le Cercle Guimard devrait simplement être plus précis sur leur site pour prévenir leurs futurs « visiteurs guidés ».