Archives de catégorie : Promenades européennes

Livre « L’Art nouveau en Poitou-Charentes »

Vous connaissiez peut-être le site sur l’Art nouveau en Poitou-Charentes, voici le livre !

La Direction Régionale des Affaires Culturelles et les Villes et Pays d’art et d’histoire de Poitou-Charentes ont en effet lancé récemment une nouvelle collection : « Laissez-vous conter le Poitou-Charentes ». La première publication est consacrée à l’Art Nouveau.

Voir le carton de présentation (pdf ; 1,3 Mo)

Il est toujours bon de voir paraître des livres portant un regard un peu différent sur des sujets à la bibliographie déjà relativement imposante. Pour l’Art nouveau, la liste des ouvrages spécialisés (généralistes, monographies…) est suffisamment complète pour remplir une étagère de votre bibliothèque, n’est-ce-pas ? Voici donc un oeil posé sur les architectes locaux, n’ayant laissé nulle trace dans les livres, les cours d’histoire de l’architecture ou les mémoires, architectes qu’on imagine avoir feuilleté avec grand intérêt les catalogues de leur époque, rêvant d’un riche industriel leur commandant une résidence secondaire. Bref…

L’ouvrage est très complet, allant au-delà de l’architecture avec par exemple la production de papier à Angoulême ou les collections des musées. Les principales constructions sont ici référencées, mais bien évidemment honneur est fait aux petits détails voire aux éléments de fabrication (très) industrielle qui distillèrent (vocabulaire pas uniquement cognaçais) l’Art nouveau sur nombre de façades voire de façadounettes tristounettes.

L’ouvrage est tellement complet que j’ai pour l’instant lu uniquement quelques pages… en particulier celles concernant les constructions dont j’ai déjà parlé ici. Le livre offre en effet moultes informations complémentaires et autres précisions affinées par un vocabulaire de spécialistes. (D’ailleurs ce blog, oui oui ce blog là que vous lisez là maintenant, a l’honneur d’être cité dans la webographie… flatté me voici !)

J’ai surtout feuilleté les 168 pages à la recherche de quelques surprises visuelles – car il y a beaucoup de photos ! Notons par exemple la villa La Brise à La Rochelle, véritable hymne aux champignons, la villa Les Iris à Niort ou un portail à Champdeniers très tournicotesque…

En tout cas, voilà un ouvrage à offrir ou à vous faire offrir à Noël !

NB. Un tout petit reproche sur la maquette, un peu difficile à lire. Un double colonnage et une gouttière centrale plus large auraient rendu la lecture plus agréable. À corriger pour le prochain ?

Quelques mois d’absence…

Il y a dans les semaines passées depuis février, quatre mois de formation en communication qui m’ont éloigné de ce blog… mais qui m’ont sûrement donné envie de lui redonner corps. Je dis ça à chaque billet, tiendrai-je enfin ce semblant de promesse ? Pour satisfaire votre curiosité, je précise que j’ai passé un Master 1 en « Communication des Entreprises et des Institutions » au Celsa. Pour le Master 2, on attendra un peu…

Bref. Depuis février, j’ai fait deux séjours à Istanbul et à Berlin. Je n’ai pas cherché dans ces grandes villes les vestiges de l’Art nouveau et du Jugendstil local, mais j’y ai vu quelques traces, quelques volutes, quelques lignes. Le musée de Berlin (mais lequel me direz-vous…) a même offert quelques jolies pièces sécessionnistes.

Istanbul :

 

Berlin :

 

 

Fantômes ?

Mes billets, qui me permettent dorénavant, presque à chaque édition, de glisser l’adjectif « sporadique », sont parfois comme des fantômes. Planqués dans les placards, les voici qui, un jour, font surface, comme un drap blanc glissant dans un couloir au milieu des troiles d’araignées en faisant wooouuuhhh et peur aux enfants.*

Tout ça pour en venir à ces quelques photos d’Italie. Quatre ans ont passé depuis mon dernier séjour dans les Pouilles, et les bâtisses Art nouveau du coin étaient toujours en attente d’un petit (ou long) billet pour compléter celui sur Lecce. Bref… C’est vers Nardo, je crois, sur la route qui va vers la mer, qu’on peut apercevoir quelques très belles constructions du début du vingtième siècle. Les styles sont néo-classiques, mauresques, liberty, ou mélangent un peu tout cela… Voici en tout cas des photos des deux plus belles.

 

 

 

 

 

 

Je ne ferai aucun commentaire supplémentaire, mais n’hésitez pas…

Ah si en fait je vais faire un commentaire : la deuxième avait l’air un peu abandonnée, ne me demandez pas si elle l’est toujours.

* On notera au passage l’usage indélicat d’un zeugme. Vous n’êtes pas venus ici pour rien.

Barcelone

Trottoir devant la Casa Batllo

Trottoir devant la Casa Batllo

Barcelone, ah Barcelone ! C’est dans cette cité, en août 2001, que j’ai découvert l’architecture des années 1900, avec la visite du Palau Güell et de la casa Mila et toutes les façades modernistes de l’Eixample ou d’autres quartiers. A l’époque l’Art nouveau m’était étranger, peut-être avais-je aperçu une affiche de Mucha ou un tableau de Klimt ici ou là. J’avais pourtant habité deux mois à Darmstadt en 1997. Bref… il a fallu quelques années de plus pour me pencher sérieusement sur l’Art nouveau et faire le rapprochement avec l’émotion ressentie lors de ces visites barcelonaises.

Pavillon Mies van der Rohe

Pavillon Mies van der Rohe

Mai 2011, presque dix ans plus tard, me revoici dans la capitale catalane pour un week-end seulement. A vrai dire, j’ai également savouré sur place non seulement la gastronomie locale, mais également l’architecture contemporaine (avec en particulier l’hôtel où nous logions) et celle des années 20 avec la visite du pavillon Mies Van der Rohe construit en 1929 pour l’exposition universelle – c’était le pavillon allemand – et reconstruit dans les années 80.

Pavillon Mies van der Rohe

Pavillon Mies van der Rohe

 

 

 

 

 

 

… Splendide ! Mais nous sommes ici pour parler Art nouveau n’est-ce pas…

Lors de ces trois jours, nous avons visité deux lieux modernistes admirables mais très différents l’un de l’autre :
– le Palau de la musica catalana ;
– la Casa Batllo.

Palau de la musica catalana

Palau de la musica catalana

Pour le palais de la musique catalane, nous avons eu la chance d’avoir un guide pour nous tout seuls… Le Palau est l’un des deux seuls lieux de concert Art nouveau dans le monde où se jouent encore des concerts (presque un par jour), l’autre lieu étant la maison municipale de Prague que j’ai justement visitée en mars (et cela mériterait un ou deux billets).

L’endroit est très beau, ma mère vous montrera sa belle carte postale si vous allez la voir, avec une salle de concert grandiose au nombre de sièges impressionnants. Les années 1900, grâce aux progrès techniques, ont offert aux lieux de spectacles des dimensions hors du commun… Ce n’est pas Guimard et son éphémère salle de concert qui nous contredirait.

Façade du Palau de la musica catalana

Façade du Palau de la musica catalana (sous un soleil de plomb)

 

En dehors de l’extraordinaire polychromie du palais, j’ai surtout aimé les personnages féminins se détachant de l’arrière de la scène, offrant une espèce de magie, de présence fantasmagorique… Il faudrait que j’aille me faufiler dans mes souvenirs pour avoir des choses plus pertinentes à raconter, mais contentons-nous de ceci.

Mais le pauvre Palau souffre d’une rude concurrence dans ce billet espagnol. Car malgré la beauté du lieu, il n’y règne pas la folie de la casa Batllo. Sauf erreur elle n’était pas ouverte aux visites en 2001… et en ce 30 mai 2011, jour de mon anniversaire, ce fut un bien beau cadeau. Qu’en dire, sinon qu’il faut le voir pour le croire.

J’avais vaguement vu avant de partir quelques photos de l’intérieur, mais tellement peu que je fus… comment dire… retourné ? C’est plein de surprises, de rondeurs, de poignées à caresser, de boiseries voluptueuses, de sensualité, de couleurs, de féérie, d’humour… J’ai passé mon temps bouche bée ou souriant, comme tous les visiteurs d’ailleurs. Et en même temps c’est une vraie construction, un vrai travail d’architecte, une vraie réflexion sur ce qu’est un lieu de vie. Les puits de lumière ne sont qu’un exemple, mais quel exemple, de la force architecturale de la Casa Batllo.

Ah la la… Quelle émotion, de surcroît la visite est très longue, on se promène dans une très grande partie du bâtiment, jusqu’au toit… Bon allez, je vous laisse avec quelques images, je vais rêver de formes ovoïdes…

 

Barcelona

Je n’ai pas publié sur ce blog la moindre petite photo de Prague où je suis allé récemment, mais je viens de passer deux jours à Barcelone, où j’ai visité le musée de la musique catalane et la Casa Battlo. J’étais allé à Barcelone en 2001, et j’ai pu voir cette fois deux lieux que je n’avais pas visité alors… C’était tout simplement merveilleux !

Allez, à très vite pour d’autres photos…

Rotterdam

J’ai passé le week-end à Rotterdam, ville connue pour son architecture contemporaine. J’ai pourtant pu, durant ces 48 heures, croisées un peu d’Art nouveau sur mon chemin. Cela a commencé le premier soir avec deux façades discrètes mais je n’ai pas sorti mon appareil photo à ce moment… à tort !

L’art nouveau a eu d’abord sa place au musée Boijmans Van Beuningen, avec une jolie collection de vases et autres objets décoratifs de Daum, Lalique, Tifany… ou encore J. Loetz Witwe (vous le connaissiez, vous ?)… Le musée possède également quelques toiles de cette période, en particulier :
– un très beau tableau d’un peintre dont j’ignorais l’existence : Georges Hendrik Breitner. Ce tableau de 1893, intitulé La boucle d’oreille, représente une femme élancée mettant sa boucle d’oreille, elle est près d’un paravent japonisant dans une longue robe aux motifs délicatement fleuris.

– un Jon Toorop avec deux oeuvres : La nouvelle génération, 1892 et Trio fleuri, de 1895

Il y a sûrement quelques impressionnistes mais j’avoue avoir oublié (et je n’ai pas pris de notes). Je crois aussi qu’il y a un Kokoschka. Bref…

Le clou 1900 du week-end sera l’Hotel New York… qui est un hôtel mais aussi un très agréable restaurant. Le lieu était au début du 20ème un lieu où se reposaient ceux qui partaient pour l’Amérique. Arrivés à Ellis Island, il fallait en effet être en bonne santé pour ne pas être renvoyé dans son pays d’origine ! La bâtisse presque cubique, attire l’oeil de loin en raison de ses deux clochetons 1900 (on en devine un sur la photo):
Rotterdam - hotel New york Mais c’est surtout le hall de l’hôtel qui mérite le coup d’oeil, avec en particulier la rampe d’escalier :


Voilà, je conseille en tous les cas à ceux qui désirent aller à Rotterdam d’aller visiter la Villa Sonneveld, construite en 1933 et meublée époque. Aucun rapport avec l’Art nouveau, si ce n’est une rampe d’escalier tout en ondulations, mais qui aime le modernisme du style 1900 aime forcément celui de cette époque… ou en tout les cas s’y intéresse.

Biennale Art nouveau à Bruxelles

Dois-je rappeler que la biennale de l’Art nouveau a lieu en ce moment à Bruxelles ?
Il reste encore deux week-end de ce mois d’octobre pour profiter des nombreuses visites organisées par l’association « Voir et Dire Bruxelles« 
. Pour sa cinquième édition, cet événement s’ouvre même à l’Art déco.
Je n’ai pas le temps d’en dire plus, mais vous trouverez plus d’informations sur : http://www.voiretdirebruxelles.be/biennale.

Pour ceux qui s’interrogent, je précise que non, je n’irai malheureusement pas… Mais voici pour illustrer deux photos souvenirs de mon week-end bruxellois de 2004 :


Modène (Italie) – Piazza Mazzini, 10

porte liberty, Piazza Mazzini, ModenaEn triant mes photos des séjours réalisés depuis l’automne, j’ai réalisé que j’avais oublié les clichés d’une jolie façade à Modène, située elle aussi Piazza Mazzini, au numéro 10.

Je sortais alors d’un déjeuner typique (tortellini et escalope de veau au vinaigre balsamique, mais ce genre d’informations mériterait plutôt sa place sur un autre de mes blogs)… Si je me souviens bien, je crois que j’ai au départ remarqué la porte (ci-contre).

Mais j’ai ensuite levé les yeux et découvert ceci :

Piazza Mazzini, Modena, façade Art nouveau

De bas en haut, nous avons donc…

Des garde-corps ondulant au 1er étage :
Piazza Mazzini, Modena Un très joli relief de feuilles et de fruits (mais lesquels ?) toujours au 1er étage :
Piazza Mazzini, Modena
Un très joli balcon sous les fenêtres des deux travées centrales :
Piazza Mazzini, Modena

On remarque d’ailleurs des sculptures végétales sur les consoles, sur le balcon et sur les consoles de la corniche, mais je n’arrive pas trop, là non plus, à voir ce que c’est…

Et enfin au dernier étage, un frise de fleurs en relief… Peut-être l’élément décoratif en trop ? On est loin de l’Art nouveau en tout cas, les blasons (vides) et étendards au milieu des roses n’étant de tout façon pas du tout « liberty ».
Piazza Mazzini, Modena, frise florale du 4ème étage

Les lecteurs exigeants (à juste titre !) et assidus auront remarqué que je reprends l’habitude de mettre certaines photos cliquables pour les voir en plus grands ! Si ces mêmes lecteurs ont une idée de ce pourrait représenter la frise du première étage… qu’ils usent du commentaire !

Sinon évidemment, à l’automne, il y avait aussi eu Nancy et Liège, et je vais me secouer pour revenir sur ces deux destinations complètement Art nouveau et au style complètement différents…

Madrid – calle de las Infantas, 23

Dans le quartier de Chueca, mais cette fois à l’opposé de la rue Fernando VI, se trouve un bâtiment dont les ferronneries m’avaient tapé dans l’oeil lors de ma première virée nocturne madrilène. Je n’avais alors gardé en souvenir photographique que les motifs floraux de la porte d’entrée… Des motifs pas vraiment intéressants au demeurant.

Le lendemain, j’ai recherché ce bâtiment (non sans mal)… et j’ai fini par le trouver, calle de las Infantas :


J’ai pu confirmer que les ferronneries, décorées de fleurs, de lignes à la fois en coup de fouet et de motifs géométriques (traits et cercles), méritaient leur place ici :

Deux bow-windows aux grandes baies vitrées viennent joliment agrémenter la façade :
… avec, à leur verticale, des fenêtres arrondies au dernier étage, presque noyées au milieu de sculptures alambiquées :

Ce mélange m’a d’ailleurs un peu rappelé certaines constructions liberty vues dans les Pouilles…

Voilà, comme je n’ai aucune information sur ce bâtiment… et bien… nous allons en rester là !

Madrid – Calle Fernando VI, 4

Avant de me rendre à Madrid, on m’avait dit de jeter un oeil au blog Paris1900 pour connaître l’adresse moderniste de la capitale espagnole.
Une fois arrivé à Madrid, j’avais un trou de mémoire concernant l’adresse, jusqu’au moment où, tandis que je me promenais au hasard, j’arrivai calle Fernando VI. Tilt ! L’adresse me revint soudain en mémoire, et je me dirigeai vers le numéro 4…

Et là, quelle ne fut pas ma surprise ! Je ne m’attendais pas, n’ayant lu qu’en diagonale le billet sus-lié, à quelque chose d’aussi imposant.

Je ne vais pas répéter toutes les informations fournies par le mateur de nouilles sur son blog. Vous noterez cependant que la façade a été repeinte depuis la date de ses clichés.
Disons donc simplement que ce bâtiment, appelé Palacio Longoria, abrite depuis 1850 la Sociedad General de Autores y Editores. Il fut bâti par l’architecte José Grases Riera (1850–1919) en 1902-1903 pour Javier González Longoria, un riche financier qui avait parcouru l’Europe. Grases Riera, d’après certains sites web, fut un disciple de Gaudi… mais est-ce bien vrai ?

A présent, plutôt que de décrire cet étonnant décor, frisant le dégoulinant indigeste tout de même de part la taille des ses sculptures, je vous laisse regarder les images…

Et l’intérieur ? D’après le guide « Un grand week-end à Madrid » paru chez Hachette, il est possible de le visiter le 5 octobre. Bon, j’ai tout de même une photo du plafond du hall d’entrée, mais… elle est floue :

Voilà, c’était LE bâtiment Art nouveau de Madrid…

Biennale de l’Art Nouveau à Bruxelles

La prochaine biennale de l’Art Nouveau aura lieu du samedi 3 octobre au dimanche 25 octobre (uniquement les samedis et dimanches).

Lors de la biennale, des visites guidées sont organisées et de nombreux intérieurs bruxellois Art nouveau, habituellement inaccessibles, peuvent être visités : maisons privées, boutiques, écoles…

Le thème cette année : « De l’Art nouveau à l’Art déco ».

Le site web de la biennale n’est pas encore à jour, mais l’édition 2007 permet de se faire une idée des nombreuses visites possibles.

Renseignements :
Voir et Dire Bruxelles
Rue Royale 2/4
1000 BRUXELLES
Tél.:+32 (0) 2 534 68 00

Bologne (Italie) : Palazzina Majani

Je ne suis pas allé qu’à Modène le week-end dernier. Arrivé par avion à Bologne, Marcello m’a fait visiter cette ville vraiment très belle… On n’a pas pu s’y promener longuement, la nuit étant tombée trop tôt, mais… hop, une petite photo en passant.

Ce joli bâtiment floreale situé au début de la via Indipendenza est la Palazzina Majani, réalisé en 1908 par Augusto Sezanne. Il abritait à l’époque un café, un salon de thé et une pâtisserie. Le propriétaire, M. Majani, était directeur d’une entreprise de chocolat.
Ce lieu est considéré comme un des meilleurs exemples de style liberty à Bologne, défini alors par certains comme « una seggiola di Vienna messa lì a urtare le gambe dei passanti ». (Traduction : une chaise de Vienne mise ici pour heurter les jambes des passants… la comparaison avec une chaise venant probablement de la forme du bâtiment, je ne vois pas d’autre explication)
A l’étage supérieur on retrouvait une salle de bal, et la terrasse ouverte où jouait l’orchestre. La palazzina aura été durant la première moitié du 20ème siècle un lieu où se retrouvaient artistes et personnalités logeant à l’hôtel Baglioni tout proche. Malheureusement, l’intérieur a été détruit durant un incendie en 1939.

Aujourd’hui, c’est une marque de vêtements mondialement connu (avec un H et un M) qui profite des lieux.

Source : http://www.bibliotecasalaborsa.it

Modène (Italie) – piazza Mazzini

J’ai visité la jolie ville de Modène ce samedi 8 novembre.
Je n’y allais pas du tout pour y rechercher de l’Art Nouveau, mais tandis que mon ami Marcello discutait avec deux de ses amis, mon regard s’est posé sur ça :


Le haut du bâtiment est également légèrement décoré d’une frise de feuillages, et l’on peut voir (cliquez sur l’image) que les appuis des fenêtres sont également décorés :

Un long moment plus tard, nous sommes repassés à l’autre coin du bâtiment, sur la piazza Mazzini, et j’ai pu découvrir un balcon autrement plus imposant que le garde-corps ci-dessus :

Cette façade reste plutôt stricte, mais j’y ai découvert à proximité un autre bâtiment bien plus joliment décoré… A découvrir très bientôt !

Liège

Suite à mon (superbe) week-end à Liège, voici un petit résumé de l’Architecture Art Nouveau liégeoise…

A l’instar de San Sebastian et Pampelune dont j’ai déjà (brièvement) parlé ici il y a environ un an, Liège a connu un important développement démographique à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle. Industrialisation drainant les populations vers la ville, assainissement des bords de Meuse, voire influence d’un certain Baron Haussmann… la ville se transforma et de nouveaux quartiers résidentiels virent le jour.
L’Exposition Universelle de 1905 fut elle aussi un événement important pour l’urbanisme liégeois, mais il ne reste comme grandes constructions que le très académique Palais des Beaux Arts et le pont de Fragnée que je comparais justement au Pont Alexandre III – toutes proportions gardées, simplement à cause de ses clinquantes dorures – avant d’apprendre qu’il avait été construit dans les mêmes « conditions » que son cousin parisien pour l’expo de 1900. Les années qui suivirent, de nouveaux quartiers prirent encore place.

On retrouve donc dans la cité wallonne de très nombreux lotissements datant des années 1895 à 1910.
Durant ces années, on peut dire pour simplifier que les architectes locaux (Jaspar, Nusbaum, Comblen, Thuillier, etc.) osèrent peu – en particulier sur la structure des bâtiments -, et restèrent très influencé par le style mosan, offrant aux habitants des habitations au style nommé « vieux Liège », la brique rouge pour matériau principal, la brique blanche de Silésie venant se glisser ça et là.
L’Art Nouveau local est donc – à quelques exceptions près – baigné d’une certaine tradition architecturale.
En fait, c’est sur l’aspect décoratif que l’Art Nouveau s’est surtout fait sa place, avec ferronneries en coup de fouet, visages féminins sculptés, sgraffite sous les attiques ou au-dessus des portes en guide d’enseigne commerciale…
D’ailleurs, les boîtes-aux-lettres telles que celle ci-contre sont légion sur les bâtiments de l’époque.

9 rue Ernest de Bavière, Liège - Arch. Barsin 16 rue Grandgagne, Liège - Arch. Devignée
3 rue de la commune, Liège - Arch. Lagasse 10 rue Henri Blès, Liège - Arch. Paul Ledent
51 rue du Vieux Mayeur, Liège - Arch. Nusbaum
Seul Victor Rogister prit le pari d’un modernisme convaincu, et construisit des maisons dont les façades sont influencées par le style Viennois : façades blanches, garde-corps aux lignes droites, baies vitrés circulaires, pilastres décorés de visages fermés. Chacune de ses constructions mériterait (méritera ?) un billet… même celle de la rue Sélys que nous avons manquée et qui d’après nos informations était la plus belle.
Place du Congrès, Liège - Victor Rogister

Voilà un tout petit résumé de ce que j’ai appris sur l’Art Nouveau à Liège, une très jolie ville qui nous aura fait parcourir des kilomètres et des kilomètres. Je reviendrai évidemment sur Liège dans des billets plus précis (et pas uniquement sur Victor Rogister et ses merveilles), par exemple sur Sérurier-Bovy et sa maison qui nous a fait grimper jusqu’à Coigne alors qu’elle est actuellement en réfection, ou avec un billet retraçant notre très intéressante visite guidée en Outremeuse (l’un des quartiers de Liège).

Source : « Une histoire de l’architecture à Liège vers 1900 » par l’absl Ar&fact.

Rome – ministero per la grazia e giustizia.

Si les photos romaines ayant fait l’objet d’un billet fin mars m’avaient surpris lorsque je les ai retrouvées, celle qui est à l’origine de ce billet ne s’était pas effacée de ma mémoire depuis un an. Du moins… pas complètement. Car il me fallut un peu de recherche pour retrouver le nom du bâtiment qui arbore ce type de décor sur ses façades :
Rome
Et c’est bien sauf erreur le ministère de la justice, situé à proximité de la synagogue (elle-même datant de 1904 et de style floreale si je ne m’abuse), qui est représenté ici. Malheureusement, la découverte de ce lieu était arrivée après une très longue journée à marcher et à prendre des photos, je n’ai donc fait qu’un seul cliché… mais tout à fait représentatif, car on retrouve ces fresques féminines tout le long du bâtiment.

Mes recherches ayant été peu fructueuses, si vous avez plus d’info…

Balcons du Salento

Les ferronneries industrielles de type Art Nouveau sont assez nombreuses, en France, sur les bâtiments de l’époque, mais on retrouve toujours un peu les mêmes, avec fleurs d’iris ou surtout feuilles de marronniers. On les a pour la plupart déjà aperçues sur ce blog.

J’ai remarqué à Lecce et à Corigliano trois balcons identiques, en plus ou moins bon état. Les voici :

Celui en meilleur état est sur la piazza San Nicola à Corigliano :

Le jeu, pendant mes prochaines vacances là-bas, va-t-il être de répertorier leurs jumeaux ?

Corigliano d’Otranto

Me voici de retour de vacances… Pour ceux qui l’ignorent, j’étais dans le Salento, tout là-bas en bas du talon de la botte italienne, petit coin des Pouilles dont la ville principale est Lecce.
Résidant à Corigliano d’Otranto pour ces vacances (et pour les prochaines en août), je me suis un peu promené dans les rues, et comme dans de nombreux villes et villages du Salento on retrouve ici et là quelques détails de style Liberty disséminé sur les façades. J’avoue ne pas avoir tout photographié, surtout parce que j’en ai repérés alors que nous circulions en voiture. Mais cela me permettra d’avoir de nouvelles choses à montrer en septembre…

Voici donc un linteau dans le style « liberty » assez représentatif du style local, quelques éléments floraux et/ou géométriques se glissant dans une base décorative classique.

Roma – piazza del Parlamento

Je n’ai pas eu le temps, ces derniers jours, de mettre en ligne le moindre billet. Mais en fouillant dans mes photos italiennes, j’ai trouvé deux photos d’un bâtiment de la piazza del Parlamento à Rome. Le bâtiment est des plus éclectique :

… Mais il arbore ici ou là quelques éléments floraux, tel que cette jolie frise qu’on peut admirer à hauteur du haut de la porte :

Je n’en sais pas plus sur le bâtiment, mais décidément Rome regorge de surprises…

Lecce – 1ère visite

Lecce, ville principale du Salento dans le talon de la botte italienne, est connue pour ses bâtiments baroques.
Ce petit bijou du Sud de l’Italie, appelée parfois la Florence du Sud, abrite également quelques ouvrages des années 1900.
Le bâtiment de cette époque le plus connu est l’église S. Antonio a Fulgenzio frati minori : construite de 1901 à 1910 dans un style néo-gothique, sa particularité sont les fresques recouvrant la quasi intégralité de l’église, peintes par le père Raffaello Pantaloni.

Mais la ville possède quelques bâtiments « vraiment » Art Nouveau. Le vraiment nécessite des guillemets, car leur structure principale reste classique – point de façade ondulant ou de dissymétrie flagrante. On peut imaginer que les propriétaires et les architectes de l’époque n’ont pas voulu brusquer l’harmonie de la ville… mais ce n’est qu’une supposition : combien d’architectes de l’époque, en France ou ailleurs, n’ont glissé que quelques détails ARt Nouveau dnans leurs constructions.
Bref… Les éléments « floreale » se retrouvent donc simplement et discrètement sur les balcons, les colonnes ou en simples volutes décoratives sur les murs, tel à ce coin de rue proche du meilleur glacier de la ville :

Voici un autre exemple plus « fourni » (tout est relatif), qui était en travaux lors de mes dernières vacances là-bas (en août 2006). On racontait alors qu’un restaurant allait s’y installer. J’y retournerai peut-être lors de mes courtes vacances d’avril là-bas, plus probablement en août.


L’une des façades présente un porche et un balcon aux formes et dimensions similaires. Aux coins de ceux-ci on (cf. ci-contre) des éléments décoratifs semblant représenter des plumes… je ne vois pas trop quelle plante ce pourrait être. Les autres éléments sont beaucoup plus géométriques, tels les consoles, ou les percées sur les côtés, telle celle que l’on voit ci-contre.

Le balcon, que l’on retrouve aussi sur l’autre façade, est un alignement de fleurs (des tournesols semble-t-il) agrémenté de lignes s’entrecroisant :

Restent, comme autres éléments décoratifs, des marguerites et des fleurs sous la corniche. On voit là encore un mélange avec des éléments géométriques et même des cornes d’abondance représentatives de styles bien plus anciens.

Je présenterai dans d’autres billets d’autres constructions Art Nouveau de la région… des constructions moins classiques…
A suivre…

Pampelune

Pampelune, ancienne capitale du royaume de Navarre, mérite un détour pour sa splendide cathédrale gothique autour de laquelle gravite un joli centre-ville.

Juste un peu d’histoire…
Après quelques négociations ardues avec l’armée, la Mairie de Pampelune a obtenu en 1888 une autorisation pour réaliser le premier élargissement de la ville, encore dans l’enceinte entourée de murailles, mais dans des terrains contrôlés par les militaires. Cet agrandissement de la zone habitable a obligé à abattre les remparts de San Antón et la Victoire, et le rebellín de Sainte Teresa, mais a permis à la ville de s’offrir un petit ravallement architectural.

Le centre-ville abrite donc de petites rues d’époque, où se succèdent bow-windows, façades colorées, bow-windows et… façades colorées. Un vrai régal… où les tuyaux de gaz règnent cependant plutôt en maîtres sur les façades. En dehors de ce régal, l’histoire de l’architecture a évidemment laissé ses traces, avec par exemple l’hôtel de ville et sa façade baroque, la plaza del Castillo (aux bâtiments du 18ème mais avec la façade rococo du café iruña), les imposantes arènes ou la citadelle dont la construction s’est terminée vers 1650.

Et l’art nouveau dans tout ça ?
On en trouve quelques éléments aussi bien vers la Calle Mayor que vers la plaza del Castillo (telles ces deux devantures), mais ça reste discret :


Allez, un petit diaporama (un peu de tout, je ne suis pas sectaire) pour donner une idée de ces jolies rues…

Un petit souvenir de Rome

Au hasard de mes deux séjours à Rome, d’une petite semaine chacun, j’étais suffisamment émerveillé par la beauté de la ville pour ne pas rechercher particulièrement les éléments d’architecture Art nouveau, nommé plutôt Liberty car ce style londonien y était très apprécié à l’époque. Mieux vaut pour cela se rendre à Milan,Turin (où eut lieu l’Exposition Internationale des Arts Modernes et Décoratifs de 1902) ou encore par exemple Lecce dont j’aurais l’occasion de parler une autre fois.

Néanmoins, j’ai ramené de ces séjours une photographie d’une jolie frise de coquelicots.
Coquelicots romains

Il y a probablement d’autres exemples dans la capitale romaine, puisque un ouvrage existe sur ce thème… Mais il fait peut-être plutôt référence au quartier de Coppedé que je n’ai pas visité, construit à partir de 1915 et influencé par de nombreux styles.

Un petit tour à San Sebastian

Tous les ouvrages sur l’Art nouveau, à la rubrique « Espagne », mettent l’accent sur Barcelone. Et pourtant…

Détruite par un incendie en 1813, lors de la Guerre avec la France, la vieille citée de San Sebastian s’est recontruite. Mais, en 1854, la ville devient capitale du Guipuzkoa, et par conséquent le centre administratif et financier de la province. S’en suit alors le démantèlement des murailles pour rompre avec son rôle militaire, et pour également répondre à la demande de la population.
Le 30 juillet 1862, la mairie lance un concours pour l’extension de la ville. C’est l’architecte Antonio Cortazar qui reçoit le premier prix avec son plan pour la nouvelle ville – un plan qui par la suite subira quelques modifications. En plus du développement urbain, la construction de la gare ferroviaire était un élément primordial avec lequel il fallait aussi compter, car la ville se situait sur l’axe Paris Madrid.

C’est en 1864 que commence la construction du nouveau quartier, de pair avec la consolidation des berges du rio Urumea… et l’intérêt que la Reine porte à la cité balnéaire ! (La ville de Biarritz, au Pays Basque français, vivra un développement comparable grâce à l’intérêt de l’impératrice Eugénie.) Au fil des ans, la ville s’étend vers le Sud-Est, et le barrio romantico se développe en rues de configuration quadrilatérale. On y retrouve toutes les influences possibles de l’époque, dont le style Art nouveau, appelé « moderniste » ici. Si le kiosque à musique du boulevard est typique de la Belle Epoque, la cathédrale du Buen Pastor, érigée en 1897, est de style néogothique, et le pont Maria Cristina, de 1905, est encadrée de quatre tourelles tarte-à-la-crème, mais bordé de lampadaires surplombés de dragons.

C’est justement au Sud de ce pont que l’on retrouve un quartier déroutant. Si le guide vert vous conseille (à juste titre) de parcourir la rue Urubieta puis la calle Prim (néo-baroque au n°21, Renaissance au n°7, mais moderniste aux 10 et au 25) surtout, ne vous limitez pas à cette dernière artère. En vérité, quelques rues seulement arborent des éléments Art nouveau plus extravagants les uns que les autres. On n’est pas dans la délicatesse d’un Horta ou la beauté d’un Guimard, mais on est (en tout cas je l’ai été) complètement abasourdi par tout le fait que tout cela soit rassemblé ainsi.

Malheureusement, les façades n’arborent pas les dates de construction ou noms des architectes. Il faudra probablement se référer à un Guide sur l’architecture de San sebastian, rédigé par Miguel Sesé.

De nombreux autres bâtiments méritent un coup d’oeil dans cette si belle ville basque. Entre autre le théâtre Victoria Eugenia : le pavillon d’Espagne avait tellement fait sensation à l’exposition universelle de 1900, que la conception du théâtre fut confiée, en 1908, à l’architecte Francisco Urcola, qui imposa un style dit « néoplateresque » à ce bâtiment qui fut inauguré le 20 juillet 1912… en l’absence de celle qui lui avait donné son nom. Vrai malaise ou caprice ?