Archives de catégorie : Livres

Susan Sontag, Le Style « Camp »

Nelly Kapriélan, dans son livre «Le Manteau de Greta Garbo», cite un passage du livre de Susan Sontag, Le Style « Camp ».  A l’heure où j’étais en train de faire quelques menus travaux techniques et graphiques sur ce blog, voilà qui tombait à pic :

Dans le domaine de la personnalité, le « Camp » affirme un goût notoire pour ce qui est à l’évidence affaibli ou fortement exagéré. L’androgyne est sans aucun doute une des figures dominantes de l’imagerie d’une sensibilité « camp ». Exemples : les sveltes, sinueuses, évanescentes silhouettes des peintures ou de la poésie préraphaélite ; les corps minces, graciles, asexués des estampes et des affiches « Modern’Style », ou en incrustations sur des lampes et des cendriers ; le mystère de l’androgyne dans la parfait beauté d’une Greta Garbo. Le goût « camp » rejoint ici une prédilection générale, qui est évidente bien que rarement admise : l’attirance sexuelle dans ses modes les plus raffinés (et les plaisirs non moins raffinés) se fonde sur des caractéristiques contradictoires à la norme de chaque sexe. C’est une certaine touche de féminité qui semble parfaire la beauté des hommes virils, une nuance de virilité qui accomplit la beauté des femmes…

… Je vous ai mis le passage entier, mais j’aurais pu m’arrêter à « Garbo »…

Si (en poussant un peu le bouchon et en osant quelques clichés sexisto-pigeonnants.) les visages préraphaélites peuvent être considérés comme un peu masculins (mâchoires carrées…) chez Waterhouse ou Rossetti (sans oublier Fernand Khnopff, mais ça va lancer le débat sur qui est / qui n’est pas préraphaélite), en revanche je cherche l’androgynie et les silhouettes sveltes et évanescentes chez les peintres préraphaélites… globalement en vain…

Et surtout c’est amusant comme je n’ai pas cette image-là en tête dans l’Art nouveau, et que pour moi, la représentation de la femme y est très sexuée. Un de mes premiers billets, sur l’absinthe, abordait cet aspect… En essayant de me souvenir un peu, il est vrai que les visages féminins sur les façades de Liège ou de Prague peuvent avoir des traits masculins… et que Sarah Bernhard en Lorenzaccio sur l’affiche de Mucha va dans le sens de la réflexion de Sontag mais c’est un peu facile… Me voilà alors cherchant sur Internet une réponse objective… plutôt du côté du Jugendstil et du sezessionstil… et… je me dis qu’on n’a pas du voir les mêmes cendriers…

Aubrey Beardsley en couv’

Ceux qui me lisent depuis le début se souviennent peut-être de mon amour pour Aubrey Beardsley. En vitrine d’une librairie, il y a quelques jours, un ouvrage « exhibait » un dessin du maître…

Voici donc que sur ce blog prude on dévoile une érection ? Quel scandale ! Mais… pas une seule ?! TROIS !

Allons allons on reprend ses esprits… L’illustration se nomme « The Lacedaemoniam ambassadors » et provient d’une édition de Lysistrata (d’Aristophane) de 1896.

… Quant au livre en question, il est édité aux éditions La Musardine.

Royan 1900, livre de Frédéric Chasseboeuf

J’avais déjà parlé il y a quelques années de l’architecture 1900 de Royan et d’un livre de Frédéric Chasseboeuf intitulé « Les villas de la côte de Beauté« .

Ce même auteur, historien et historien de l’art, vient de faire paraître, aux éditions « Bonne Anse », un nouvel ouvrage sur ce sujet, plus précisément un guide architectural. 140 villas et bâtiments sont décryptés par quartier afin de pouvoir profiter des découvertes lors de promenades à Pontaillac ou dans le Parc ; la ville ayant été presque entièrement détruite en 1945, les constructions d’époque – et donc les parcours – se situent, pour simplifier, au nord et au sud de la ville.

Précis, clair, richement illustré, l’ouvrage est une véritable bible sur ce qu’il reste des constructions réalisées entre la fin du 19ème siècle et les années 30 ; castels, villas, néo-ceci, néo-cela, il reflète parfaitement l’étendue des styles qui ont inspirés les architectes durant ces décennies. La première partie de l’ouvrage (« Les clés pour comprendre ») replace les réalisations dans leur contexte de l’époque, avec en particulier un chapitre très intéressant sur les catalogues de l’époque, qui permettaient à certains architectes de l’époque de pasticher leurs confrères – qui eux-mêmes avaient pu puiser leur inspiration ailleurs. De côté de l’Art nouveau, on notera par exemple le portail de la villa Farniente mais surtout la villa orchidée. Au sujet de cette dernière, l’auteur écrit que l’architecte Auguste Rateau a pu – je cite – « profiter des nouvelles tendances, celles d’un style naissant qui venait de toucher, notamment, les bouche des métro« . Le pauvre Hector Guimard n’a pas son nom de cité, mais surtout la villa s’inspire plus, je pense, d’une part du Castel Béranger pour les ondulations des ferronneries, mais aussi d’autres artistes moins « légers » en ce qui concerne les balcons. Qu’importe, je chipote… Bravo à l’auteur pour ce nouvel ouvrage…

Les vacances d’été sont terminées, mais si vous prévoyez un séjour charentais prochainement, n’oubliez pas le guide !

Guimard, Guimard, Guimard

Il faut bien reconnaître qu’il y a des blogueurs bien plus actifs que moi sur le sujet. Allez donc faire un petit tour sur http://www.hguimard.fr/ si vous voulez avoir un aperçu de la vie contemporaine des créations de notre cher Hector, entre ventes aux enchères, objets exposés dans les musées, ventes d’appartement, etc.

Du côté des articles de fond, Georges Vigne a offert au Cercle Guimard les fruits de ses recherches sur la tombe d’Albert Adès. C’est à lire ici :
http://www.hector-guimard.net/fr/

Et puis, évidemment, ne manquez pas le nouveau « Guimard, L’art nouveau du métro« , qui vient d’être réédité chez « La Vie du Rail ». C’est toujours aussi riche d’informations… et évidemment des nouveautés viennent compléter l’ouvrage, en particulier une superbe photo en double page du Pavillon de Bastille.
Pour en savoir plus, c’est par ici : http://laviedurail.com/0115-2911-Guimard-L-art-nouveau-du-metro.html

 

Douane ! Vos papiers (peints) s’il vous plait

Hop hop hop, Kyôto nous attend ! Eh oui, nous retournons là-bas quinze jours…

Je devais faire un retour sur la conférence de Jérémie Cerman sur le papier peint Art nouveau, conférence liée à la sortie du livre mais vous savez déjà tout ça… mais je n’ai pas eu le temps (vous êtes habitués). Malgré mon mutisme, c’était passionnant, et je laisse la parole à La Tribune de l’Art pour un long long article au sujet du livre :

http://www.latribunedelart.com/le-papier-peint-art-nouveau-creation-production-diffusion-article003861.html

 

Sortie du livre « Le papier peint Art nouveau. Création, production, diffusion »

Je l’avais évoqué… Voilà voilà, c’est du concret, il est publié…

Jérémie Cerman
Le Papier peint Art nouveau
Création, production, diffusion

Beaux-Arts, 28 x 24 cm, 304 p., relié
200 illustrations tout en couleur
Prix public : 75 €, parution : mai 2012
ISBN : 978-2-84934-093-6 – Distribution Vilo

Alors voilà le texte du dossier de presse hop hop hop un petit copier-coller :

Depuis son renouvellement en Angleterre, grâce à William Morris et aux créateurs du mouvement Arts and Crafts, jusqu’à l’émergence de l’Art nouveau en Europe continentale, le papier peint fut le lieu de toutes les attentions sur les scènes artistiques européennes. Dans le même temps, les fabricants et les dessinateurs spécialisés qu’ils sollicitaient adoptèrent progressivement une esthétique inspirée par l’Art nouveau, jusqu’à ce que ces motifs constituent une part majoritaire des collections commercialisées à partir de 1900. Grâce à une investigation menée au sein des milliers de modèles générés par l’industrie du papier peint, Jérémie Cerman aborde, dans cet ouvrage, de nombreux aspects du phénomène : l’activité des manufactures, les pratiques des ateliers de dessin industriel, le contexte de mise en vente de ces produits… Il montre notamment comment ces articles bon marché ont contribué à une très large diffusion du goût moderne dans les intérieurs de la Belle Époque : cette nouvelle esthétique est venue agrémenter le quotidien de toutes les catégories sociales. D’un style bien marqué par la modernité ou d’un goût parfois plus consensuel, les papiers peints répondirent dans une certaine mesure aux idéaux sociaux de l’Art nouveau.

Spécialiste du papier peint Art nouveau, Jérémie Cerman a déjà publié des articles sur le
sujet, tant en France qu’à l’étranger (États-Unis, Angleterre, Suède et Suisse). Ce livre fait
suite à sa thèse de doctorat, menée sous la direction du Professeur Éric Darragon à
l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et lauréate en 2010 du Prix Richelieu de la
Chancellerie des universités de Paris.

Jérémie Cerman a également co-dirigé la publication des actes du colloque Visible et Lisible. Confrontations et articulations du texte et de l’image (Nouveau Monde éditions, 2007) et enseigné l’histoire de l’art dans les universités de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Picardie Jules Verne à Amiens. Il est actuellement pensionnaire à l’Institut national d’histoire de l’art et rejoindra l’Université Paris IV en tant que Maître de conférences en septembre 2012.

Cet ouvrage a été publié avec le concours de l’École doctorale 441 Histoire de l’art (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), de l’espace culturel Les 26 Couleurs (Saint-Fargeau-Ponthierry), du Musée des Arts décoratifs de Paris et du Musée du Papier Peint de Rixheim.

L’ouvrage sera présenté mardi 19 juin et une séance de dédicace est organisée le 3 juillet.

Mardi 19 juin 2012 à partir de 18h :

Présentation de l’ouvrage

Institut national d’histoire de l’art, salle Jullian, 1er étage – 2 rue Vivienne – 75002 Paris

En partenariat avec l’ED 441 Histoire de l’art – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

En présence d’Éric Darragon (Professeur émérite d’histoire de l’art, Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne) et d’Alain Bonnet (Maître de conférences HDR en histoire de l’art,
Université de Nantes).

Mardi 3 juillet 2012 de 18h à 20h :

Dédicace à la Librairie du Musée des Arts décoratifs
107 rue de Rivoli
75001 Paris

Zoom sur la maison Bergeret

Un nouvel ouvrage sur l’Art nouveau nancéien vient de paraître… l’occasion de parler à nouveau de la villa Bergeret. Celle-ci est en effet mise à l’honneur par Frédéric Descouturelle (encore lui ! Mais il est partout !) pour les textes et Denise Bloch pour les photographies dans ce « Zoom sur la maison Bergeret« . De page en page, on découvre un grand nombre de détails ou d’objets de la villa en fonction de ce qu’ils représentent : plante (datura, tournesol, rose, iris, lys…), animal (escargot, paon…), ou autre froissement… voire détail coquin, le tout classé par ordre alphabétique. Vitraux, boiseries, poignées, chaises, portes… voici la villa décortiquée dans un bel et passionnant ensemble coloré où résonnent quelques grands noms de l’Ecole de Nancy : Prouvé, Gruber, Vallin mais également Janin, vitrailliste moins connu que Gruber .

Pour ceux qui ont visité l’exposition qui s’est terminée hier à Nogent, on y retrouve le même modèle de chaise dessinée par Eugène Vallin qui y était exposée. Me voilà donc qui découvre tardivement que des épis de blés étaient gravés à l’arrière de la chaise. Ceci aurait pu agrémenter mes petites visites commentées…

On y voit aussi ce qui a disparu, une photo ancienne montrant le si beau portail aux motifs de monnaie du pape… une plante très présente dans cette villa, surtout à l’extérieur (voir les photos de mon billet précédent sur la villa) et dans d’autres réalisations, la villa Jika par exemple.

Zoom sur la Maison Bergeret
Editions : Association d’idées
associationdidees@wanadoo.fr

Des pages et des pages…

J’ai acheté il y a quelques temps un livre très intéressant, intitulé « Couleurs et formes, l’héritage du XVIIIème siècle dans l’école de Nancy« . Il permet de rappeler que non, l’Art nouveau n’a pas ignoré brutalement tous les styles précédents, mais qu’il s’est nourri de nombreuses influences chez certains artistes, Gallé et Majorelle pour n’en citer que deux. Je pensais trouver le temps de le lire et d’en parler assez longuement ici, mais non, j’abdique… un jour peut-être.

Je ne parlerai pas non plus de ce tout petit livre acheté ce mardi pour trois petits euros Paris belle époque, architecture 1890 – 1914 (aux éditions AAM – photo ci-dessous), petit livre indispensable puisque qu’il présente des photos et gravures qu’on n’a pas l’occasion de voir souvent… Je n’en parlerai pas car vous allez courir l’acheter chez Mona Lisait (celui de la fontaine des Innocents) !


Parlerai-je donc de ma dernière acquisition, le catalogue de l’exposition qui eut lieu aux Arts décoratifs en 1971 : « Pionniers du XXème siècle : Guimard, Horta, Van de Velde » ? Un peu plus. Parce qu’en le feuilletant, me voici plongé dans un rêve, celui qu’une telle exposition voie à nouveau le jour… Si je n’avais pas peur d’abîmer cet ouvrage, je le glisserai quotidiennement dans mon sac les jours qui viennent, pour m’abreuver d’images et de mots, de plans et de citations. De citations déjà lues, oubliées, et qu’il est bon de rappeler :

Abandonnons la feuille et la fleur, retenons la tige

(Horta, 1895)

Je répèterai toujours que 1900 a été une période d’affranchissement spirituel formidable : enthousiasme, ferveur, esprit constructif. Par exprit constructif, j’entends qu’ax pastiches et aux fossibles qui encombraient le marché à ce moment là, les novateurs de 1900 opposaient des créations totales, puisées aux sources vives de l’imagination et s’appuyaient sur la nature, sur les aspects les plus vivaces de la nature

(Le Corbusier, 1933)

Le jardinier d’Émile Gallé

Quelques jours loin de ce blog, et me revoici avec un livre paru en septembre : Le jardinier aux fleurs de verre

… Un livre que je n’ai pas lu, peut-être sera-t-il le prochain à m’accompagner lorsque j’aurais terminé le roman « Kafka sur le rivage » de Murakami (sans aucun rapport avec l’Art nouveau… pas même une ligne de japonisme dans ce roman).

L’auteur, Michel Caffier, historien reconnu de l’histoire de la Lorraine, a été entre autres fonctions, rédacteur en chef adjoint à l’Est Républicain et critique littéraire.

Il nous raconte ici les relations entre Émile Gallé et Fritz Muller, son jardinier. Lorsque l’on connait l’influence de la nature sur le travail de Gallé, on ne peut qu’imaginer une relation forte entre les deux hommes, fait d’échanges et de respect. Voilà en tout cas un roman qui, semble-t-il, nous permet de respirer la foisonnante époque de l’École de Nancy…

A noter que la couverture est une partie du tableau de Victor Prouvé, représentant Gallé dans son atelier.

Le jardinier aux fleurs de verre
Presses de la Cité – Terres de France
(228 pages ; 19 euros)

L’Art nouveau en Europe par Roger-Henri Guerrand

Le livre de Roger-Henri Guerrand sur l’Art nouveau, intitulé L’Art nouveau en Europe, paru il y a plus de quarante ans, vient d’être réédité chez Tempus (collection de poche des éditions Perrin). Je ne l’avais jamais lu, donc en apprenant la nouvelle je me suis précipité pour l’acheter et je m’y suis déjà plongé.
J’ai donc pu lire la préface d’Aragon, qui rappelle ses liens personnels et familiaux avec l’Art nouveau, qui précise les relations entre Mucha et la Sécession ou les avis contradictoires d’Apollinaire sur le sujet en général et sur Gaudi en particulier. Ainsi, Apollinaire écrivait-il en 1911 « Puissent nos architectes ne pas s’inspirer de ses fantaisies » mais 3 ans plus tard, s’exprimait finalement ainsi :
C’est un des architectes modernes les plus personnels. Il a porté très haut entre autres choses, l’art des terrasses et de tout ce qui se trouve en général sur les toits des maisons…

Des passionnantes premières pages écrites par Roger-Henri Guerrand (et je suppose que le reste est de la même qualité), je retiendrai cette phrase du comte Léon de Labordes en 1856 : « L’avenir des arts, des sciences et de l’industrie est dans leur association »… Reste à continuer ma lecture pou enrichir mes connaissances… et compléter de temps en temps ce blog afin de vous donner envie d’acheter l’ouvrage de ce grand homme qu’était R.H. Guerrand… ce que vous diront tous ceux qui l’ont cotoyé.

Livre sur l’Art nouveau, chez H.F Ullmann

Pour ceux qui voudraient s’acheter un nouveau livre sur l’Art nouveau sans débourser les 199 euros nécessaires pour l’ouvrage de Jean-Michel Leniaud et Marie-Amélie Tharaud paru en octobre de chez Citadelles, je conseillerais un petit livre paru en juin chez Ullmann… et que j’ai acheté aujourd’hui.

En 290 pages sont évidemment retracées les influences, les grandes lignes et les principes de ce mouvement (Ars & Crafts, Sécession, Nature et Ornementation, Ecole de Nancy…) et sont décrits vie et oeuvre de quelques noms incontournables (Gallé, Klimt, Lalique, Van de Velde ou Gaudi).
Mais l’auteur, Anke Von Heyl, met également l’accent sur des points moins nettement voire pas abordés dans les ouvrages généralistes : la représentation féminine est clairement traitée d’un point de vue érotique, les évolutions techniques de l’époque ont droit à un chapitre (que j’aurais aimé plus développé) tout comme la littérature sous le titre « Littérature de la décadence ». Enfin, avant de glisser vers l’Art déco pour clore l’ouvrage, c’est la musique qui est abordée avec Gustav Mahler (« une personnalité d’artiste fin de siècle »).
Ajoutons à cela que certaines illustrations sont un peu courantes (la devanture d’un magasin réalisé par Paul Hankar pour ne citer qu’un seul exemple, un vase de Koloman Moser pour en citer un deuxième) … et l’on pourra estimer que pour la modique somme de 12,95 euros, on a là un petit livre (format 15 x 17 cm) vraiment intéressant…

Une station Guimard en couv’

Juste un petit clin d’oeil de fin de semaine…
L’acteur Lorànt Deutsch a écrit le livre « Métronome. L’histoire de France au rythme du métro parisien« . J’ai certes un peu de retard car l’ouvrage est paru en septembre mais vient d’être réédité face au succès qu’il connait. Et c’est une station Guimard que l’on aperçoit sur la couverture. Notre cher Hector reste finalement la référence absolue face aux autres concepteurs des bouches de métro…

Paris Art nouveau en livre

J’ai fait l’acquisition ce jeudi d’un nouveau livre sur l’Art nouveau parisien, paru aux éditions du Chêne et intitulé « Paris Art nouveau ».

J’étais impatient de l’avoir entre les mains, et en le feuilletant, je fus agréablement surpris par le format, les photos de gros plans, par les doubles pages (texte à gauche, photo pleine page à droite) et par le fait que l’auteure mettait en avant tel ou tel détail des immeubles, avec un détail par page. Mais la première impression n’est pas toujours la bonne.

Oui, me voilà bien embêté, car… je suis très déçu, voire énervé. Certes, ce guide ravira celui qui ne connaît pas les constructions d’Hector Guimard dans le 16ème arrondissement, et surtout le Castel Béranger qui fait l’objet à lui seul d’une dizaine de double-pages.

Mais je ne comprends pas à quoi servent les plans (car les constructions n’y sont pas localisées), le classement par arrondissement est simplement bancal, il y a même une grosse erreur de traduction (peut-être d’autres ? car l’ouvrage est bilingue) pour la station de métro Abesses… Et puis madame l’auteure, l’euphorie vous emporte ! Non Hector Guimard n’a pas eu 300 constructions à son actif ! Même pas 75 si l’on compte les sépultures ! A cela j’ajouterai que quelques vues de façade dans leur intégralité auraient offert au lecteur découvrant ce style un autre regard, mais ces vues d’ensemble sont rarissimes. L’Art nouveau, si l’on en croit les illustrations, se veut presque uniquement art de la décoration: décoration extérieure ou décoration intérieure des restaurants. Où est l’architecture dans tout ça ? L’immeuble de Sauvage de la rue Vavin est représenté par deux pauvres balcons… Un peu d’air ! Un peu d’espace !

Et puis je m’attendais, avouerais-je, à un guide plus complet, pas forcément exhaustif, mais un livre qui aurait vraiment mérité ce titre générique « Paris Art nouveau » et qui serait donc sorti un peu plus des sentiers battus (ce qui est le cas, je le reconnais, avec par exemple la construction de la rue Schoelcher, d’un Art nouveau extrêmement tardif loin de l’image de l’Art nouveau français). Puisque qu’elle a choisi un découpage par arrondissement, l’auteure aurait pu aller traîner du côté du centre ou de l’est parisien, complètement ignorés en dehors de l’immeuble de la rue du Renard et de la synagogue de la rue Pavée. Elle aurait pu montrer que le « Paris Art nouveau » qui fait le titre se glisse aussi dans l’arc outrepassé et la fraîcheur des céramiques du 8 rue Mélingue (19ème arrondissement), dans quelques façades de la rue Réaumur (2ème et 3ème), dans les iris sculptés du 337 rue des Pyrénées (20ème), dans les céramiques de la rue de l’Orillon (11ème), dans quelques sépultures des cimetières parisiens, etc.

Si j’ajoute, d’un point de plus plus subjectif, que les textes sont parfois carrément insipides, je ne vais pas être ami de l’auteure. Mais je pense que le format, où le texte est mis en avant et n’a pas le simple rôle de légende, obligeait à offrir au lecteur des textes de meilleure qualité, et en tout cas autre chose que, par exemple, une courte phrase décrivant une pauvre décoration florale sur une porte. Et je passe sur la photo qui fait le point sur un feuillage plutôt que sur le détail guimardien d’une façade…

Je vous avais dit que j’étais déçu… mais je pense qu’un livre qui cumule autant de défauts est un peu… en trop.

Evidemment si vous n’êtes pas d’accord avec moi profitez des commentaires.

Un livre : « Liberty », par Lara-Vinca Masini

Je suis simplement en retard de deux mois, car je n’avais pas parlé du livre offert par Nathalie suite à son séjour à Turin. Elle y trouva en effet un livre sur l’Art nouveau que l’on avait repéré lors de notre séjour commun à Lecce.
Que dire d’autre sur ce livre ? Qu’avec 470 pages richement illustrées (en majorité en noir et banc), il est le livre le plus complet que je possède sur ce style, tellement complet qu’il ne se limite pas à l’Art nouveau (à supposer que ce mouvement ait des limites) avec par exemple Fernand Holder pour la Suisse. En effet, l’auteur a choisi un découpage par pays (ou groupes de pays, les scandinaves ou les européens de l’Est étant regroupés), les trois premiers chapitres résumant quant à eux les influences, les tendances et les caractéristiques de l’Art nouveau et le dernier chapitre étudiant les projections de l’art nouveau dans les mouvements artistiques du 20ème siècle.
A noter que la dernière édition – la première date de 1976 – arbore un bel élément doré d’Hector Guimard en couverture… et qu’évidemment c’est écrit en italien.
Merci Nathalie !

Aubrey Beardsley

J’ai déjà eu à plusieurs reprises l’occasion de parler d’Aubrey Beardsley, mais voici qu’aujourd’hui j’ai acheté un petit livre sur lui paru en 2001 chez Parkstone.

L’ouvrage retrace la courte vie de ce génie mort à 26 ans de la tuberculose : ses influences, ses conflits, ses réalisations (et même les plus sulfureuses). Richement illustré, dans un format original et agréable, ce petit livre est en plus à un tout petit prix : 5 euros. De quoi découvrir cet artiste sans se ruiner…

PS. Mais oui mais oui, les vacances c’était aussi pour ce blog… le voici qui reprend le travail !

Icônes du graphisme – influences et inspirations d’hier et d’aujourd’hui

Plus d’icônographie que de texte, c’est le pari réussi de ce bel ouvrage paru l’an dernier chez Thames & Hudson, qui montre comment le graphisme est certes un renouvellement perpétuel, mais qu’il se nourrit des tendances et du travail des créateurs du passé.

Année par année, à partir de 1900, une œuvre phare est mis en juxtaposition avec d’autres créations des années suivantes ou précédentes, les sources étant puisées parfois bien longtemps avant ou bien longtemps après. L’ouvrage commence donc avec l’affiche pour l’exposition « Le Castel Béranger » et les fameux caractères créés par Guimard, en regard entre autre d’une couverture de partition de 1851, de la Reine de Joie de Toulouse-Lautrec ou d’une couverture de magazine de 1998, toutes ces œuvres ayant en rapport le jeu sur la typographie.

La présence de Guimard n’est qu’un exemple car on baigne ici ou là dans l’Art nouveau avec la présence de Mucha, Alfred Roller, une couverture de Jugend, Georges Auriol, Koloman Moser et bien d’autres… Mais mon goût pour le graphisme dépassant largement l’année 1914, c’est tout ce livre qui est pour moi un plaisir à feuilleter .

René Lalique – Correspondance d’un bijoutier Art nouveau

Voici un livre acheté samedi qui va m’accompagner ces prochains jours dans les transports en commun : « René Lalique – Correspondance d’un bijoutier Art nouveau ; 1890-1908« .

Je n’avais jamais été tenté par son achat — n’était-il pas un peu trop pointu ? —, mais comme il ne coûtait que la modique somme de 3 euros chez Mona Lisait, il aurait été dommage de résister. Si l’ouvrage retranscrit un certain nombre de lettres fort personnelles entre René Lalique et son épouse Alice Ledru, on y retrouve surtout les correspondances professionnelles du bijoutier écrites ou reçues par lui.
Le peintre Georges Clérain écrivant à Lalique qu’il lui ramènerait des cornalines d’Egypte, Sarah Bernhardt lui demandant d’ajouter des perles fines à une ceinture, Émile Gallé le priant de lui envoyer une facture en signant de ses « sentiments admiratifs et dévoués »… l’ouvrage met en lumière les relations de l’artiste avec ses connaissances, ses amis, ses acheteurs. Voilà donc une manière originale de se plonger dans l’univers de cet artiste majeur des années 1900.

René Lalique
Correspondance d’un bijoutier Art nouveau – 1890-1908
Textes rassemblés et annotés par Philippe Thiébaut.
Ed. La bibliothèque des Arts
ISBN 978 2 88453 125 2

NB. Ceux qui suivent auront noté que je devais parler d’une construction de l’expo 1900. Mon week-end ayant été amicalement bien rempli, mon long billet en cours n’est pas terminé…

Les ombellifères – Philippe claudel

Nathalie m’avait offert il y a quelques mois un tout petit ouvrage de Philippe Claudel intitulé : « Les ombellifères ». J’en avais jusqu’alors seulement admiré les illustrations, mais j’ai aujourd’hui lu ce charmant et court récit, qu’on imagine autobiographique. L’auteur y raconte en quelques paragraphes son plaisir à s’approcher de la rivière – il n’a alors que 5 ans – au milieu de « ces hautes demoiselles pas encore fauchées ».

ombellifères - Philippe Claudel - copyright Ed. Circa
Les illustrations font face aux 5 petites pages du texte, elles représentent des fleurs d’ombelle, d’ail, d’oignon et de nigelle ; un couple de poissons habille également la dernière page où l’on peut y lire que les illustrations proviennent d’études d’Emile Gallé, reproduites par l’agence de la RMN.

Cet adorable objet aux teintes vertes est paru chez Circa.
www.circa1924.com

Le paysan, la ferme et le tracteur

Il me plait souvent, lorsque je vais chez mes parents, de feuilleter le splendide livre « Le paysan, la ferme et le tracteur« .
Celui-ci a pour sujet les affiches agricoles des années 1860 à 1960, mais évidemment ne se limite pas qu’à l’aspect graphique et retrace l’histoire de l’agriculture française sur cette même période, les chapitres ayant pour thèmes par exemple les femmes dans l’agriculture, la mécanisation, la guerre et la politique ou la paysannerie dans l’imaginaire social.

Du côté de l’Art nouveau et de ses représentants, si c’est Mucha qui nous accueille dès le premier chapitre avec une peinture représentant de jeunes gens cueillant des fruits, on retrouve Victor Prouvé pour un manifeste de 1918 sur « l’effort paysan » (« Le paysan, lui aussi, travaille à gagner la guerre » peut-on y lire à la fin), une réalisation de Georges Fay pour le syndicat central des agriculteurs de France, quelques arabesques ici ou là ou le nom de Jules Chéret pour une publicité de 1880 pour un constructeur de machine agricole, Jules Chéret étant alors déjà un grand nom de l’affiche. L’affiche réalisée par Charlet pour le Concours national agricole de Bordeaux, de 1910, est aussi remarquable par sa typographie moderne (et par un sens du détail graphique absolument splendide cela dit en passant).

Parmi tout ceci, l’image la plus « intéressante » graphiquement, pour ne pas dire la plus belle sur la période Art nouveau, est celle pour la Ligue vinicole de France vers 1900 :

Réalisée par Manuel Orazi, cette oeuvre pour laquelle aucune date précise n’est fournie représente une femme vêtue d’un robe légère sur laquelle froufroutent quelques arabesques (que l’on retrouve également dans sa coiffure). Elle presse du raisin dans une coupe, tandis qu’un ange vient tremper sa flèche dans ce breuvage. L’imagerie classique voire antique est bien là, mais un découpage en coup de fouet entoure l’illustration. Simplicité des lignes, couleurs chaudes du fond sur lesquelles tranchent les vêtements et peaux clairs des personnages, l’affiche est lumineuse, simple… On peut y lire, en bas : « Voulez-vous empêcher que l’on aille à l’alcool ? Mettez le vin, le vin naturel et sain, sur le chemin des populations que l’alcool dévore – Frédéric Passy (Congrès de l’alcoolisme 1878) ». L’alcoolisme était en effet alors un fléau en France.

Mais ce visage, ça ne vous dit rien ? La première fois que je l’ai vu, il y a deux ans je crois lorsque mon père s’est faire offrir ce livre… ce visage ne m’était pas inconnu. Évidemment une recherche sur internet avait alors vite répondu à mon interrogation : La Maison Moderne !

A l’époque je n’avais évidemment pas vu l’exposition sur Charpentier, et cette affiche était logée dans un coin de mon cerveau, probablement aperçue ici ou là dans quelque ouvrage sur l’Art nouveau. Et donc, ce visage, c’est le même. Même nez, même menton, même regard. Seule la coiffe/coiffure fait la différence, même si l’on retrouve dans les deux cas quelques volutes derrière le crane…

On pourrait se dire que l’affichiste faisait dans la facilité, mais on se rassurera en découvrant les autres créations de l’artiste… Ce sera cependant pour une autre fois…

Le paysan, la ferme et le tracteur….
Le rural et ses images, un siècle d’affiches agricoles 1860-1960
© Somogy Editions d’Art, Paris 2006
© Le Compa – conservatoire de l’agriculture, Chartres 2006
ISBN : 2-7572-0017-8

Les restaurants de Paris

J’ai fait l’acquisition aujourd’hui du livre « Les restaurants de Paris« , paru cette année aux éditions Massin. Cet ouvrage traite des restaurants parisiens, mais pas côté cuisine : côté décor.
L’introduction nous apprend qu’un certain Boulanger aurait ouvert en 1765 le premier « restaurant » parisien avant qu’un arrêt de 1786 autorise les traiteurs et les restaurateurs à recevoir de la clientèle. L’ouvrage se découpe ensuite en six sections présentant les restaurants mythiques, chics (étoilés et tendance), historiques, populaires (bouillosn et brasseries), de quartiers et enfin de Palace.

Au fil des pages, j’ai retrouvé des établissements que j’ai déjà fréquentés et/ou dont j’ai déjà parlé ici (Le Bouillon Racine, La Fermette Marboeuf, Le Gallopin, Le Montparnasse 1900 ou Mollard).
J’ai pu également admirer parmi les riches illustrations, avant de les découvrir un jour et de leur tirer ici un portrait concis, les peintures de chez Maxim’s, les céramiques de chez Lipp, les boiseries de Senderens, un lustre de chez Rostang, ou ma probable prochaine destination gastronomico-1900 : Julien. Je ne les cite pas tous, je vous conseille plutôt de vous plonger dans ce beau recueil qui contient également de belles adresses au décor années 20, voire évidemment plus classique ou bien plus moderne…

Les restaurants de Paris – Luxe, charme et tradition
Auteur : Pierre Faveton
Editeur : Massin.
253 pages.

Guide d’architecture ; Paris 1900 – 2008

Le pavillon de l’Arsenal vient d’éditer un « Guide d’architecture« , ouvrage réunissant 1203 batîments construits à Paris depuis 1900.

Chaque bâtiment est présenté par une fiche synthétique comprenant un texte, une photo contemporaine de la construction, voire un plan.
Je n’ai pas encore acquis ni même vu cette bible de 960 pages (et au prix tout à fait raisonnable je trouve), mais l’Art nouveau y est évidemment représenté. Pour preuve l’exemple montré sur le site de l’Arsenal.

Pour en savoir plus : www.pavillon-arsenal.com

Dictionnaire d’architecture

J’ai enfin trouvé mon bonheur avec un dictionnaire d’architecture d’un tout petit format et d’un tout petit prix édité aux éditions Jean-Paul Gisserot. Rédigé par Mathide Lavenu, et Victorine Mataouchek, il est idéal pour les amateurs comme moi, avec de nombreux croquis.

Je vais donc être à présent un peu plus à l’aise avec le vocabulaire de ce domaine lorsque je décrirai une jolie façade Art nouveau… Bonne nouvelle, non ?

Deux nouveaux livres…

Je me suis fait deux petits cadeaux aujourd’hui :

– « Art nouveau« , d’Alastair Duncan, aux éditions Thames & Hudson. Ces éditions sont toujours une valeur sûre – malgré l’iconographie principalement en noir et blanc -, et ce petit format est bien pratique à glisser dans un sac.

– « Art nouveau en projet« , édité par le réseau Art Nouveau Network pour accompagner l’exposition itinérante qui porte le même nom.

© Art nouveau - Thames and HudsonArt nouveau en projet - Art nouveau in progress

J’en parlerai probablement une autre fois…

Papier cadeau

Si vous voulez du papier cadeau aux motifs Art Nouveau, représentant du muguet, des coquelicots, des pissentlits ou encore des oiseaux-mouches… allez donc chez Mona Lisait, ou trouvez autre part (en ligne par exemple) ce papier cadeau paru aux éditions Könemann (ISBN 3-8290-3892-5).
On retrouve dans ce fascicule 12 planches, éditée à l’origine par Eugène Grasset dans :
– « Plants ant Their Applications to Ornament« ,
– « L’animal dans la décoration »
Les artistes ayant réalisé ces planches sont E. Hervergh, M.P. Verneuil, Anna Martin et J. Milesi.

Le fascicule présente au départ un résumé du mouvement Art Nouveau avec pour l’illustrer un détail d’entrée de station Guimard, ou un croquis de la boutique Fouquet par Mucha.

Poitou-Charentes : une région s’affiche

On m’a offert récemment le livre « Poitou-Charentes – une région s’affiche« , d’Arthur et Jean-Michel Saizeau.

Comme le nom l’indique, cet ouvrage retrace l’histoire de l’affiche picto-charentaise. Paru fin 2007, il semble avoir pour origine le blog affiches.poitoucharentes dont les premiers articles datent de juin 2006.
On retrouve principalement des œuvres datant de la première moitié du 20ème siècle et les affiches des années 1900 présentées dans ces pages sont évidemment le reflet du graphisme l’époque. Et l’Art Nouveau a un peu sa place dans cet ouvrage, par la présence ou l’influence des graphistes les plus célèbres de l’époque, ou par quelques éléments décoratifs floraux ou ondulant.

Comme l’expliquent les auteurs dans l’avant-propos, l’ouvrage est né de leur amour pour ces supports mais aussi de leurs rencontres avec des collectionneurs, des experts, des archivistes, etc. De surcroît l’ouvrage aurait pu se limiter aux affiches du cognac – que l’on peut considérer comme le produit phare de la Région -, puisque l’on en répertorie en tout plus de 300, mais seules 50 d’entre elles ont été mises en avant dans la quatrième et dernière partie de l’ouvrage.

L’ouvrage est en effet découpé en 4 parties thématiques :

1. La part de l’eau.
J’en ai déjà parlé dans mes petits billets royannais : le tourisme s’est développé sur la côte dans la deuxième moitié du 19ème siècle, et surtout dans le dernier quart. Les chemins de fer de l’état sont d’ailleurs à l’origine d’un nombre très important d’affiches – comme ce fut le cas dans de la plupart des régions françaises à potentiel touristique. Royan, Fouras ou encore Rochefort était alors mise à l’honneur par des graphistes comme Champseix, Pal, Lacaze, Boudet ou encore Jacques Palyant qui signe l’affiche « Grande semaine de La Rochelle » où les volutes des vagues, des drapeaux ou des tissus pris dans le vent tranchent avec la rigidité de l’encart informatif.

2. La part de la terre :
L’intérieur des terres avait certes moins d’intérêt pour le touriste attiré par les bains de mer, mais en s’éloignant de la côte les affiches cherchaient à faire découvrir les beautés de la région. Là encore, les chemins de fer de l’état ont produit de nombreuses réclames où sont représentées Saintes, Poitiers ou la Marais Poitevin. Parmi les représentations au style un peu moderne, j’ai surtout noté celle pour les fêtes de charité de Melle, le 19 août 1900. Réalisée par Minos, elle me fait penser à l’affiche de la Revue Blanche de Bonnard.

3. La part de marché :
La région ne vivant bien sûr pas uniquement du tourisme, les affiches locales ont également eu comme objet la promotion des industries régionales (telles que l’industrie du papier en Charente ; cf. mon billet sur le musée du papier) mais aussi de petites entreprises. Jacques Abeillé, pour les biscuits Rouchier, entoure un personnage féminin de volutes, tout comme des graphistes anonymes pour la chapellerie Bruyas ou la lessive La Violette. Mais c’est l’affiche pour « Paris Niort », par Louis Hingres, qui sort définitivement du lot. L’affiche – un calendrier plus précisément – n’a probablement pas été créée pour le magasin de nouveautés de la rue Victor Hugo de Niort, puisque cette même affiche existe pour « Paris voltaire » et est en vente sur plusieurs sites web spécialisés.

4. La part des anges :
C’est en effet donné le nom poétique donné à la part d’eau de vie qui s’évapore et cette parri est donc consacrée au cognac.
Tiens tiens, une affiche Comandon serait donc attribuée à Mucha ? Je ne voudrais pas mettre en doute les écrits des auteurs (qui disent que le cadre décoratif est caractéristique du style de Mucha) et certains sites en disent autant, mais pas les deux livres que je possède sur l’auteur. Et je suis perplexe car on est très loin de son style.
Bref, je préfère en tout cas me fixer sur les affiches de Cappiello, qu’elles datent des années 1900 ou qu’elles soint plus bien tardives, mais également admirer ceux qu’il a semble-t-il inspirés (tels Stall, ou Stéphane pour le cognac Briand ) qui ne ce sont pas embarrassés, comme leur « maître », de toutes ces volutes et fanfreluches.
Cappiello a d’ailleurs réalisé en 1912 la plus connue des affiches pour le papier à cigarettes Le Nil, que l’on retrouve dans la 3ème partie.

Voilà… c’était une fois de plus une plongée dans les années 1900 de ma région d’origine.
Pour être le plus honnête possible, ce livre contient une ou deux coquilles (dont une en quatrième de couverture, Cappiello se retrouvant « figure de l’affiche au XIXème »). Mais je conseille fortement cet ouvrage d’une très grande qualité, où chaque illustration (et combien d’illustrations dans ces 140 pages !) est décrite et replacée dans son contexte…

Toutes les illustrations de ce billet ont été prises sur http://affiches.poitoucharentes.over-blog.com/

Art nouveau design chez Pepin Press

On m’a récemment gentiment offert le livre « Art nouveau design » chez Pepin Press, mais ne pouvant masquer mon embarras, j’ai avoué que je le possédais déjà. C’était la deuxième fois que cela m’arrivait avec ce même ouvrage, décidément le sort s’acharne. Avec ce petit billet, l’adage « jamais deux sans trois » ne se vérifiera peut-être pas.

Si je possède plusieurs ouvrages incluant un cédérom, celui-ci est le seul à la fois spécialisé sur l’Art Nouveau et en couleurs. Il est très utile pour trouver l’inspiration afin de décorer un site (tels les bandeaux ci-dessus, sur la popup ‘pourquoi ce blog’ ou sur ma liste de livres) ou une affiche, mais parfois la qualité laisse un peu à désirer, en particulier sur le grain des images, souvent trop gros. Certains motifs sont très beaux, un certain nombre, néanmoins, ne me plaisent pas du tout… et quelques-uns à mon avis, ne sont pas vraiment Art Nouveau. Il ne faut pas mettre tous les motifs à fleufleurs dans le même panier, n’est-ce-pas ?

Evidemment la limite de cet ouvrage est l’utilisation : elle ne doit pas être professionnelle ou commerciale. Je doute que Pepin Press fasse la chasse aux fraudeurs, mais bon…

Les villas de la côte de Beauté

villas de la côte de beautéMon séjour du week-end dernier en Charente-Maritime m’a permis de récupérer l’ouvrage que l’on m’a offert récemment et que je n’avais pas pu ramener (car un peu trop lourd) : Les Villas de la côte de beauté en Charente-Maritime
Il présente les villas construites sur cette partie de la côte charentaise de 1850 à 1930. Après le billet écrit récemment sur Royan, voilà de quoi replonger dans ces constructions battues par les embruns ou noyées dans les odeurs de pins, principalement à Royan mais également dans les communes environnantes (St-Georges-de-Didonne, Saint-Palais-sur-Mer, La Tremblade, Vaux-surMer, Les Mathes et Meschers).

Dans la première partie d’une cinquantaine de pages, l’auteur prend une approche thématique (contexte historique et social, matériaux, typologie, style, parties annexes des maisons…). On y a aperçoit comme illustrations certaines villas qui ne sont pas représentées dans la deuxième partie, avec comme exemple principal, pour la période Art Nouveau, la grille de la ville Farniente et la villa Le clos de Vallières aux fenêtres rondes, villa ayant disparu.

Vient ensuite en deuxième partie le catalogue des villas, 180 pages où les villas les plus importantes sont présentées. Pour la période qui nous intéresse on notera les villas suivantes : Clair de Lune (Ronce les bains) et Charles Benoît et leur grande fenêtre arrondie ; Gabrielle (Royan) et sa frise de céramique repérée l’autre jour ; Coquelicot et sa parure de feuilles et de bogues de marronniers à un coin de mur ; Hélianthe et ses frises de céramique au-dessus des portes ; le Lys Rouge, pour laquelle on apprend l’existence à l’origine d’une salle de billard à la décoration particulièrement soignée dont la cheminée est de grès de Gentil et bourdet (Qu’en est-il aujourd’hui ?) ; et enfin (et surtout !) Orchidée, d’Auguste Rateau, dont la porte, les huisseries de la plus grande fenêtre, les colonnes ou les balconnets regorgent de courbes.

Si la villa Orchidée est a priori la plus « Art Nouveau », en revanche sa façade reste plate et son plan bien simple. Or, si les villas de la Côte de beauté restent plutôt discrètes et classiques sur le plan décoratif, s’inspirant principalement de styles régionalistes (basque, normand…) ou anciens (médiéval, renaissance, néo Louis XVI…), elles présentent bien souvent un plan dissymétrique – l’auteur a réalisé lui-même bon nombre de plans pour illustrer ses propos – et des ruptures verticales, par des tourelles d’inspiration médiévale, des belvédères, des saillies, des plans en L…

La troisième partie, enfin, de 80 pages, présente les principaux personnages (architectes ou autres) ayant laissé une trace sur la côte. De quoi retrouver par exemple une très longue biographie de Félicien Balley, architecte d’une maison Art Nouveau à Saintes dont j’ai parlé récemment.

Richement documenté et illustré, cet ouvrage de Frédéric Chassebœuf est vraiment un plaisir de lecture que l’on s’intéresse à l’architecture de près ou de loin.

Un petit coup d’oeil sur le web ?

Le mobilier français – Art nouveau 1900

J’ai acheté samedi l’ouvrage de la collection « Le mobilier français » sur la période Art Nouveau.

L’ouvrage présente en première partie (intitulée « histoire et société« ) l’Art Nouveau, replaçant ce mouvement dans le contexte artistique et social de l’époque, retraçant ses influences et ses particularités…
La deuxième partie présente l’école de Nancy, avec Gruber, Prouvé, Valin père et fils, mais surtout Louis Majorelle et Émile Gallé (avec ses oeuvres de marqueterie et la vitrine aux libellules).
La troisième partie, après une explication du rôle de Samuel Bing, présente les oeuvres les plus connues de : Eugène Gaillard, Georges de Feure, Édouard Colonna, Hector Guimard – c’est bien lui qui est le plus présent -, Alexandre Charpentier, Alphons Mucha, Carabin, Lévy-Dhurmer et Selmersheim.
Enfin, en conclusion, l’auteur rappelle que l’Art Nouveau européen était parfois très éloigné du naturalisme à la française (en prenant comme exemple une salle-à-manger de Mackintosh et un tabouret d’Otto Wagner) et qu’il dériva vers l’Art déco.

Cet ouvrage de 90 pages n’a pas pour but de retracer exhaustivement cette période, mais voilà un très bel aperçu de toute l’ébénisterie française des années 1900, toutes les œuvres présentées étant visibles dans les musées parisiens et nancéens. L’iconographie est assez riche avec plans larges ou détails, et documents anciens. Je mettrai juste un bémol sur les textes… en clair, je n’aime pas du tout le style d’écriture de l’auteur, je trouve que ça trop « haché » : elle aurait dû y ajouter quelques volutes rédactionnelles.

Mes livres

Nathalie m’avait demandé de faire la liste des ouvrages que je possède sur l’Art nouveau, voilà qui est chose faite.
Je ne pense pas en avoir oublié car j’en ai relativement peu, mais il me reste à rendre cette liste plus ergonomique et plus utile (moteur de recherche, classement par thème, mots clés…). Il me reste aussi à… acheter d’autres ouvrages.

Voir ma liste de livres.

Hector Guimard – par Georges Vigne.

Hector Guimard, par Georges Vigne et Felipe FerréObligé d’aller dans un grand magasin culturel situé aux Halles, j’ai voulu me faire un petit plaisir ce samedi après une longue heure d’attente au service après-vente. La petite difficulté dans ce grand magasin, si l’on cherche des ouvrages sur l’Art nouveau, c’est que l’on doit naviguer entre le rayon architecture généraliste, le rayon architecture par période, le rayon architectes… et tous les autres thèmes possibles (ébénisterie, joaillerie…). C’est à la fin de ce décevant parcours qu’une large tranche bleue, sur laquelle de nom de Guimard était apposé en blanc, m’est apparue…

Me voilà donc en possession de l’ouvrage de référence sur Hector Guimard, cette bible parue en 2003, écrite par Georges Vigne et illustrée par les photographies de Felipe Ferré. L’ouvrage présente en 400 pages et 107 créations, l’ensemble de l’oeuvre d’Hector Guimard qui s’est étalée entre 1888 et 1940, une oeuvre conséquente, parfois malmenée, parfois détruite malheureusement. L’ouvrage est exhaustif, et rend compte de toutes ces merveilles avec précision, par des textes passionnants et une iconographie foisonnante (photographies, cartes postales d’époque, plans…).

Je n’avais pas d’ouvrage sur Guimard à proprement parler, j’ai comme l’impression que c’est le meilleur choix qui puisse exister…

Petite encyclopédie de l’architecture

J’ai reçu comme cadeau de Noël l’ouvrage « Petite encyclopédie de l’architecture » paru chez Solar.
Il retrace l’histoire des mouvements architecturaux depuis l’art roman jusqu’à aujourd’hui, en présentant sur une double page un petit texte (définition d’un mouvement, biographie d’un architecte, histoire d’un bâtiment…) et de très belles illustrations, certaines en pleine page (une page fait 19cm x 20cm). Il propose également un glossaire qui m’a permis entre autres de m’assurer de la définition de « plateresque », adjectif précédé d’un « néo » dans mon billet sur San Sebastian.

Dans ce résumé de 11 siècles d’architecture en 400 pages et 149 articles, on trouvera forcément qu’il y manque certains éléments mais cet ouvrage est très bien fait et très agréable à lire. Il va en tout cas m’aider à combler de grosses lacunes en décalage avec mon goût (grandissant) pour l’architecture.

Du côté de la période Art nouveau, on retrouve plusieurs articles :
– L’Art nouveau de 1890 à 1914 (un résumé du mouvement, illustré par la maison aux Majoliques à Vienne, l’intitut de Géologie à Budapest et la station Porte Dauphine ;
– Bruxelles de 1892 à 1910 ;
– La Sécession viennoise de 1897 à 1914 ;
– Joseph Hoffmann – Palais Stoclet à Bruxelles – 1905-1911 ;
– Paris entre 1890 et 1910 ;
– Charles Rennie Mackintosh – 1868-1928 ;
– Barcelone entre 1880 et 1905 ;
– La Sagrada Familia à Barcelone commencée en 1882 ;
– Le liberty italien entre 1900 et 1910 environ ;
– Prague et Budapest entre 1898 et 1918 environ ;
– Amsterdam et l’Europe septentrionale entre 1890 et 1918 environ ;
– L’École de Chicago – 1870-1910 ;
– Les prémices du mouvement moderne au début du XXè siècle ;

… Mais ne vous inquiétez pas, je ne me limite surtout pas à ces quelques articles. Tout le reste est splendide. Bon c’était un cadeau mais je recommende chaudement les 35 petits euros de cet ouvrage (j’espère simplement qu’il ne contient pas de bêtises, je prends des pincettes, hein…).

Mémoire des rues

Les éditions Parimagine ont créé la collection « Mémoire des rues », présentant des centaines de photographies du Paris des années 1900-1940. J’ai acheté avant-hier l’ouvrage correspondant à mon arrondissement : le 20ème.

Une grande majorité des photographies date des années 1900-1910, et ce fut un petit jeu de chercher, photo par photo, les éléments art nouveau (toujours en place ou ayant disparu depuis). Pas grand chose à me mettre sous la dent, si ce n’est pour de ce qui est toujours existant l’immeuble de la rue Ernest-Lefèvre et le fameux Bocage de la rue Gambetta. Pour les éléments détruits, quelques marquises, mais surtout la façade superbement sculptée (peut-être un poil chargée?) d’une des succursales de la Bellevilloise, au 34 rue de Ménilmontant.

On retrouve également des constructions d’époque ayant été détruites, mais dans un style plus classique. Avec 320 photographies, cet ouvrage est en tout cas une très belle collection de clichés, témoignages de la vie de l’époque. Comparé à d’autres ouvrages similaires, je recommande très chaudement celui-ci.

René Lalique dans la poche

Les éditions Gallimard ont édité en mars 2007 un hors-série Découvertes intitulé « René Lalique – Inventeur du bijou moderne* ».

René Lalique, inventuer du bijou moderneDe petit format (13 x 17), cartonné, l’ouvrage est de grande qualité, aussi bien sur la forme – textes concis, feuillets se dépliant – que sur le fond, car tout le génie du créateur est mis à l’honneur ici. Publié à l’occasion de l’exposition qui eut lieu au printemps 2007, il ne remplace pas le catalogue de l’exposition mais il mérite bien plus d’être sur une étagère que les magazines spécialisés sortis alors, dont parfois la qualité des photographies laissaient à désirer.

Le livre revient en neufs feuillets sur l’histoire du Lalique joaillier, de la création de ses premiers bijoux à sa collaboration avec les artistes de l’époque (Sarah Bernardht en particulier), et sur les thématiques qu’il aborda : la faune, la flore, la femme, une allitération à l’image de la poésie qui se dégage de son oeuvre. Et surtout, comme dans l’exposition, il met en lumière la beauté des dessins qui donnèrent naissance à ces bijoux.
Un ouvrage idéal à glisser dans sa poche ou son sac pour rêver dans les transports en commun.

* C’est ainsi que l’historien de l’art Henri Clouzot l’avait nommé en 1933, alors qu’il était à l’époque connu pour ses verreries, et que ses bijoux étaient plus ou moins tombés dans l’oubli.

1900, tout simplement

Les Galeries Nationales du Grand Palais accueillirent du 14 mars au 26 juin 2000 une exposition simplement intitulée « 1900 ». En cherchant à compléter ma bibliothèque par un ouvrage généraliste sur l’Art nouveau, j’ai trouvé hier le catalogue de l’exposition en question. 343 pages, qui, au premier feuilletage, m’ont paru passionnantes. Et elles le sont !

Car l’ouvrage dépasse l’Art nouveau proprement dit et ses applications dans l’architecture et les arts décoratifs. D’abord pour aborder également la musique (cf. l’essai « Le concert des Nations » ) ou la photographie pictorialiste Ensuite pour traiter de thématiques telles que la « méditation sur la vie » : l’arrivée d’un nouveau siècle a eu un impact évident sur la population en général, et sur les artistes en particulier. Camille Claudel ou Munch ont ainsi leur place dans le livre au milieu de Guimard ou Mucha.

Ce billet sera probablement complété lorsque j’aurai plus longuement parcouru tout ça. En tout cas, ce sera sans doute une grande source d’informations pour de prochains billets. Cependant, malheureusement, les références espagnoles de ce « 1900 » se limitent à Barcelone… Je n’y trouverai rien pour mon prochain billet sur le quartier moderniste de San Sebastian.

Vincent Aubrey Beardsley (1872-1898)

Dans les rayons de notre bibliothèque, on peut trouver une édition de Salomé d’Oscar Wilde, illustrée par Aubrey Vincent Beardsley. Hein ? Qui ça ?

beardsley : saloméCe dessinateur est mort de la tuberculose à 26 ans, mais il avait déjà eu le temps de laisser son empreinte dans le monde de l’illustration et d’être une grande source d’inspiration pour les maîtres du graphisme Art nouveau – certains de ses dessins me font d’ailleurs penser à du Bonnard. Beardsley, dont la rencontre avec le pré-raphaélite Edward Burne-Jones avait été déterminante, fut considéré comme l’un des illustrateurs les plus novateurs d’Angleterre. Il respecta bien peu les conventions graphiques… et encore moins les valeurs de l’Angleterre Victorienne. Son oeuvre est imprégnée d’érotisme, habitée de personnages sulfureux et fantastiques, voire noyée dans une certaine ambiance morbide.

beardsley : saloméBeardsley fit paraître ses créations dans diverses revues et en particulier dans The Savoy, publication qu’il avait créée en 1896.
Il illustra également de nombreux ouvrages, parmi lesquels ce Salomé d’Oscar Wilde. Ce drame en un acte fut écrit dans un français approximatif par l’auteur (et corrigé par, entre autres, Pierre Louÿs). Il parut à Paris et Londres en 1893, mais c’est la réédition de 1894 qui contient les illustrations de Beardsley. L’édition de 1907 contient trois illustrations supplémentaires ; c’est également le cas de l’édition que l’on possède, édité chez Ombres en 1996. Un petit ouvrage à glisser dans sa poche pour mettre un peu de piment d’époque dans l’ambiance des transports en commun