Archives de catégorie : Promenades européennes

Rome – ministero per la grazia e giustizia.

Si les photos romaines ayant fait l’objet d’un billet fin mars m’avaient surpris lorsque je les ai retrouvées, celle qui est à l’origine de ce billet ne s’était pas effacée de ma mémoire depuis un an. Du moins… pas complètement. Car il me fallut un peu de recherche pour retrouver le nom du bâtiment qui arbore ce type de décor sur ses façades :
Rome
Et c’est bien sauf erreur le ministère de la justice, situé à proximité de la synagogue (elle-même datant de 1904 et de style floreale si je ne m’abuse), qui est représenté ici. Malheureusement, la découverte de ce lieu était arrivée après une très longue journée à marcher et à prendre des photos, je n’ai donc fait qu’un seul cliché… mais tout à fait représentatif, car on retrouve ces fresques féminines tout le long du bâtiment.

Mes recherches ayant été peu fructueuses, si vous avez plus d’info…

Balcons du Salento

Les ferronneries industrielles de type Art Nouveau sont assez nombreuses, en France, sur les bâtiments de l’époque, mais on retrouve toujours un peu les mêmes, avec fleurs d’iris ou surtout feuilles de marronniers. On les a pour la plupart déjà aperçues sur ce blog.

J’ai remarqué à Lecce et à Corigliano trois balcons identiques, en plus ou moins bon état. Les voici :

Celui en meilleur état est sur la piazza San Nicola à Corigliano :

Le jeu, pendant mes prochaines vacances là-bas, va-t-il être de répertorier leurs jumeaux ?

Corigliano d’Otranto

Me voici de retour de vacances… Pour ceux qui l’ignorent, j’étais dans le Salento, tout là-bas en bas du talon de la botte italienne, petit coin des Pouilles dont la ville principale est Lecce.
Résidant à Corigliano d’Otranto pour ces vacances (et pour les prochaines en août), je me suis un peu promené dans les rues, et comme dans de nombreux villes et villages du Salento on retrouve ici et là quelques détails de style Liberty disséminé sur les façades. J’avoue ne pas avoir tout photographié, surtout parce que j’en ai repérés alors que nous circulions en voiture. Mais cela me permettra d’avoir de nouvelles choses à montrer en septembre…

Voici donc un linteau dans le style « liberty » assez représentatif du style local, quelques éléments floraux et/ou géométriques se glissant dans une base décorative classique.

Roma – piazza del Parlamento

Je n’ai pas eu le temps, ces derniers jours, de mettre en ligne le moindre billet. Mais en fouillant dans mes photos italiennes, j’ai trouvé deux photos d’un bâtiment de la piazza del Parlamento à Rome. Le bâtiment est des plus éclectique :

… Mais il arbore ici ou là quelques éléments floraux, tel que cette jolie frise qu’on peut admirer à hauteur du haut de la porte :

Je n’en sais pas plus sur le bâtiment, mais décidément Rome regorge de surprises…

Lecce – 1ère visite

Lecce, ville principale du Salento dans le talon de la botte italienne, est connue pour ses bâtiments baroques.
Ce petit bijou du Sud de l’Italie, appelée parfois la Florence du Sud, abrite également quelques ouvrages des années 1900.
Le bâtiment de cette époque le plus connu est l’église S. Antonio a Fulgenzio frati minori : construite de 1901 à 1910 dans un style néo-gothique, sa particularité sont les fresques recouvrant la quasi intégralité de l’église, peintes par le père Raffaello Pantaloni.

Mais la ville possède quelques bâtiments « vraiment » Art Nouveau. Le vraiment nécessite des guillemets, car leur structure principale reste classique – point de façade ondulant ou de dissymétrie flagrante. On peut imaginer que les propriétaires et les architectes de l’époque n’ont pas voulu brusquer l’harmonie de la ville… mais ce n’est qu’une supposition : combien d’architectes de l’époque, en France ou ailleurs, n’ont glissé que quelques détails ARt Nouveau dnans leurs constructions.
Bref… Les éléments « floreale » se retrouvent donc simplement et discrètement sur les balcons, les colonnes ou en simples volutes décoratives sur les murs, tel à ce coin de rue proche du meilleur glacier de la ville :

Voici un autre exemple plus « fourni » (tout est relatif), qui était en travaux lors de mes dernières vacances là-bas (en août 2006). On racontait alors qu’un restaurant allait s’y installer. J’y retournerai peut-être lors de mes courtes vacances d’avril là-bas, plus probablement en août.


L’une des façades présente un porche et un balcon aux formes et dimensions similaires. Aux coins de ceux-ci on (cf. ci-contre) des éléments décoratifs semblant représenter des plumes… je ne vois pas trop quelle plante ce pourrait être. Les autres éléments sont beaucoup plus géométriques, tels les consoles, ou les percées sur les côtés, telle celle que l’on voit ci-contre.

Le balcon, que l’on retrouve aussi sur l’autre façade, est un alignement de fleurs (des tournesols semble-t-il) agrémenté de lignes s’entrecroisant :

Restent, comme autres éléments décoratifs, des marguerites et des fleurs sous la corniche. On voit là encore un mélange avec des éléments géométriques et même des cornes d’abondance représentatives de styles bien plus anciens.

Je présenterai dans d’autres billets d’autres constructions Art Nouveau de la région… des constructions moins classiques…
A suivre…

Pampelune

Pampelune, ancienne capitale du royaume de Navarre, mérite un détour pour sa splendide cathédrale gothique autour de laquelle gravite un joli centre-ville.

Juste un peu d’histoire…
Après quelques négociations ardues avec l’armée, la Mairie de Pampelune a obtenu en 1888 une autorisation pour réaliser le premier élargissement de la ville, encore dans l’enceinte entourée de murailles, mais dans des terrains contrôlés par les militaires. Cet agrandissement de la zone habitable a obligé à abattre les remparts de San Antón et la Victoire, et le rebellín de Sainte Teresa, mais a permis à la ville de s’offrir un petit ravallement architectural.

Le centre-ville abrite donc de petites rues d’époque, où se succèdent bow-windows, façades colorées, bow-windows et… façades colorées. Un vrai régal… où les tuyaux de gaz règnent cependant plutôt en maîtres sur les façades. En dehors de ce régal, l’histoire de l’architecture a évidemment laissé ses traces, avec par exemple l’hôtel de ville et sa façade baroque, la plaza del Castillo (aux bâtiments du 18ème mais avec la façade rococo du café iruña), les imposantes arènes ou la citadelle dont la construction s’est terminée vers 1650.

Et l’art nouveau dans tout ça ?
On en trouve quelques éléments aussi bien vers la Calle Mayor que vers la plaza del Castillo (telles ces deux devantures), mais ça reste discret :


Allez, un petit diaporama (un peu de tout, je ne suis pas sectaire) pour donner une idée de ces jolies rues…

Un petit souvenir de Rome

Au hasard de mes deux séjours à Rome, d’une petite semaine chacun, j’étais suffisamment émerveillé par la beauté de la ville pour ne pas rechercher particulièrement les éléments d’architecture Art nouveau, nommé plutôt Liberty car ce style londonien y était très apprécié à l’époque. Mieux vaut pour cela se rendre à Milan,Turin (où eut lieu l’Exposition Internationale des Arts Modernes et Décoratifs de 1902) ou encore par exemple Lecce dont j’aurais l’occasion de parler une autre fois.

Néanmoins, j’ai ramené de ces séjours une photographie d’une jolie frise de coquelicots.
Coquelicots romains

Il y a probablement d’autres exemples dans la capitale romaine, puisque un ouvrage existe sur ce thème… Mais il fait peut-être plutôt référence au quartier de Coppedé que je n’ai pas visité, construit à partir de 1915 et influencé par de nombreux styles.

Un petit tour à San Sebastian

Tous les ouvrages sur l’Art nouveau, à la rubrique « Espagne », mettent l’accent sur Barcelone. Et pourtant…

Détruite par un incendie en 1813, lors de la Guerre avec la France, la vieille citée de San Sebastian s’est recontruite. Mais, en 1854, la ville devient capitale du Guipuzkoa, et par conséquent le centre administratif et financier de la province. S’en suit alors le démantèlement des murailles pour rompre avec son rôle militaire, et pour également répondre à la demande de la population.
Le 30 juillet 1862, la mairie lance un concours pour l’extension de la ville. C’est l’architecte Antonio Cortazar qui reçoit le premier prix avec son plan pour la nouvelle ville – un plan qui par la suite subira quelques modifications. En plus du développement urbain, la construction de la gare ferroviaire était un élément primordial avec lequel il fallait aussi compter, car la ville se situait sur l’axe Paris Madrid.

C’est en 1864 que commence la construction du nouveau quartier, de pair avec la consolidation des berges du rio Urumea… et l’intérêt que la Reine porte à la cité balnéaire ! (La ville de Biarritz, au Pays Basque français, vivra un développement comparable grâce à l’intérêt de l’impératrice Eugénie.) Au fil des ans, la ville s’étend vers le Sud-Est, et le barrio romantico se développe en rues de configuration quadrilatérale. On y retrouve toutes les influences possibles de l’époque, dont le style Art nouveau, appelé « moderniste » ici. Si le kiosque à musique du boulevard est typique de la Belle Epoque, la cathédrale du Buen Pastor, érigée en 1897, est de style néogothique, et le pont Maria Cristina, de 1905, est encadrée de quatre tourelles tarte-à-la-crème, mais bordé de lampadaires surplombés de dragons.

C’est justement au Sud de ce pont que l’on retrouve un quartier déroutant. Si le guide vert vous conseille (à juste titre) de parcourir la rue Urubieta puis la calle Prim (néo-baroque au n°21, Renaissance au n°7, mais moderniste aux 10 et au 25) surtout, ne vous limitez pas à cette dernière artère. En vérité, quelques rues seulement arborent des éléments Art nouveau plus extravagants les uns que les autres. On n’est pas dans la délicatesse d’un Horta ou la beauté d’un Guimard, mais on est (en tout cas je l’ai été) complètement abasourdi par tout le fait que tout cela soit rassemblé ainsi.

Malheureusement, les façades n’arborent pas les dates de construction ou noms des architectes. Il faudra probablement se référer à un Guide sur l’architecture de San sebastian, rédigé par Miguel Sesé.

De nombreux autres bâtiments méritent un coup d’oeil dans cette si belle ville basque. Entre autre le théâtre Victoria Eugenia : le pavillon d’Espagne avait tellement fait sensation à l’exposition universelle de 1900, que la conception du théâtre fut confiée, en 1908, à l’architecte Francisco Urcola, qui imposa un style dit « néoplateresque » à ce bâtiment qui fut inauguré le 20 juillet 1912… en l’absence de celle qui lui avait donné son nom. Vrai malaise ou caprice ?