Archives de catégorie : Général

Il faudrait revenir…

… Parce qu’il y aura toujours des choses à dire sur ce blog. Je n’ai pas croisé beaucoup d’Art nouveau depuis mon retour du Japon, mais si j’ai évité la quantité, j’ai touché, oui oui touché, la qualité.

Ceci par exemple : 

 

Et là, ceux qui ne savent pas ce que c’est vont dire « Hein mais c’est quoi ça ? » et ceux qui savent sont priés de se taire… Non, sérieux, très bientôt vous en saurez plus.

Pour la qualité il y a aussi eu de la chaise dont on ne dira strictement rien ici et un dîner entre artnouveux duquel je suis un peu arrivé en retard et parti trop tôt (1h35 tout de même) et trop vite…

En attendant Mme Ballu épouse M trouve que c’est dommage parce qu’elle aimait bien ce blog, alors rien que pour elle je vais essayer de refaire surface ici (j’entends les autres grogner, tiens…)

A très vite alors !

Réouverture des portes !

Il suffisait de voir l’oeil larmoyant de mes camarades, tellement désolés que ce balcon ait vu ses chardons faner et mourir en octobre, pour que je reprenne la plume et du service. Oserais-je avouer qu’après l’organisation de l’exposition à Nogent, j’avais fait une surdose de modern style ?

Quoi qu’il en soit me revoici, vous narrant brièvement notre visite guimardienne au Louvre des Antiquaires, l’un des antiquaires ayant bientôt en vitrine une… heu… une vitrine justement. Du Hector Guimard en l’occurence et du beau, du raffiné, de l’élégant qu’on verrait bien chez soi. Quant au point de vue des spécialistes, je recopie un bout de message dans lequel on me précise que l’on y voit apparaître le fameux coquillé Guimard, qui sera plus usité dans sa période classique. Le meuble est en chêne clair, et j’appris à l’occasion que les bois de fruitiers qu’utilisait souvent Guimard étaient beaucoup plus fragiles. Voilà, c’est dit… Et pour donner envie d’y aller, un petit détail de la bête en image :

Hector Guimard

Ceux qui veulent la voir attendront encore quelques jours que la vitrine prenne place hors de l’arrière boutique (et qu’un vase du même artiste soit installé sur l’un des étagères).

Pour trouver la boutique et son fort sympathique propriétaire, il suffit d’entrer au Louvre des Antiquaires par l’entrée côté métro Palais Royal, la boutique est à gauche, immanquable avec son mobilier Majorelle ou son si joli miroir où la queue d’un paon se pare de pièces de verre…

Allez ! Si Guimard ne vient pas à vous, allez donc à lui !

Nouveau projet du Réseau Art nouveau

Le réseau Art nouveau a lancé, le 17 mai, par le biais d’un conférence de presse, son nouveau projet quinquenal : « Art nouveau et écologie ». Ce projet a été sélectionné par la Commission européenne dans le cadre du programme Culture 2007-2013 ; il rassemble les villes suivantes : Bruxelles (BE), Alesund (NO), Aveiro (PT), Bad Nauheim (DE), Barcelone (ES), Bruxelles (BE), Darmstadt (DE), Helsinki (FI), Ljubljana (SI), Nancy (FR), Milan (IT), Riga (LV) et Terrassa (ES), ainsi que trois partenaires associés: Glasgow (UK), La Chaux-de-Fonds (CH) et La Havane (Cuba). Le thème fort et actuel de l’écologie servira de base à de nouvelles réalisations, notamment une exposition itinérante, des conférences et des outils pédagogiques, ainsi qu’une étude de faisabilité pour une exposition inédite destinée au public malvoyant.

Source (parce que j’avoue j’ai presque fait un copier-coller) : http://www.artnouveau-net.eu/get_page.asp?stran=5&jezik=FR

Voir un extrait du journal télé belge : http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/10233/166/

L’Art nouveau de Tunis à la télévision mercredi 28 avril 2010

L’émission « Des racines et des Ailes » comportera mercredi 28 avril un reportage sur l’Art Nouveau à Tunis.

Faute de temps, je recopie ici l’article de Judaïque FM http://rencontrejfm.blogspot.com/2010/01/emission-des-racines-et-des-ailes.html :

En cette fin du XIXe siècle, Tunis possède la vivacité spontanée d’un creuset d’ethnies et de traditions qui anime la vie sociale tunisienne, et qui lui vaut le qualificatif de « tour de Babel » ; c’est dans cette babélique atmosphère que l’Art Nouveau fait son apparition à Tunis, signe précurseur et authentique de modernité dans le domaine artistique. L’architecte français Jean Resplendy, né en 1866 à Perpignan et formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, a été le premier initiateur de ce style avec la réalisation de l’Hôtel de France, rue Léon Roches, l’actuelle rue Mustapha-M’Barek. A cet heureux début de l’Art Nouveau, s’ajoute un exploit encore plus important pour le profil dimensionnel de Tunis. Il s’agit du grand îlot au croisement des deux principaux axes de la ville nouvelle, destiné à accueillir un compact mais articulé complexe : le Théâtre municipal, le casino d’hiver « Le Palmarium » et l’hôtel Tunisia Palace. La réalisation de tout le complexe est confiée à Resplendy. De l’ensemble municipal, prévu et défini dans ses différentes parties depuis 1899, entamé en 1901 et terminé en 1904, il ne reste aujourd’hui que le théâtre. Le Théâtre municipal est certainement l’édifice le plus remarquable du complexe. Les divers espaces internes du théâtre, du vestibule au foyer, reflètent le langage Art Nouveau d’inspiration baroque. La salle de spectacle, les baignoires et le reste ont été confiés à l’architecte Lucien Voog , spécialiste des espaces théâtraux, ayant déjà travaillé à d’analogues typologies, successivement à Paris et à Vichy.

Et un lien vers un site pour quelques illustrations : http://1900.art.nouveau.free.fr/?Theatre-municipal-de-Tunis

Guimard dans le métro

J’ai reçu récemment un message avec une question pour un champion de l’Art nouveau… En effet, il cherche actuellement des informations sur la présence des entrées du Métro dans les films de cinéma.

Alors cher lecteur… Des réponses ?

… L’occasion de rappeler l’existence de la rubrique filmographie du site du Cercle Guimard… un cercle Guimard dont j’ai retrouvé quelques membres hier pour un projet commun lié à mon nouvel emploi. Plus d’informations bientôt !

Où l’on parle de Lavirotte…

Le blog « Villabrowna, livres anciens » a rencontré Guillaume Virantin, auteur du site « Fragrance 1900 », avec qui je partage quelques amis et l’amour de l’art nouveau… quoiqu’à côté de ce passionné je fais bien pâle figure !

Voici donc ce blogueur amoureux des livres questionner Virantin, précisément sur Lavirotte et sur les ouvrages ou les sources bibliographiques relatives à cet artiste. Lavirotte est célèbre pour l’extraordinaire Ceramic Hotel de l’avenue Wagram… mais les recherches des amoureux de l’histoire de l’art sont parfois de véritables tribulations et c’est le cas pour cet architecte.
Je vous convie à lire ce billet et ces dialogues amusants et amusés.

http://villabrowna.blogspot.com/2010/02/guillaume-virantin-un-bibliophile-les.html

Guimard, Veules-les-Roses, etc.

Cette fin d’année 2009 aura été l’occasion pour moi :
– de finir la lecture de « l’Art nouveau en Europe » de Roger-Henri Guerrand ;

– de recevoir en cadeau le catalogue de l’exposition « Art nouveau revival » dont j’ai lu les trois premiers chapitres ;

– d’acheter sur ebay le catalogue de l’exposition sur Hector Guimard ayant eu lieu à New York en 1970 (puis à San Francisco, Toronto et enfin Paris en 1971). Il était dans un état impeccable et m’a coûté seulement 13 euros frais de port compris !

– d’aller à Veules-les-Roses. Les belles villas construites à la fin du 19ème sont moins nombreuses qu’avant la guerre, puisque 35 villas ont été détruites le 12 juin 1940 dans ce joli. (source http://www.veules-les-roses.fr/fr/dossiers/dossiers.php?val=21) Mais il reste quelques jolies constructions, en particulier la villa Plaisance et ses ferronneries Art Nouveau sur la grille.

– d’aller au musée de Dieppe où quelques vases de la manufacture de Sèvres ont mis du « vrai » style 1900 dans la visite. On retrouve également d’assez nombreuses toiles des années 1890 – 1910, de noms plus ou moins connus : Claude Monet (présent pour l’exposition temporaire actuellement présentée), Fernand Bruguière, Eugène Delabarre, Charles Lapostolet… et d’autres que je n’ai pas notés ! Mon oeuvre préférée sera celle de Kees Van Dongen : l’Ecuyère. Le tableau date de 1906. Ce peintre fauviste né en 1877 à Rotterdam a commencé à peindre en 1889, pour être connu quelques années plus tard avec en particulier l’illustration d’un numéro complet de « L’assiette au beurre » en 1901.

… Voilà, peut-être aurais-je l’occasion de revenir sur certains de ces points. En attendant, je profite de ce premier billet de l’année pour vous souhaiter une belle année 2010 pleine de couleurs et de découvertes !

Association AFIJAN 1900

Une association a récemment vu le jour : AFIJAN 1900, Association franco-internationale Japonisme, Art nouveau, années 1900. Son siège social est à Savins, aux environs de Provins. Cette association a réalisé début novembre une exposition : « Le Chrysanthème et son illustration en occident à la fin du 19ème siècle » avec comme point fort une conférence sur le chrysanthème du Japon, animée par Sophie LE BERRE ( conceptrice du site « les jardinsbotaniquesjaponais.fr« ).

L’association a pour but de promouvoir l’Art nouveau et le japonisme par le biais d’expositions, d’exposition-vente, de conférences et plus singulièrement par la création future d’un lieu d’accueil…

En savoir plus : http://afijan1900-artnouveau-japonisme.fr

Journées d’étude à Angoulême : L’architecture de la Belle époque

Samedi 21 novembre 2009, l’association angoumoisine « Via Patrimoine » organise sa 12ème journée d’études du Patrimoine du XXe siècle, ayant pour thème « L’architecture de la Belle Epoque : 1890-1914 ».

Au programme : – 10h00 : L’Art Nouveau et ses applications en Poitou-Charentes, par Gilles RAGOT, professeur à l’école nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux ;
– 11h30 : L’architecture à Paris à l’époque de l’Exposition universelle de 1900 : l’éclectisme et le début de la réaction classique, Gilles PLUM, historien ;
– 14h00 : Le béton et Perret, par Guy LAMBERT, historien de l’architecture ;
– 15h00 : Edouard Bauhain, un architecte entre Bordeaux, Paris et la Charente par Frank DELORME, historien de l’architecture ;
– 16h15-17h30 : visite d’Angoulême éclectique et Art Nouveau.

Ce programme est proposé conjointement avec l’atelier du patrimoine de Saintonge qui propose également des visites et conférences les 27 et 28 novembre. J’y reviendrai demain dans un autre billet.

Plus d’informations : http://via-patrimoine.com/Journee-d-etude

Castel Béranger, etc.

Quelques petites infos en vrac…

Je remercie ce lecteur qui m’a appris que le hall du Castel Béranger était en cours de restauration, avec, dit-on, une redécouverte d’éléments de décors qui avaient disparu.
Je ne suis pas certain de pouvoir me rendre sur place mais j’aurai vraisemblablement d’ici quelques jours plus d’informations… Ce sera sûrement l’occasion d’une mise à jour du site du Cercle Guimard… qui se verra très prochainement complété d’un dossier sur Guimard et le verre.

Pour informations, je travaillerai à partir du 16 novembre à Nogent-sur-Marne, haut lieu de l’Art nouveau francilien dont je n’ai pourtant jamais parlé ici. Ma passion pour l’Art nouveau a peut-être même été un atout pour moi pour ce poste… mais je n’en dis pas plus. En tout cas les façades des Nachbaur vont en tout cas bientôt investir ce blog.

Et puis vous avez dorénavant la possibilité de m’écrire via la rubrique contact (lien en colonne de droite).

De retour de Bretagne

Ces 4 jours passés dans le Sud-Ouest de Bretagne du 1er au 4 octobre ne m’auront pas donné l’occasion de voir la moindre construction Art nouveau.

C’est en fait lors de ma première escale, à Pont-Aven, que j’ai pu photographier deux ferronneries Art nouveau :



J’espère un jour écrire un billet sur l’industrialisation des garde-corps et autres rambardes dans les années 1900. Mais en attendant, l’un de mes lecteurs sait-il si l’on trouve encore des ferronneries Art nouveau dans le commerce, en particulier des appuis de fenêtre ?

Ce n’est pas pour moi, mais pour cette lectrice qui a laissé un commentaire récemment…

Bienvenue sur Style 1900 !

Ce blog quitte la rue des Pyrénées pour s’installer définitivement ici.
Il reste quelques petits problèmes d’affichage d’images mais ce sera très vite réparé !

J’espère changer un peu le design du site prochainement pour quelque chose de plus Art nouveau… mais mes nombreux autres projets me demandent du temps, d’où mon absence ces derniers temps.

A très bientôt pour de nouveaux billets (cela dit y en a un juste en-dessous) !
Arnaud

Nancy, en attendant.

Un dîner entre amateurs d’art nouveau, quelques fontes Guimard et un vase Daum dans une cave, la lecture de la préface du « Hector Guimard » de Georges Vigne un soir de bienvenue panne d’Internet… et d’autres infos glanées sur le web : j’ai de quoi rédiger des billets ici (sans compter ceux qui trainent dans mes cartons depuis des mois ou depuis Rouen), mais je n’ai pas trouvé pas le temps, mes moments libres étant consacrés au futur site web du Cercle Guimard, qui avance petit à petit.

Histoire d’illustrer ce blog, voici donc… du Guimard :
Hector Guimard, Nancy Et d’autres photos prises elles aussi à Nancy :
Hector Guimard, Nancy Hector Guimard, Nancy Hector Guimard, Nancy Hector Guimard, Nancy Hector Guimard, Nancy

Dieppe – Seine-Maritime

Une envie de voir la mer, une idée, et hop… j’étais à Dieppe ce week-end pour un séjour improvisé d’environ 24 heures. Ayant jeté un oeil vite fait sur le web, j’avais vu qu’il y avait au moins une maison à photographier pour ce blog…

C’aurait pu être celle-ci, avec ses garde-corps industriels et son renfoncement en arrondi au premier étage :

C’aurait pu être celle-ci, face au port, avec des ferronneries moins courantes et ses jolis coloris :

Mais non. C’était celle-ci, située Grande Rue :

On y retrouve les petites briques typiques de la région, mais les encorbellements, les boiseries rondes des fenêtres du 3ème étage, les arrondis au-dessus des fenêtres* des 2ème et 4ème étages lui offrent un aspect Art nouveau qui saute aux yeux au milieu de toutes les autres constructions dieppoises.
Agrémentée de surcroît par des lignes bleues qui entoure le renfoncement bicolore et une corniche originale (comment la décrire… en forme de trèfle ?)… cette jolie façade aura eu la chance d’être baignée par le soleil avant que nous ne nous rapprochions de la gare.

Faute de fournir plus d’informations sur cette construction, je vous mets une version grand format du haut de la façade

Je retournerai probablement à Dieppe, ne serait-ce que pour profiter de la piscine d’eau de mer chauffée… Si un lecteur connait mieux cette ville et d’autres éléments Art nouveau qui s’y trouveraient, qu’il n’hésite pas à laisser un commentaire…

* Sauf erreur il y a un terme pour ces vitres au-dessus des fenêtres… mais je ne le retrouve pas !

Des chocolats Art Nouveau ?

S’il y a un bordelais parmi les lecteurs de ce blog, j’aimerais qu’il me fasse l’honneur d’aller à Pâques chez Darricau, place Gambetta et d’en ramener quelques photos. En effet, d’après un article lu sur le web, ce chocolatier aurait choisi comme thème, cette année, l’Art Nouveau.

Mais le (vilain) site web du chocolatier présentant les créations de Pâques 2008, peut-être verra-t-on bientôt les créations de cette anneé ?

Un employé de Lalique aux Tuileries

Alors que j’ai aujourd’hui terminé la lecture des correspondances de Lalique, j’apprends que la toute dernière sculpture installée au jardin des Tuileries, un nu féminin en bronze répondant au nom de « Standing Woman » a été réalisée en 1932 le sculpteur franco-américain Gaston Lachaise (1882 – 1935).
J’apprends surtout l’existence de cet artiste, et surtout (pourquoi en parlerais-je sinon ?) le fait qu’il ait travaillé dans l’atelier de René Lalique dans les années 1904 – 1905. Je n’ai pas trouvé d’informations précises sur ce qu’il y faisait. Jeune prodige, il était présent au Salon des Artistes Français en 1899, mais il choisit l’argent de ce travail chez le maître plutôt que la gloire pour se payer le billet qui l’emmènera à Boston rejoindre sa muse, Isabel Dutaud-Nagel…

En tout les cas, aux Tuileries, on le repère Lachaise.

Oups pardon je me suis trompé de blog, je suis sérieux normalement ici…

La Loïe Fuller

Si la femme fut une très grande inspiration pour l’Art Nouveau, il est une femme qui le fut plus que toutes les autres : la Loïe Fuller.

Loie Fuller Cette danseuse américaine (1862 – 1928) raconte dans ses mémoires comment, en 1891, le hasard d’un costume trop long transforma aux yeux du public alors présent ses mouvements de gêne en un vol de papillon. Les mouvements devinrent alors une danse, et par un jeu de voiles et de lumière, elle habilla la scène et fit tourner la tête des plus grands, surtout à partir de son arrivée à Paris aux Folies-Bergères en 1892.

Loie Fuller par RodinElle enthousiasma Rodin (cf. ci-contre) qui s’était déjà intéressé au French-Cancan, inspira Mallarmé, Debussy disait qu’elle interprétait sa musique avec virtuosité, et Isabella Duncan se rappella dans son autobiographie les sentiments qu’elle éprouva en voyant Loïe Füller danser. Elle y utilisa un vocabulaire floral fort à propos pour décrire une « représentante » de l’Art nouveau :

« Devant nos yeux, elle se métamorphosait en orchidées multicolores, en fleurs de mer ondoyantes, en lys qui s’élevaient comme des spirales. C’était tout la magie de Merlin, une féérie de lumières, de couleurs, de formes fluides. »

(On peut d’ailleurs considérer qu’Isadora Duncan succéda à Loïe Fuller comme inspiratrice des artistes. Ironie du sort, Isadora Duncan mourut au volant de sa voiture… étranglée par son écharpe !)

Evidemment, les volutes de ses voiles ne pouvaient qu’attirer les illustrateurs de l’époque pour réaliser ses affiches, tel Chéret :


ou Pal :

Henri de Toulouse-Lautrec, probablement touché par ce « renouveau » féminin, lui qui en avait tant vu au milieu des bordels de Paris, et des danseuses en frou-frou, la représenta à plusieurs reprises : la dessina, la peignit en 1892, puis 1893, parsemant alors sa danse des voiles de poussière d’or.
Loie Fuller par Toulouse Lautrec, 1892 Loie Fuller par Toulouse Lautrec, 1893

En 1894, c’est William Bradley qui représenta sa compatriote (avec Serpentine danse) d’une manière presque amusante : on n’y voit que les pieds dépassant d’un jeu de courbes.
Loie Fuller par William Bradley
La danseuse se retrouva au fil des ans sur des bijoux, des céramiques (par Clément Massier par exemple) ou des sculptures par (pour n’en citer que deux) Francois Rupert-Carabin ou Bernhardt Hoetger. Ce sculpteur allemand avait d’ailleurs travaillé avec Rodin et ses premiers bronzes était très influencé par le travail du maître et par l’Art Nouveau français.

Bernhardt Hoetger et ceux qui la représentèrent à partir de 1900, pour être autant envoûtés, avait-il vu la danseuse en spectacle lors de l’Exposition Universelle de 1900 ? Alors à son apogée artistique, elle y avait son propre théâtre dans la rue de Paris. Ce théâtre avait été réalisé par le jeune architecte Henri Sauvage. Le bâtiment était à l’image de la danseuse : celle-ci était représentée en plein relief au-dessus de l’entrée principale, le reste de la façade ondulant sous les voiles sculptés. C’est Manuel Orazi qui avait réalisé l’affiche pour son théâtre que l’on peut voir ci-contre.

La même année, Theodore Heine en fait également une illustration :

Mais l’oeuvre la plus emblématique date de 1901. Cette danseuse de (la) lumière fut alors transformée en pied de lampe, ses voiles devenant l’abat jour. L’artiste est F.R. Larche qui devra sa renommée grâce à ces/ses représentations de la Loïe Fuller en « fée électricité », car il ne se limita pas à un seul essai.

D’après mes rapides recherches dans mes livres et sur le web, la dernière fois que la Loie Füller fut immortalisée fut en 1910, par Koloman Moser :

… Mais mes recherches furent peu poussées : j’aurais sûrement pu trouver bien d’autres exemples de l’engouement qu’elle suscita dans le monde des arts. Je n’ai d’ailleurs pas évoqué le monde de la photographie… ni présenté ici tout ce que j’ai trouvé sur le sujet. Pour un deuxième billet peut-être ?

Citation – 1

Histoire de remplir un peu plus régulièrement ce blog (avec facilité, je vous l’accorde), j’entame une petit rubrique « Citations »…

Quelles fleurs attendre, et quels fruits, si fleuriste et vigneron ignorent les puits d’arrosement, si l’artisan du décor méconnaît la nature, source de fraîcheur, restitution de la sève, bain matinal qui rajeunit, si l’artiste ne pratique pas le culte qui demande et obtient l’inspiration, c’est à dire s’il néglige l’adoration contemplative de la vivante beauté partout répandue ?

Emile Gallé, Gazette des Beaux-Arts, 1897

Champagne !

On avait déjà eu droits aux coups de fouet d’une Demoiselle sur ce blog, revoici en cette période de fête un peu de champagne, avec la marque De Venoge, dont la jolie boîte vient illustrer ce blog aujourd’hui.

En plus il était très bon ! 🙂

Castel Béranger – nouvelles photographies de l’intérieur

Le blogueur Vincenttheone nous avait déjà fait profiter de photographies de l’intérieur du Castel Béranger. Récemment, il a obtenu des photographies d’un appartement du rez-de-chaussée qui était libre, et donc que l’on pouvait visiter par le biais de l’agence immobilière.

Cet appartement était en fait l’atelier d’hector Guimard… et les photographies sont ici : http://vincentthe2.blogspot.com

Paris, architectures en couleurs

Le pavillon de l’Arsenal proposait le 11 septembre, dans le cadre des journées du Patrimoine, la conférence « Paris, architectures en couleurs ».
On peut retrouver en vidéo la conférence sur http://www.pavillon-arsenal.com/videosenligne/collection-8-160.php

Les 30 premières minutes de la vidéo sont une présentation chronologique par Simon TEXIER. Autour des années 1900, ce sont surtout la Samaritaine et le bâtiment du 124 rue Réaumur qui retiennent l’attention de M. Texier. Le 124 rue Réaumur est un immeuble industriel de 1905 à l’ossature en acier riveté dans les teintes rougeâtres. Les bow-windows du 4ème étage lui offre, au-delà de cette couleur, une originalité de forme que l’on remarque facilement, même si la rue Réaumur a vu de nombreuses constructions naître à la fin du 19ème siècle. Elle fait d’ailleurs l’objet d’un parcours d’architecture sur le site de Ville de Paris.

Dans le reste de cette intéressante conférence, la période Art nouveau n’est pas plus mise en avant qu’une autre, mais le Paris Haussmanien qui la précède est l’exemple de la « non couleur » (à considérer que la pierre n’ait pas une couleur). Les intervenants parlent entre autres de la difficulté d’avoir une couleur pérenne sur une façade – les grès flammés permettaient certes des couleurs pérennes mais étaient trop chers – ou de l’évolution de certains bâtiments. Ce fut également pour moi l’occasion d’apprendre que la couleur des bâtiments n’est pas réglementée à Paris.

Voilà…. bon visionnage !

Chartres en lumière

Du 11 avril au 20 septembre, la ville de Chartres se mettait en lumières. Et l’Art nouveau était particulièrement au rendez-vous comme on peut le constater sur le blog « On va voir si je m’y tiens« .

On reconnais aisément sur les photographies les œuvres de Mucha et Klimt.

Merci à ma collègue Sandra qui m’a fait découvrir cette info sur ce blog… et à la blogueuse !

Quelques travaux sur ce blog

Bonjour à tous,

Juste un petit mot pour signaler que ce blog est en travaux, et qu’il vient d’emménager sur http://art_nouveau.ruedespyrenees.net… en attendant un « vrai » nom de domaine.

Je suis en train d’ajouter quelques fonctionnalités qui permettront une meilleure recherche et une meilleure navigation… voire avouons-le un meilleur référencement afin de sortir un peu ce blog de la confidentialité. Ne vous étonnez donc pas de voir apparaître un nuage de tags multicolore dans la colonne de droite, en attendant mieux… et une liste complète de tags (j’ai 150 billets à rattraper !).

J’ai également modifié le formulaire de commentaires, lui ajoutant une case pour éviter le spam… Vos commentaires seront à présent directement mis en ligne sans besoin de ma validation… à condition d’être sur http://art_nouveau.ruedespyrenees.net

Un siècle d’affiches à Dijon

Le musée de la vie bourguignonne de Dijon (Côte d’Or), propose jusqu’au 22 septembre l’exposition « Un siècle d’affiches à Dijon« . Cette exposition avait déjà eu lieu plusieurs fois dans les années 90, mais le fonds a été nettement étoffé depuis, permettant d’offrir aux visiteurs une jolie collection d’affiches.

On retrouve évidemment des pièces de style Art Nouveau, dont l’élément le plus imposant – 2,14 m de haut – est un trypique anonyme pour la marque de biscuits Pernot. Il est daté curieusement de 1923 sur le document que j’ai eu sur place, je soupçonne une grosse coquille (d’autant que l’affichage était chronologique).

Cette même marque est également présente par des petits cartons publicitaires sous vitrine (image de gauche ci-dessous). On peut voir aussi, entre autres trois affiches de Jules Chéret pour le distillateur F. Mugnier ou encore des œuvres de multiples artistes pour les industries de l’époque telles les marques de cycle Terrot ou Cottereau…

N’hésitez pas, ensuite, à visiter les collections permanentes. Ce musée est vraiment formidable, mettant en valeur de manière amusante et claire les objets de la vie d’autrefois. Pris par le temps lors de mon passage à Dijon ce samedi 30 août, je n’ai malheureusement pas visité le 2ème étage, mais ce que j’ai vu m’a vraiment emballé, le premier étage présentant par exemple une charmante galerie de petites boutiques. Et de surcroît c’est gratuit.

Musée de la vie bourguignonne Perrin de Puycousin
17, rue Sainte-Anne
21000 Dijon

NB. Je vais encore faire râler du monde parce qu’on ne peut pas cliquer pour voir les images en grand format…

Bon anniversaire !

Ce blog fête aujourd’hui son 1er anniversaire. Je ne le mets pas aussi souvent à jour que je le souhaiterais, et j’aimerais rédiger des billets plus longs et mieux documentés (j’en ai quelques-uns sous le coude…), mais je reste assez satisfait de la fréquence des billets et de leur diversité… Un peu d’auto-satisfaction quoi, hein…

N’hésitez pas à me faire vos remarques pour que ce blog soit encore plus un lieu d’échanges. Mon souhait principal pour cette deuxième année ? Une plus grande participation de l’autre rédactrice, Nathalie. 😉

Le grand palais en timbre

Le timbre sur le Grand Palais est paru le 7 juillet. Comment ai-je pu oublier d’en parler ?

Ce timbre en deux parties représentent une vue extérieure avec une partie du pont Alexandre III, et surtout un pilier et la rampe du grand escalier à l’intérieur de la nef.

Décevant de ne pas mieux voir le timbre ? Mais enfin, courez l’acheter !

Cet été le chignon se porte art nouveau !

Bon c’est un truc de filles mais çà va devrait faire plaisir à l’Arno, c’est hyper tendance et c’est classé dans l’axe « rétro-moderne-chic » de la saison. Les peignes de Bottega Veneta sont d’inspiration Art Nouveau.

Quatre modèles surmontés de volutes en métal vieil or qui plantés nonchalamment dans nos cheveux, nous glamourisent et nous donnent des airs de sarah bernhardt, de marquise Arconati-Visconti, de comtesse de Béarn et de princesse de Guermantes.

Tant de célébrités qui portèrent des bijoux Lalique en leur époque, parce qu’elles le valaient bien, non ?

Mais pour rêver devant de somptueux modèles, je vous recommande la galerie des bijoux au Musée des Arts Décoratifs.

Alors les filles, on relève les cheveux !

Le Grand Palais en timbre

J’ai vu au salon du timbre qu’un timbre sur le Grand Palais va prochainement paraître. Bêtement je ne l’ai pas acheté et je l’ai vu de loin (mais où avais-je la tête ?), mais il montrera un haut de pilier de l’escalier sous la nef.
Pas plus d’infos sur le site La Boutique du Timbre pour l’instant…

A consommer avec modération…

La marque de bière « Affligem » a récemment réalisé une publicité qui a sa place ici.
Le haut de cette publicité montre une lampe Art Nouveau avec le texte « La Belgique nous a offert l’Art Nouveau ». Et le bas, qui montre un verre de bière, rajoute : « Mais surtout, elle nous offre la Nouvelle Affligem Fruits Rouges ». Illustration à ajouter bientôt, peut-être… ai-je le droit ?

14-16 rue du Louvre

Après notre tour au Louvre des antiquaires, nous sommes passés rue du Louvre. Je connais assez peu le quartier, en tout cas pas suffisamment pour avoir jamais levé les yeux sur l’immeuble situé au 14-16 de la rue. Signé par Jourdain, le bâtiment est un splendide représentant d’un Art nouveau élégant… et tardif, puisque le bâtiment fut construit en 1910, après que Jourdain avait connu la gloire avec la Samaritaine.

Mais l’intérêt de cette découverte fut surtout de pouvoir y entrer.
La porte était ouverte, des touristes anglophones patientant à l’entrée. Nous commançâmes à photographier le carrelage aux motifs de capucines… … les reliefs (presque Art déco d’ailleurs) en métal vernis :
… les discrètes sculptures :
…ou les ferrures fleuries de la cage d’ascenseur :

Les touristes nous posèrent des questions, intriguées par notre intérêt pour ce lieu. Un homme arriva alors et nous demanda si nous étions des touristes. On s’est d’abord demandé s’il allait nous virer, et on lui répondit que l’on venait juste prendre quelques photos de ce bel endroit.

En fait il était le gardien de l’endroit, et il nous fit partager son enthousiasme à travailler dans ce lieu magnifique, en nous montrant d’abord le vitrail dans l’escalier montant au premier étage :

Puis il nous expliqua que l’immeuble était en pleine réfection (on pouvait le remarquer par la présence de baches en plastique dans l’escalier). Et quelle réfection ! La cage d’ascenseur avait d’après ses dires perdu l’immonde grillage qui la masquait, les boîtes-aux-lettres 70 vont être remplacées, le sol et les murs sont être restaurés… Ce gardien qui s’avère être féru d’Art Nouveau, est en tout cas véritablement sympathique.

Conférences gratuites à Orsay, à ne pas manquer !

Vous savez déjà grâce à ce blog qu’Orsay nous fait redécouvrir un artiste méconnu, Alexandre Charpentier, et ce jusqu’au 13 avril 2008.

Vous savez aussi que, le 10 mars, nous avons visité l’exposition dans des conditions exceptionnelles grâce au mateur de nouilles.

Mais vous ne savez peut-être pas encore qu’Orsay organise des conférences gratuites autour de Charpentier.

Donc, le lendemain de la visite, je suis retournée au musée pour la conférence : « Alexandre Charpentier, naturalisme et art nouveau » d’Emmanuelle Héran, conservateur au musée d’Orsay et commissaire de l’exposition.

Et je peux vous dire que c’était exceptionnel !
J’avais déjà assisté à une conférence d’Emmanuelle Héran à l’Ecole du Louvre et apprécié ses talents d’oratrice.
J’aime tout particulièrement sa simplicité, sa clarté, ses parallèles parfois osés entre Charpentier et Fernand Léger et surtout son sens du partage.

Tout au long de la conférence, elle distille de précieuses informations d’actualités.

On apprend qu’une exposition sur Victor Prouvé se prépare à Nancy, que le château d’Agde, construit entre 1898 et 1901, par Emmanuel Laurens, est entièrement décoré art nouveau et est actuellement en cours de restauration, qu’une frise de Charpentier (bas-relief des “Boulangers” – 1897) est visible au square Scipion dans le 5ème arrondissement – mais notre mateur de nouilles en avait déjà parlé – et qu’il faut rendre visite au discret musée Chéret à Nice.

Ces informations nous mettent l’eau à la bouche quant à de prochaines escapades…

Elle nous fait découvrir également les coulisses de l’exposition avec quelques photos du montage du billard : les quatres pieds se dévissent – Ikéa avant l’heure !

Mais revenons à notre sujet, et à cette rétrospective qui rassemble environ 180 œuvres, dont une grande partie est conservée au musée d’Orsay.

Brillante, la carrière de Charpentier est brève : son premier succès date du salon de 1883 (La Jeune Mère), mais il est véritablement lancé au début des années 1890 et crée sa dernière œuvre en 1905 (La Famille heureuse, disparue).

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il mélange les genres et les styles. Artiste protéiforme, il décline souvent ses œuvres en plusieurs combinaisons : grande plaque, petite plaque, carton d’invitation, sculpture… Il travaille toutes les techniques : grès, étain, bronze, argent, papier gaufré… C’est un touche-à-tout à qui tout réussi.

Et ce n’est pas tout, violoncelliste, la musique joue un rôle important dans son œuvre.

Dans la salle d’exposition consacrée à ce thème, vous trouverez le pupitre aux quatre nervures (visuel de l’affiche, du catalogue d’expo…) et un meuble composé de quatre casiers dont l’un d’entre eux présente le violoncelle de l’artiste – le chiffre quatre faisant référence au quatuor.

Charpentier côtoie les grands compositeurs de son époque. Il fait notamment la rencontre de Debussy en 1893, grâce aux mécènes les frères Fontaine.

Imprégné de références musicales, l’artiste les transpose dans son oeuvre aux titres évocateurs : « Fantaisie sur fond de violon » en est un exemple.

En 1896, il fonde le groupe L’Art dans Tout, et crée avec ses collaborateurs des ensembles décoratifs qui pour la plupart ont disparu ; sa célèbre salle à manger commandée par le banquier Adrien Bénard (le même qui confie à Guimard, en août 1899, le soin de concevoir de nouvelles entrées pour le métropolitain) a pu néanmoins être sauvée et remontée au musée d’Orsay.

Pour en savoir plus, je vous renvoie à la critique de Jean-David Jumeau-Lafond dans la Tribune de l’Art.

Ne manquez pas non plus la dernière conférence autour de Charpentier à Orsay le 8 avril à 18h30 : « Alexandre Charpentier, un artiste engagé pour l’art social » par Catherine Méneux, docteur en Histoire de l’art, à l’université Paris-IV Sorbonne.

Ah ! « L’Art dans Tout »… et si la devise d’Alexandre Charpentier était possible ?

Le Castel Béranger vu de l’intérieur.

Le Castel Béranger - Guimard - portailVincenttheone, un blogueur amoureux d’architecture, a eu la chance de pénétrer récemment dans le Castel Béranger, invité par deux résidents. Il nous fait partager sa visite.

On frise l’événement exceptionnel, car du Castel Béranger, on connaît surtout l’extérieur, et le hall que l’on peut admirer à travers la grille. Pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter ou d’avoir visité Paris, la célèbre façade (et surtout son incomparable portail) est présente sur la plupart des sites ou des livres traitant de l’art nouveau ou plus généralement de l’architecture.

Le Castel Béranger - Guimard - entrée Pour l’intérieur, en revanche, le fonds est plus maigre.
Côté papier, l’ouvrage de référence est le coffret conçu à l’époque : « Le Castel Béranger, l’Art dans l’habitation moderne« . J’ai d’ailleurs la chance de posséder ce bel et imposant objet de 33 par 44 cm (pas très pratique à ranger mais bon bref…). Évidemment c’est le fac-simile que je possède. L’édition d’origine date de 1898, elle parut à l’époque chez Rouam (dirigé par C. D’Hostingue). L’éditeur italien Electa l’a réédité en 1997, pour un prix certes « abordable » (près de 300 euros !) par rapport à l’original vendu de-ci de-là aux enchères, mais la librairie « Mona Lisait » avait la bonne idée de le vendre à tout petit prix.

Le Castel Béranger - planches de l'albumCet objet est composé de 65 planches présentant tout d’abord :
– planches 1 à 24 : façades, plans des étages, sculptures extérieures ;
– planches 25 à 29 : murs et carrelage de l’entrée et du vestibule.
C’est sur les planches suivantes que les éléments intérieurs sont visibles :vitraux, l’escalier (et son tapis ! On voit même sur la planche 51 les pitons des tringles), poignées de portes, papiers peints ou revêtements décoratifs des escaliers, en cordolova (ne me demandez pas ce qu’est le cordolova !)…
Côté mobilier, l’immeuble étant prévu pour une population modeste, les meubles prévus dans les appartements se limitaient à quelques éléments fixes. Guimard créa néanmoins certaines pièces pour des clients particuliers… ou pour lui-même bien sûr. On peut en tout cas admirer, sur les planches : porte-manteaux, banquette, cheminées et miroirs, fourneaux de cuisine ou glace de toilette à laquelle sont suspendus 5 chandeliers. Mais j’apprends en lisant l’ouvrage de Georges Vigne que trois des meubles présents dans l’album ne l’étaient pas dans le bâtiment.

Si cet album permet donc de connaître les éléments décoratifs qui ornent l’immeuble, mais il n’en donne qu’une image pâle et ne permet pas de se rendre compte de l’éclat des couleurs. D’où l’intérêt principal du billet de Vincent pour ceux qui connaissent déjà ces planches.

On peut alors jouer au jeu des différences entre les planches et les photographies. On constate par exemple que le robinet de la fontaine n’est pas celui d’origine. A-t-il été cassé, ou bien volé comme ce fut le cas pour la plaque « Le Castel Béranger » qui ornait autrefois le portail ?
Le Castel Béranger - briques de verre de Falconnier - photo vincenttheoneMais le plus surprenant sur les photographies en ligne, ce sont les murs de briques de verre, totalement absents de l’album. Conçus par Falconnier, il séparent les deux escaliers. Guimard ayant rendu hommage à tous ceux qui ont participé à l’exécution des modèles, en les nommant en préface de l’album pourquoi n’a-t-il pas au moins cité le nom de Falconnier ? Parce que Falconnier apportait sa pierre « artistique » à l’édifice et qu’il n’était pas un simple exécutant ?

Ces belles photos m’ont en tout cas permis de mieux me rendre compte de la folie artistique de ce lieu.

A noter tout de même :
– une page web japonaise avec quelques photos du Castel Béranger… On y voit surtout très bien l’escalier.
– le site 1900.art.nouveau.free.fr avec une présentation de l’immeuble et une porte de poignée de porte
– le site Paris1900, évidemment !

Orgue de l’église St-Vincent-de-Paul de Clichy

Je reviens aujourd’hui sur ma visite de dimanche matin, à Clichy.

Étant membre de l’orchestre symphonique de Clichy-la-Garenne – je me charge de leurs affiches et sites web, aucune pratique musicale pour moi -, j’avais eu régulièrement l’occasion de voir l’orgue de l’église Saint-Vincent-de-Paul (à ne pas confondre avec l’église du même nom place Liszt à Paris). Cet orgue semble être, pour ceux qui l’ont déjà vu de loin perché sur sa tribune, bien… classique. Et pourtant, il a une histoire bien à part.

En effet, l’orgue fut conçu à l’origine pour être installé dans la salle Humbert de Romans, construite par Guimard rue Saint-Didier (75016). La conception de cette salle a commencé en 1898 pour la voir inaugurée en 1901. L’exploitation de cette salle gigantesque fut une catastrophe telle que la salle ne vécut même pas 3 ans : elle fut vendue aux enchères en 1904.

En dehors de quelques sièges et quelques plans ou photographies, l’orgue est tout ce qui reste de souvenir de cette salle. Il fut transféré à l’église Saint-Vincent-de-Paul de Clichy et y fut installé après que le meuble avait subi quelques découpages pour s’adapter à la taille de l’église.

Grâce à l’organiste, nous avons pu voir l’orgue de près, dont la console également est d’origine d’après les dires de l’organiste. Les volutes du meuble semblent le confirmer :


Le meuble dans sa globalité a également quelques formes arrondies, discrètes mais bel et bien d’époque comme on le voit sur les photos ci-dessous :


Il est fort probable que l’on ne se rend pas compte complètement de l’originalité du meuble sans l’intégralité du meuble et sans, autour cette œuvre de bois et de métal, l’immensité de la salle Humbert de Romans. Mais on peut être satisfait d’avoir approcher de près cette réalisation.

Je finirai ce billet en remerciant à nouveau l’organiste pour son accueil et sa disponibilité.

Source : évidemment, « Hector Guimard » par Georges Vigne.

Un dimanche vraiment Art nouveau…

… Parce que :
– j’ai continué la lecture du livre sur Gallé acheté hier ;
– je me suis rendu en proche banlieue pour voir de près une création plutôt cachée d’Hector Guimard ;
– justement la visite avait lieu avec trois grands amateurs (voire spécialistes) d’Art Nouveau ;
– on m’a (doublement !) fait un très joli cadeau provenant de l’exposition « L’album d’un collectionneur » ;
– le beau temps m’a poussé dehors et ma longue balade dans le 20ème m’a permis de découvrir un immeuble de 1907 avenue Gambetta, immeuble complètement détonnant au milieu de tous ses voisins hausmanniens ;
– j’ai pris ou repris quelques photos d’autres détails Art nouveau de cet arrondissement.

… et parce que tout ça va engendrer quelques petits billets (chez moi, ou chez d’autres… suivez mon regard)…

Pour illustrer ce billet, voici l’élément le moins intéressant et le moins joli de la journée :
J’ai trouvé rue des Panoyaux un appui de fenêtre assez… « original » : on y retrouve les mêmes fleurs et tiges en coups de fouet que 36 rue des Solitaires ou rue des Annelets, mais disposées un peu différemment et surtout à l’horizontal et à l’envers :

Les ferronneries industrielles offrent parfois un spectacle… renversant.

Formations par Drouot

Une amie m’a informé hier de l’existence de cycles de formations (ouvertes à tous, sauf quelques-unes nécessitant un certain niveau de connaissance) faites par Drouot. Information bien tardive, car le cycle le plus intéressant avait lieu à l’automne, avec pour thème : Le mobilier et les objets Art Nouveau et Art Déco. Il était consitué de 7 formations d’1h30 et d’une visite aux Arts décoratifs.

J’essaierai de ne pas louper cela l’année prochaine, ce programme était très alléchant.

D’autres formations, terminées ou en cours, ont un rapport à l’Art Nouveau :
– « Décorer sa demeure : du style Louis XV au Design » : la 3ème partie traitait de « l’éclectisme du XIXème siècle et la rupture de l’Art Nouveau »
– « Les grands créateurs de bijoux » : deux formations avec comme sujet « le bijou de 1850 à 1900 : Chaumet, Poiret » et « le bijou Art Nouveau : René Lalique ».
On notera également, dans le cycle « Distinguer le vrai du faux à travers des cas pratiques« , une formation intitulée « La verrerie Art Nouveau : expertise sur pièces ».

A l’année prochaine alors, peut-être…

Cocorico enfin !

Mes 10 numéros de Cocorico sont arrivés !

Une bien amusante plongée dans l’époque que voici ! Des publicités en tout genre. Côté textes je n’ai pas eu le temps de me pencher dessus. Et de belles illustrations de Cossard, Kupka, Mucha, etc. En voici une de Popineau :

Voilà de quoi garnir régulièrement ce blog et dans un premier temps de quoi compléter ma liste.

Galeffi

Lorsque je me rends chez le traiteur italien du coin, je me retrouve toujours nez à nez avec des bocaux d’effervescent Galeffi (un bicarbonate de soude aromatisé au citron désaltérant et bon pour la digestion… de bonne augure en ces période de fêtes).
Le graphisme Art nouveau de l’étiquette mérite bien un petit billet ici…

galeffi

Une rencontre, mais pas des moindres

Le mateur de nouilles, célèbre blogueur dont j’ai déjà parlé dans ces colonnes, a eu l’immense idée d’organiser un dîner entre (a)mateurs de nouilles et d’art nouveau. J’ai eu la chance et l’honneur d’être parmi les heureux convives, et j’ai pu d’une part faire connaissance avec quelques amoureux du jugendstil, et d’autre part j’ai pu découvrir un lieu qui fera l’objet d’une autre note, un autre jour (en attendant, évidemment, n’hésitez pas à aller lire une autre prose).
Mon principal compagnon de conversation, qui était assis en face de moi et qui était fort sympathique, est l’un des membres les plus actifs du Cercle Guimard, et j’ai vraiment été ravi de pouvoir discuter de Guimard, de l’exposition actuellement à Bruxelles dont il est l’initiateur, des activités du cercle ou de bien d’autres choses. J’ai de plus en plus envie d’apporter ma pierre à l’édifice qu’est la sauvegarde du patrimoine architectural, ce dîner sera peut-être le début de ma contribution…

Je remercie encore une fois, encore mille fois, lMdN pour cette soirée si agréable, intéressante, amusante, amicale… une soirée qui prouve qu’il y a une vie au-delà des blogs.

Retour sur le 19 octobre à Nancy !

Le 19 octobre 2007, malgré les grèves qui sévissent en France, le TGV Paris-Est/Nancy est maintenu. Alors pas une hésitation, dès 5h du matin je fonce à la conférence organisée par le réseau Art nouveau Network sur les mécènes et les commanditaires de l’Art nouveau. Comme Arnaud a été plus rapide que moi, je ne vais m’étendre sur le colloque puisque les actes sont en ligne mais juste apporter quelques informations supplémentaires puisque j’y étais !

Ce qui semble important de retenir lors de cette journée c’est le rôle du commanditaire et son implication idéologique, sociale, esthétique… L’Art nouveau a séduit une clientèle variée (public, privée…), d’origines sociales et culturelles très variées : des commerçants (Miss Catherine Cranston – Charles Rennie Mackintosh à Glasgow), des magistrats (Henry Hirsch – Emile Gallé en France), des critiques d’art (Roger Marx – Emile Gallé), la noblesse (cour de Hollande – Louis Majorelle, Grand Duke Ernst Ludwig de Hesse – les artistes de la Colonie à Darmstadt comme Josef Maria Olbrich), des industriels (Leopold Rudolf Kindermann – Gustaw Landau-Guntenteger à Lodz), des artistes (le peintre Albert Ciamberlani – Paul Hankar, Adolphe Crespin à Bruxelles).

L’implication des mécènes, commanditaires et clients de l’Art nouveau ont permis l’explosion du talent des artistes. Les artistes sont soutenus, encouragés, ils ont une grande part de liberté et cette confiance va bien au-delà d’une simple relation commerciale. Grâce aux artistes, les commanditaires valorisent leur amour de l’Art nouveau. Par exemple, après la mort d’Emile Gallé, Henri Hirsch, son plus fidèle client et ami, sera un de ses plus grands défenseurs. En 1934, il se plaindra du manque de Gallé dans les collections permanentes des musées parisiens et sera l’un des principaux prêteurs pour différentes expositions et musées. Il conserva sa collection jusqu’à sa mort.


A la pause-café, ce fut l’occasion de rencontrer « L’Association des Amis de l’Ecole de Nancy » qui publie un magazine annuel sur l’Art nouveau. J’ai pu acheter le n°23 de Septembre. La maquette (ci-contre) est élégante, les illustrations en couleur et on y trouve des articles sur l’architecture à Ljubljana, un génie des matériaux : Jacques Gruber, des focus sur des œuvres, des actus… Bref, 46 pages pour le plaisir de l’oeil.

Ce fut également l’occasion de revoir la somptueuse collection de vases Gallé, Daum… du Musée de Nancy et de rêvasser longuement devant ces libellules, liserons, ombellifères et autres beautés diaphanes et translucides.

A Nancy, il suffit de se rendre à l’Office de Tourisme pour comprendre que l’Art nouveau tient une place prépondérante : une exposition pour découvrir l’Art nouveau par pays, des dépliants sur l’Art Nouveau (Bruxelles, Terrassa, Riga, Glasgow… On ne sait quelle prochaine destination choisir…) et un circuit art nouveau de la ville. A ne louper en aucun cas !

Et même au McDonalds de Nancy, l’Art nouveau est au rendez-vous, il rime avec Wi-Fi.