Un blog autour de l'art nouveau

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dimanche 18 mai 2008

14-16 rue du Louvre

Après notre tour au Louvre des antiquaires, nous sommes passés rue du Louvre. Je connais assez peu le quartier, en tout cas pas suffisamment pour avoir jamais levé les yeux sur l'immeuble situé au 14-16 de la rue. Signé par Jourdain, le bâtiment est un splendide représentant d'un Art nouveau élégant... et tardif, puisque le bâtiment fut construit en 1910, après que Jourdain avait connu la gloire avec la Samaritaine.



Mais l'intérêt de cette découverte fut surtout de pouvoir y entrer.
La porte était ouverte, des touristes anglophones patientant à l'entrée. Nous commançâmes à photographier le carrelage aux motifs de capucines... ... les reliefs (presque Art déco d'ailleurs) en métal vernis :
... les discrètes sculptures :
...ou les ferrures fleuries de la cage d'ascenseur :


Les touristes nous posèrent des questions, intriguées par notre intérêt pour ce lieu. Un homme arriva alors et nous demanda si nous étions des touristes. On s'est d'abord demandé s'il allait nous virer, et on lui répondit que l'on venait juste prendre quelques photos de ce bel endroit.

En fait il était le gardien de l'endroit, et il nous fit partager son enthousiasme à travailler dans ce lieu magnifique, en nous montrant d'abord le vitrail dans l'escalier montant au premier étage :

Puis il nous expliqua que l'immeuble était en pleine réfection (on pouvait le remarquer par la présence de baches en plastique dans l'escalier). Et quelle réfection ! La cage d'ascenseur avait d'après ses dires perdu l'immonde grillage qui la masquait, les boîtes-aux-lettres 70 vont être remplacées, le sol et les murs sont être restaurés... Ce gardien qui s'avère être féru d'Art Nouveau, est en tout cas véritablement sympathique.

samedi 17 mai 2008

Le louvre des antiquaires

Comme ont dit D et F qui m'avaient donné rendez-vous ce matin, le Louvre des antiquaires, c'est comme un musée puisque l'on peut voir de belles choses et... que l'on ne peut pas acheter. Et c'est même mieux qu'un musée puisque l'on peut toucher les objets.

D et F souhaitait y voir une pièce précise, et moi j'en profitai pour me rincer l'oeil sur la pièce en question et sur des tables gigognes de Gallé, des meubles Majorelle, des vases aux motifs fleuris en veux-tu en voilà, etc.

Et donc ? Et donc voilà, allez au Louvre des Antiquaires...

Néanmoins j'ai pu faire la connaissance de l'auteur du livre Lé métropolitain d'Hector Guimard. Les spécialistes de l'Art Nouveau sont décidément des personnes très sympathiques.

lundi 12 mai 2008

41 rue de Bagnolet - 75020 Paris

41 rue de BagnoletJ'ai habité rue Ligner (une petite rue en U frôlant le Père Lachaise au sud) il n'y a pourtant pas si longtemps : il y a 4 ans. Ne levant pas forcément les yeux à l'époque, sur les constructions un peu anciennes, je n'avais jamais remarqué le bâtiment faisant le coin de la rue de Bagnolet, c'est à dire au 2, rue Ligner - 41, rue de Bagnolet.

Il faut dire que la rue Ligner est très étroite (et par conséquent le manque de recul dessert l'immeuble de ce côté), et que côté rue de Bagnolet, il n'y a rien qu'une étroite façade éclectique sur deux travées (cf photo ci-contre).


Mais en me promenant, récemment, j'ai remarqué les ferrures de la porte, constituée de fleurs d'arum.

41 rue de Bagnolet

Évidemment, une telle décoration ne pouvait que m'intriguer et je me suis un peu approché, pour découvrir que l'immeuble était signé... Champy ! Champy ? Oui, Champy, l'architecte du 10 rue Belgrand.

Trouvant bien fade la façade de ce 41 rue de Bagnolet, j'ai évidemment tourné dans la rue Ligner, et là, ce fut beaucoup plus intéressant. Car de ce côté, le bâtiment n'est pas du tout symétrique :


Le côté droit (faisant l'angle avec la rue de Bagnolet) n'a qu'une travée de petites fenêtres, tandis que celui de gauche a deux travées dont l'une est constituée de grandes fenêtres partant du sol (et pas alignées sur les autres). Ces deux côtés sont séparées par un renfoncement (y a-t-il un terme pour ça ?) de trois fenêtres. On constate également que les deux derniers étages ne sont pas construits de la même manière, et que deux fenêtres ont un balconnet blanc (en béton ?) :
Mais l'élément le plus amusant de ce côté est sûrement cette petite porte :
Je réalise qu'il manque une photo rendant vraiment compte de l'intégralité de la façade, qu'il aurait fallu prendre de biais étant donné le peu de recul pour admirer la façade. Mais vous ne m'en voudrez pas, n'est-ce pas ?
Il est également noté sur le bâtiment le nom "H.D. de Folleville", nom probable de l'entrepreneur, puisque le propriétaire, d'après "paris en construction" s'appelait Chauvard. Ce même "paris en construction" m'a appris que l'immeuble date de 1911. Or celui de la rue Belgrand date de 1900 : l'artiste se serait donc assagi au fil des ans, ou ces propriétaires là auraient été simplement plus classiques, dans la logique de l'intérêt pour l'Art Nouveau, en déclin à cette époque ?
J'ai en tout cas envie d'aller voir de plus près les autres constructions de cet architecte... Affaire à suivre.


NB. Si vous connaissez un site web avec le vocabulaire de l'architecture (accompagné d'illustration), merci d'avance pour l'info !

samedi 10 mai 2008

Une affiche russe

Si aujourd'hui on écrit partout que "fumer tue", on ne s'en préoccupait pas autrefois. Une affiche russe laissait même une femme préférer le parfum du tabac à celui des roses :



L'affiche est sur la vitrine d'un café de la rue Saint-Maur, décorée de nombreuses affiches.

dimanche 4 mai 2008

Ojos de Brujos

Un commentaire de Guillaume, il y a déjà quelques semaines, me parlait du dernier album d'Ojos de Brujos, inspiré par Mucha. Je n'avais pas encore pris le temps d'en savoir plus, mais aujourd'hui, enfin, j'ai googlé... et j'ai trouvé ça :
Ojos de brujo

Cela s'avère être l'affiche du groupe en concert, l'album reprenant le même visuel recadré autour de ce cette forme en croissant ouvert vers le bas, tellement caractéristique de l'oeuvre de Mucha.

Je n'ai pas retrouvé les motifs à l'intérieur de ce croissant dans les créations de Mucha, peut-être sont-ils tirés d'une affiche peu connue, mais ils sembleraient plutôt inspirés de l'affiche "La Danse" que l'on voit ci-contre.

Un gros plan (pas propre) pour comparer :



Mise à jour du 4 mai - 19h : Merci à Jiyone pour son commentaire, en effet les motifs en haut et en bas sont repris de "Rêverie" :

samedi 3 mai 2008

Montparnasse 1900

Jeudi 1er mai, j'ai dîné au Montparnasse 1900, brasserie dont le nom suffit pour comprendre qu'elle se trouve quartier Montparnasse et qu'elle date des années 1900.

Inscrit à l'inventaire des Monument historiques en 1984, le lieu a été créée en 1858 et la décoration actuelle date de 1906 après son rachat par Édouard Chartier. Le bouillon Chartier en question devient en 1923 propriété de Rougeot, et ce jusqu'en 1977. Il fut ensuite tenu par Michel Oliver, sous le nom de Bistrot de la Gare. Il fait actuellement partie des restaurants Gérard Joulie, sous le nom Montparnasse 1900.

Comme nous ne sommes pas là pour parler cuisine, tournons-nous vers le décor.
La façade elle-même est d'époque, les encadrements des vitres reprenant les mêmes motifs que l'on verra à l'intérieur. Évidemment, le nom du restaurant utilise la police Boëcklin pour vous accueillir... il faut faire "Belle époque", hein ?
En entrant dans la grande salle où nous avons dîné - il y a une première petite salle à l'entrée -, je fus assez surpris par la "surcharge" des décors. Cette décoration pourrait semblait assez lourde, mais la grandeur de la salle aère tout cela, surplombée par une très belle verrière.



On retrouve les principaux éléments décoratifs caractéristiques de l'Art Nouveau français :
Tout d'abord les motifs floraux dans les céramiques et la verrière.
Les éléments en céramique sont signés Louis Trézel : motifs floraux ou paysages représentent peut-être des paysages de régions accessibles au départ de Montparnasse, tout comme les céramiques de chez Mollard, face à la Gare Saint-Lazare. Les styles sont très différents, je me demande donc si toutes les céramiques sont de Trézel. Car si les paysages évoquaient à François l'école de Pont-Aven, les décors en bas de murs sont plus géométriques, et les motifs floraux sur les murs autour des miroirs représentent de manière plus classique des volubilis et des mûres accrochées à des ronces grimpant le long d'une pergola.
 



Quant à la verrière, sa flore délicate dans des tons oscillant entre le rouge-brun et le jaune contraste avec de grandes fleurs blanches ou d'un bleu très pâle :


Deuxième élément incontournable de l'Art Nouveau local : des lignes ondulantes dans les encadrements des miroirs et vitres, ou plus discrètement les porte-manteaux ;


- Et enfin des personnages féminins dans les sculptures supportant certaines lampes.


Voilà, c'était une petite visite de cette brasserie au charme indéniable... J'ai aussi visité les toilettes, mais je n'y avais pas emmené mon appareil photo : Nathalie m'avait dit que cela était inutile. Et pourtant, les toilettes des hommes, porte de droite, ont un vasistas qui permet de voir de près un vitrail (côté verso) du même style que la verrière. Moralité : toujours emporter son appareil photo dans les toilettes.

jeudi 1 mai 2008

Gustav Adolf Mossa au Palais Lumière d'Evian

En feuilletant dans l'avion le magazine d'Air France la semaine dernière, une illustration m'interpela. Elle représentait un personnage étrange, des pavots lui bordant le visage, habillé d'une sorte de toge décoré de cranes et de fleurs, avec en second plan deux profils de femmes en deuil et en arrière-plan un vol de chauve-souris : cela avait quelques similitudes avec Aubrey Beardsley. Lisant le tout petit texte qui accompagnait l'image, j'appris que l'auteur était Gustav Adolf Mossa et que - je cite - "ses peintures, aquarelles et écrits nous entraînent au cœur de l'Art Nouveau, dont il fut le chantre le plus assidu". Le but de l'article était en fait de signaler une exposition sur l'artiste actuellement à Évian.

Après quelques recherches sur internet j'apprends donc que Mossa, né en 1883, fut un peintre symboliste des années 1903 - 1918, qui s'inspira surtout d'œuvres littéraires et des mythes bibliques ou grecs. Il devint ensuite notable, en particulier conservateur du musée Chéret à Nice où son œuvre fut cachée, avant d'être redécouverte dans les réserves après sa mort (en 1971).
Alors Mossa, chantre assidu de l'Art nouveau ? A priori la formule semble un peu exagérée. Mais il fut effectivement très influencé par les mouvements préraphaélites ou par l'Art nouveau. Le dépliant de l'exposition précise que l'on retrouve dans ses toiles des éléments provenant de Lalique, Guimard ou de Macintosh.

Le palais Lumière de la Ville d'Évian lui donc consacre une exposition depuis février, et elle se termine le 18 mai... Rendez-vous sur www.ville-evian.fr pour plus d'informations. Le Palais Lumière consacrera d'ailleurs une exposition sur Jules Chéret du 14 juin au 21 septembre 2008.

Télécharger le dépliant de l'exposition.