Un blog autour de l'art nouveau

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 29 décembre 2008

Le paysan, la ferme et le tracteur

Il me plait souvent, lorsque je vais chez mes parents, de feuilleter le splendide livre "Le paysan, la ferme et le tracteur".
Celui-ci a pour sujet les affiches agricoles des années 1860 à 1960, mais évidemment ne se limite pas qu'à l'aspect graphique et retrace l'histoire de l'agriculture française sur cette même période, les chapitres ayant pour thèmes par exemple les femmes dans l'agriculture, la mécanisation, la guerre et la politique ou la paysannerie dans l'imaginaire social.

Du côté de l'Art nouveau et de ses représentants, si c'est Mucha qui nous accueille dès le premier chapitre avec une peinture représentant de jeunes gens cueillant des fruits, on retrouve Victor Prouvé pour un manifeste de 1918 sur "l'effort paysan" ("Le paysan, lui aussi, travaille à gagner la guerre" peut-on y lire à la fin), une réalisation de Georges Fay pour le syndicat central des agriculteurs de France, quelques arabesques ici ou là ou le nom de Jules Chéret pour une publicité de 1880 pour un constructeur de machine agricole, Jules Chéret étant alors déjà un grand nom de l'affiche. L'affiche réalisée par Charlet pour le Concours national agricole de Bordeaux, de 1910, est aussi remarquable par sa typographie moderne (et par un sens du détail graphique absolument splendide cela dit en passant).

Parmi tout ceci, l'image la plus "intéressante" graphiquement, pour ne pas dire la plus belle sur la période Art nouveau, est celle pour la Ligue vinicole de France vers 1900 :

Réalisée par Manuel Orazi, cette oeuvre pour laquelle aucune date précise n'est fournie représente une femme vêtue d'un robe légère sur laquelle froufroutent quelques arabesques (que l'on retrouve également dans sa coiffure). Elle presse du raisin dans une coupe, tandis qu'un ange vient tremper sa flèche dans ce breuvage. L'imagerie classique voire antique est bien là, mais un découpage en coup de fouet entoure l'illustration. Simplicité des lignes, couleurs chaudes du fond sur lesquelles tranchent les vêtements et peaux clairs des personnages, l'affiche est lumineuse, simple... On peut y lire, en bas : "Voulez-vous empêcher que l'on aille à l'alcool ? Mettez le vin, le vin naturel et sain, sur le chemin des populations que l'alcool dévore - Frédéric Passy (Congrès de l'alcoolisme 1878)". L'alcoolisme était en effet alors un fléau en France.

Mais ce visage, ça ne vous dit rien ? La première fois que je l'ai vu, il y a deux ans je crois lorsque mon père s'est faire offrir ce livre... ce visage ne m'était pas inconnu. Évidemment une recherche sur internet avait alors vite répondu à mon interrogation : La Maison Moderne !
A l'époque je n'avais évidemment pas vu l'exposition sur Charpentier, et cette affiche était logée dans un coin de mon cerveau, probablement aperçue ici ou là dans quelque ouvrage sur l'Art nouveau. Et donc, ce visage, c'est le même. Même nez, même menton, même regard. Seule la coiffe/coiffure fait la différence, même si l'on retrouve dans les deux cas quelques volutes derrière le crane...

On pourrait se dire que l'affichiste faisait dans la facilité, mais on se rassurera en découvrant les autres créations de l'artiste... Ce sera cependant pour une autre fois...

Le paysan, la ferme et le tracteur....
Le rural et ses images, un siècle d'affiches agricoles 1860-1960
© Somogy Editions d'Art, Paris 2006
© Le Compa - conservatoire de l'agriculture, Chartres 2006
ISBN : 2-7572-0017-8

dimanche 28 décembre 2008

Champagne !

On avait déjà eu droits aux coups de fouet d'une Demoiselle sur ce blog, revoici en cette période de fête un peu de champagne, avec la marque De Venoge, dont la jolie boîte vient illustrer ce blog aujourd'hui.



En plus il était très bon ! :-)

samedi 27 décembre 2008

L'Art nouveau à Bordeaux dans la revue "Le Festin".

Mon père a retrouvé dans son stock de magazines un exemplaire de "Le Festin" (Revue trimestrielle des patrimoines, des paysages et de la création en Aquitaine) d'automne 2005. La couverture représente l'élégant intérieur de l'hôtel Frugès de Bordeaux, tandis que 8 pages sont consacrées au Bordeaux Art nouveau. L'article avait été rédigé par Delphine Delmarès, historienne de l'Art, et illustré par des photographies de Jean-Christophe Garcia.

Le centre-ville de la capitale aquitaine est d'architecture classique du 18ème siècle mais si l'on s'éloigne un peu du centre on pourra découvrir quelques éléments 1900. Le mateur de nouilles nous l'avait déjà fait remarqué lors de mon minuscule billet bordelais de juillet.

L'auteure de l'article a pris soin de répertorier les édifices de style Art nouveau, mais plus généralement tous les détails 1900 des constructions d'époque (qui restaient dans leur ensemble influencées par les styles rococo et néo-classiques). L'article est plutôt un inventaire relativement dense, inventaire qu'on imagine même complet. Mais on rêverait plutôt d'un ouvrage richement illustré (ce qui est déjà le cas ici) reprenant en légende les informations de Delphine Delmarès.

Ces 8 pages seront en tout cas un guide sérieux lors de ma prochaine visite de Bordeaux...

Ce numéro est encore disponible en commande sur le site internet de la revue...
A noter, pour les amoureux de l'Art déco et de l'architecture en général, un article sur l'architecte Pomade, diplômé par le gouvernement en 1903, qui travailla pendant un demi-siècle dans le département des Landes.
Le Festin
www.lefestin.net

vendredi 26 décembre 2008

Les restaurants de Paris

J'ai fait l'acquisition aujourd'hui du livre "Les restaurants de Paris", paru cette année aux éditions Massin. Cet ouvrage traite des restaurants parisiens, mais pas côté cuisine : côté décor.
L'introduction nous apprend qu'un certain Boulanger aurait ouvert en 1765 le premier "restaurant" parisien avant qu'un arrêt de 1786 autorise les traiteurs et les restaurateurs à recevoir de la clientèle. L'ouvrage se découpe ensuite en six sections présentant les restaurants mythiques, chics (étoilés et tendance), historiques, populaires (bouillosn et brasseries), de quartiers et enfin de Palace.

Au fil des pages, j'ai retrouvé des établissements que j'ai déjà fréquentés et/ou dont j'ai déjà parlé ici (Le Bouillon Racine, La Fermette Marboeuf, Le Gallopin, Le Montparnasse 1900 ou Mollard).
J'ai pu également admirer parmi les riches illustrations, avant de les découvrir un jour et de leur tirer ici un portrait concis, les peintures de chez Maxim's, les céramiques de chez Lipp, les boiseries de Senderens, un lustre de chez Rostang, ou ma probable prochaine destination gastronomico-1900 : Julien. Je ne les cite pas tous, je vous conseille plutôt de vous plonger dans ce beau recueil qui contient également de belles adresses au décor années 20, voire évidemment plus classique ou bien plus moderne...

Les restaurants de Paris - Luxe, charme et tradition
Auteur : Pierre Faveton
Editeur : Massin.
253 pages.

mardi 9 décembre 2008

Clichy-la-Garenne - allées Gambetta

En me rendant au concert de l'orchestre symphonique de Clichy dimanche, j'ai un peu levé le nez sur les allées Gambetta, rue où se trouve le théâtre Rutebeuf. Elles sont bordées de nombreux immeubles probablement construits à partir du dernier quart du 19ème siècle, dans des styles néo-quelque chose, où le classicisme l'emporte sur le reste.


Néanmoins, on trouve quelques éléments décoratifs Art Nouveau. Quelques ferronneries de porte, ou bien...

En arrivant de la station de métro, c'est cette porte que j'ai vue en premier, au numéro 12 :

Et hop, on lève le nez sur la façade :

Le numéro 14 a une façade presque jumelle, avec les mêmes alignements de briques... mais non colorées. La porte quant à elle n'a rien d'original. Pour l'Art Nouveau, on ne remarquera à cette adresse que des ferronneries industrielles extrêmement courantes (on les retrouve même sur un immeuble faisant face à la gare de Saintes) :

Passons devant le théâtre et traversons la rue.
Aux numéros 19 et 19bis, on pourra éventuellement s'étonner de la dissymétrie du rez-de-chaussée, mais on remarquera surtout les portes, encadrées de feuilles et bogues de marronniers.

On retrouve ces feuilles en motifs un peu plus géométriques au bout des consoles soutenant le balcon central du 2ème étage :

Un peu plus haut on retrouve d'autres motifs végétaux, mais on s'éloigne alors de l'Art nouveau :


Enfin, au numéro 25 l'architecte et l'année sont enfin notée. Un immeuble de 1911, par C. Lemaire, fait l'angle de la rue. Certains travées et les éléments de soutien des balcons sont décorées de sculptures florales...
Mais on s'intéressera surtout ici au dessus de la porte :

Des chardons bien sûr !


Voilà, c'était une petite balade sans grande originalité, mais la ville de Clichy regorge de bâtisses de cette période et il serait bon d'y errer un peu plus longtemps. J'ai d'ailleurs dans mes tiroirs une autre construction clichoise à vous montrer. Une autre fois...


PS. Ami lecteur, je cherche une colocation ou un petit appartement à louer. A l'inverse je libère une chambre (trop petite pour mes trop nombreuses affaires malheureusement). On ne sait jamais, si l'Art Nouveau peut aussi servir à ça...