Un blog autour de l'art nouveau

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mercredi 27 février 2008

Gradl

Je viens de réaliser une affiche pour le spectacle "Vienne en fête" (basé sur les oeuvres des compositeurs Johann Strauss, Oscar straus et Franz Lehar) de l'Orchestre Symphonique de Clichy, et j'ai choisi d'utiliser la police de caractères Gradl, typiquement Art Nouveau. Elle m'a permis de placer un peu de style d'époque sur l'affiche, tout en restant lisible. La police Gradl est une police Art Nouveau relativement connue car fournie avec le logiciel Word©.

police art nouveau


Le nom de cette police vient de Max Joseph Gradl (1873 - 1934), créateur qui a joui d'une certaine notoriété à son époque, en tant que dessinateur de bijoux pour Theodor Fahrner, l'un des plus grands bijoutiers jugendstil (cf. cette broche ou quelques unes de ses autres créations sur la page www.karlkreuzer.de). En 1910, il publia l'ouvrage Bunte Verglasungen, présentant des motifs de vitraux Art Nouveau, qui fut réédité chez Dover en 1983 sous le titre "Authentic Art Nouveau Stained Glass Designs".

Gradl réalisa (cf. illustrations ci-dessous) une police en haut-de-casse décorée de coups de fouets pour être utilisée (si j'ai bien compris) pour des monogrammes (on la retrouve sous le nom de "Gradl Initialen" sur MyFonts, recréée par l'agence HiH) et la police "Gradl Zierschriften" semble-t-il pour l'ouvrage sur les verres teintés Art Nouveau. Pour la police utilisée sur mon affiche, les informations là encore ne sont pas légion sur le web. La police semble être une création de M.J. Gradl, également pour cet ouvrage, mais là encore en haut-de-casse uniquement. La version de Microsoft, conçue par "Font Bureau" dans le milieu des années 90 contient des minuscules créées pour l'occasion.
jugenstil font Gradl Zierschriften - typo Art Nouveau

On retrouve d'autres polices tout à fait similaires (quelques différences dnas le Q ou le M par exemple), créées par diverses agences de typographie, sous les noms de Swaak Centennial, Maigret, Reynolds Caps, Santini, Sarah Caps, Rivannah, Pigalle ou plus récemment Gradl Highsteps arrivée chez MyFonts en janvier. La police d'origine a dû tomber dans le domaine public, et se retrouve réexploitée par qui le veut pour être vendue à des prix parfois un peu élevé étant donné le peu d'effort créatif que cela a nécessité...

dimanche 24 février 2008

Perles, une histoire naturelle

Le magazine "L'oeil" de ce mois rappelle (et m'apprend) que le museum national d'histoire naturelle de Paris propose jusqu'au 10 mars une exposition sur les perles.

Evidemment, si je parle de cela ici, c'est que l'exposition, à but scientifique, se termine par une présentation de bijoux, dont évidemment certaines œuvres Art Nouveau. L'article cite comme créateurs René Lalique, les frères Vever, Édouard Colonna, Marcel Bing et Georges Fouquet : on peut donc supposer que ces artistes sont exposés... Georges Fouquet est présent en illustration dans l'article avec un devant de corsage "libellule".

samedi 23 février 2008

Le Castel Béranger vu de l'intérieur.

Le Castel Béranger - Guimard - portailVincenttheone, un blogueur amoureux d'architecture, a eu la chance de pénétrer récemment dans le Castel Béranger, invité par deux résidents. Il nous fait partager sa visite.

On frise l'événement exceptionnel, car du Castel Béranger, on connaît surtout l'extérieur, et le hall que l'on peut admirer à travers la grille. Pour ceux qui n'ont pas la chance d'habiter ou d'avoir visité Paris, la célèbre façade (et surtout son incomparable portail) est présente sur la plupart des sites ou des livres traitant de l'art nouveau ou plus généralement de l'architecture.

Le Castel Béranger - Guimard - entrée Pour l'intérieur, en revanche, le fonds est plus maigre.
Côté papier, l'ouvrage de référence est le coffret conçu à l'époque : "Le Castel Béranger, l'Art dans l'habitation moderne". J'ai d'ailleurs la chance de posséder ce bel et imposant objet de 33 par 44 cm (pas très pratique à ranger mais bon bref...). Évidemment c'est le fac-simile que je possède. L'édition d'origine date de 1898, elle parut à l'époque chez Rouam (dirigé par C. D'Hostingue). L'éditeur italien Electa l'a réédité en 1997, pour un prix certes "abordable" (près de 300 euros !) par rapport à l'original vendu de-ci de-là aux enchères, mais la librairie "Mona Lisait" avait la bonne idée de le vendre à tout petit prix.

Le Castel Béranger - planches de l'albumCet objet est composé de 65 planches présentant tout d'abord :
- planches 1 à 24 : façades, plans des étages, sculptures extérieures ;
- planches 25 à 29 : murs et carrelage de l'entrée et du vestibule.
C'est sur les planches suivantes que les éléments intérieurs sont visibles :vitraux, l'escalier (et son tapis ! On voit même sur la planche 51 les pitons des tringles), poignées de portes, papiers peints ou revêtements décoratifs des escaliers, en cordolova (ne me demandez pas ce qu'est le cordolova !)...
Côté mobilier, l'immeuble étant prévu pour une population modeste, les meubles prévus dans les appartements se limitaient à quelques éléments fixes. Guimard créa néanmoins certaines pièces pour des clients particuliers... ou pour lui-même bien sûr. On peut en tout cas admirer, sur les planches : porte-manteaux, banquette, cheminées et miroirs, fourneaux de cuisine ou glace de toilette à laquelle sont suspendus 5 chandeliers. Mais j'apprends en lisant l'ouvrage de Georges Vigne que trois des meubles présents dans l'album ne l'étaient pas dans le bâtiment.

Si cet album permet donc de connaître les éléments décoratifs qui ornent l'immeuble, mais il n'en donne qu'une image pâle et ne permet pas de se rendre compte de l'éclat des couleurs. D'où l'intérêt principal du billet de Vincent pour ceux qui connaissent déjà ces planches.

On peut alors jouer au jeu des différences entre les planches et les photographies. On constate par exemple que le robinet de la fontaine n'est pas celui d'origine. A-t-il été cassé, ou bien volé comme ce fut le cas pour la plaque "Le Castel Béranger" qui ornait autrefois le portail ?
Le Castel Béranger - briques de verre de Falconnier - photo vincenttheoneMais le plus surprenant sur les photographies en ligne, ce sont les murs de briques de verre, totalement absents de l'album. Conçus par Falconnier, il séparent les deux escaliers. Guimard ayant rendu hommage à tous ceux qui ont participé à l'exécution des modèles, en les nommant en préface de l'album pourquoi n'a-t-il pas au moins cité le nom de Falconnier ? Parce que Falconnier apportait sa pierre "artistique" à l'édifice et qu'il n'était pas un simple exécutant ?

Ces belles photos m'ont en tout cas permis de mieux me rendre compte de la folie artistique de ce lieu.

A noter tout de même :
- une page web japonaise avec quelques photos du Castel Béranger... On y voit surtout très bien l'escalier.
- le site 1900.art.nouveau.free.fr avec une présentation de l'immeuble et une porte de poignée de porte
- le site Paris1900, évidemment !

Guimard en vente sur ebay !

Le propriétaire d'un appartement dans un immeuble Guimard vend des portes Guimard sur ebay. A priori sans le moindre scrupule ni sans une once d'intérêt pour l'œuvre de l'architecte. Je lui ai donc envoyé un petit message :

Bonjour, je suis très surpris de voir une telle vente ici ; certes vous en êtes propriétaire donc libre d'en faire ce que bon vous semble, mais n'avez-vous pas songé à contacter le cercle Guimard, pour montrer le respect que vous avez pour le concepteur de ces portes uniques ? N'avez-vous simplement pas songé à les conserver, puisque ces portes ont été conçues pour cet immeuble, et que le futur acquéreur de cet appartement (dans 10, 20, 50, 100 ans ? ...nul n'est immortel) aurait peut-être aimé avoir les éléments d'origine. En tous les cas, disséminer cela à tout vent (les portes puis d'autres éléments ?), alors que les immeubles de Guimard était un tout, est vraiment désolant... Cordialement

... Et je ne suis pas le seul à lui avoir écrit. Ce sera certes un coup d'épée dans l'eau, j'imagine qu'il n'a plus le droit d'arrêter la vente, mais ça pourra peut-être éviter qu'il sème à tout vend, comme la semeuse de Grasset soufflant sur son pissenlit, d'autres éléments de son appartement...

N'hésitez pas vous non plus à lui manifester votre étonnement, voire votre colère.

vendredi 22 février 2008

Orgue de l'église St-Vincent-de-Paul de Clichy

Je reviens aujourd'hui sur ma visite de dimanche matin, à Clichy.

Étant membre de l'orchestre symphonique de Clichy-la-Garenne - je me charge de leurs affiches et sites web, aucune pratique musicale pour moi -, j'avais eu régulièrement l'occasion de voir l'orgue de l'église Saint-Vincent-de-Paul (à ne pas confondre avec l'église du même nom place Liszt à Paris). Cet orgue semble être, pour ceux qui l'ont déjà vu de loin perché sur sa tribune, bien... classique. Et pourtant, il a une histoire bien à part.

En effet, l'orgue fut conçu à l'origine pour être installé dans la salle Humbert de Romans, construite par Guimard rue Saint-Didier (75016). La conception de cette salle a commencé en 1898 pour la voir inaugurée en 1901. L'exploitation de cette salle gigantesque fut une catastrophe telle que la salle ne vécut même pas 3 ans : elle fut vendue aux enchères en 1904.



En dehors de quelques sièges et quelques plans ou photographies, l'orgue est tout ce qui reste de souvenir de cette salle. Il fut transféré à l'église Saint-Vincent-de-Paul de Clichy et y fut installé après que le meuble avait subi quelques découpages pour s'adapter à la taille de l'église.

Grâce à l'organiste, nous avons pu voir l'orgue de près, dont la console également est d'origine d'après les dires de l'organiste. Les volutes du meuble semblent le confirmer :


Le meuble dans sa globalité a également quelques formes arrondies, discrètes mais bel et bien d'époque comme on le voit sur les photos ci-dessous :



Il est fort probable que l'on ne se rend pas compte complètement de l'originalité du meuble sans l'intégralité du meuble et sans, autour cette œuvre de bois et de métal, l'immensité de la salle Humbert de Romans. Mais on peut être satisfait d'avoir approcher de près cette réalisation.

Je finirai ce billet en remerciant à nouveau l'organiste pour son accueil et sa disponibilité.

Source : évidemment, "Hector Guimard" par Georges Vigne.

mercredi 20 février 2008

Lecce - 1ère visite

Lecce, ville principale du Salento dans le talon de la botte italienne, est connue pour ses bâtiments baroques.
Ce petit bijou du Sud de l'Italie, appelée parfois la Florence du Sud, abrite également quelques ouvrages des années 1900.
Le bâtiment de cette époque le plus connu est l'église S. Antonio a Fulgenzio frati minori : construite de 1901 à 1910 dans un style néo-gothique, sa particularité sont les fresques recouvrant la quasi intégralité de l'église, peintes par le père Raffaello Pantaloni.

Mais la ville possède quelques bâtiments "vraiment" Art Nouveau. Le vraiment nécessite des guillemets, car leur structure principale reste classique - point de façade ondulant ou de dissymétrie flagrante. On peut imaginer que les propriétaires et les architectes de l'époque n'ont pas voulu brusquer l'harmonie de la ville... mais ce n'est qu'une supposition : combien d'architectes de l'époque, en France ou ailleurs, n'ont glissé que quelques détails ARt Nouveau dnans leurs constructions.
Bref... Les éléments "floreale" se retrouvent donc simplement et discrètement sur les balcons, les colonnes ou en simples volutes décoratives sur les murs, tel à ce coin de rue proche du meilleur glacier de la ville :



Voici un autre exemple plus "fourni" (tout est relatif), qui était en travaux lors de mes dernières vacances là-bas (en août 2006). On racontait alors qu'un restaurant allait s'y installer. J'y retournerai peut-être lors de mes courtes vacances d'avril là-bas, plus probablement en août.


L'une des façades présente un porche et un balcon aux formes et dimensions similaires. Aux coins de ceux-ci on (cf. ci-contre) des éléments décoratifs semblant représenter des plumes... je ne vois pas trop quelle plante ce pourrait être. Les autres éléments sont beaucoup plus géométriques, tels les consoles, ou les percées sur les côtés, telle celle que l'on voit ci-contre.

Le balcon, que l'on retrouve aussi sur l'autre façade, est un alignement de fleurs (des tournesols semble-t-il) agrémenté de lignes s'entrecroisant :

Restent, comme autres éléments décoratifs, des marguerites et des fleurs sous la corniche. On voit là encore un mélange avec des éléments géométriques et même des cornes d'abondance représentatives de styles bien plus anciens.


Je présenterai dans d'autres billets d'autres constructions Art Nouveau de la région... des constructions moins classiques...
A suivre...

mardi 19 février 2008

Le mobilier français - Art nouveau 1900

J'ai acheté samedi l'ouvrage de la collection "Le mobilier français" sur la période Art Nouveau.

L'ouvrage présente en première partie (intitulée "histoire et société") l'Art Nouveau, replaçant ce mouvement dans le contexte artistique et social de l'époque, retraçant ses influences et ses particularités...
La deuxième partie présente l'école de Nancy, avec Gruber, Prouvé, Valin père et fils, mais surtout Louis Majorelle et Émile Gallé (avec ses oeuvres de marqueterie et la vitrine aux libellules).
La troisième partie, après une explication du rôle de Samuel Bing, présente les oeuvres les plus connues de : Eugène Gaillard, Georges de Feure, Édouard Colonna, Hector Guimard - c'est bien lui qui est le plus présent -, Alexandre Charpentier, Alphons Mucha, Carabin, Lévy-Dhurmer et Selmersheim.
Enfin, en conclusion, l'auteur rappelle que l'Art Nouveau européen était parfois très éloigné du naturalisme à la française (en prenant comme exemple une salle-à-manger de Mackintosh et un tabouret d'Otto Wagner) et qu'il dériva vers l'Art déco.

Cet ouvrage de 90 pages n'a pas pour but de retracer exhaustivement cette période, mais voilà un très bel aperçu de toute l'ébénisterie française des années 1900, toutes les œuvres présentées étant visibles dans les musées parisiens et nancéens. L'iconographie est assez riche avec plans larges ou détails, et documents anciens. Je mettrai juste un bémol sur les textes... en clair, je n'aime pas du tout le style d'écriture de l'auteur, je trouve que ça trop "haché" : elle aurait dû y ajouter quelques volutes rédactionnelles.

lundi 18 février 2008

Police de caractères "guimardienne"

Je mets à nouveau mes lecteurs à contribution, pour avoir des informations sur cette police de caractères :

typographie des cartes postales Guimard

On la retrouve en particulier sur les cartes postales éditées par Guimard. Toute information sera appréciée ! Et quiconque aurait les compétences pour recréer cette police de caractères sera vraiment le bienvenu...

dimanche 17 février 2008

Un dimanche vraiment Art nouveau...

... Parce que :
- j'ai continué la lecture du livre sur Gallé acheté hier ;
- je me suis rendu en proche banlieue pour voir de près une création plutôt cachée d'Hector Guimard ;
- justement la visite avait lieu avec trois grands amateurs (voire spécialistes) d'Art Nouveau ;
- on m'a (doublement !) fait un très joli cadeau provenant de l'exposition "L'album d'un collectionneur" ;
- le beau temps m'a poussé dehors et ma longue balade dans le 20ème m'a permis de découvrir un immeuble de 1907 avenue Gambetta, immeuble complètement détonnant au milieu de tous ses voisins hausmanniens ;
- j'ai pris ou repris quelques photos d'autres détails Art nouveau de cet arrondissement.

... et parce que tout ça va engendrer quelques petits billets (chez moi, ou chez d'autres... suivez mon regard)...

Pour illustrer ce billet, voici l'élément le moins intéressant et le moins joli de la journée :
J'ai trouvé rue des Panoyaux un appui de fenêtre assez... "original" : on y retrouve les mêmes fleurs et tiges en coups de fouet que 36 rue des Solitaires ou rue des Annelets, mais disposées un peu différemment et surtout à l'horizontal et à l'envers :

Les ferronneries industrielles offrent parfois un spectacle... renversant.

vendredi 15 février 2008

La Hublotière en ligne

La Villa Berthe, au Vésinet, fut longtemps appelée La Hublotière, avant qu'une carte postale de l'époque ne lui rendît son nom originel.

C'est donc sur le site hublotiere.free.fr que l'on peut découvrir l'histoire - et surtout l'apparence - de cette villa, construite alors que l'immense projet du Castel Béranger voyait petit à petit le jour. En effet, le Castel Béranger commença à s'élever rue La Fontaine dans la deuxième moitié de 1895 - Guimard vient alors de réaliser son deuxième voyage à Bruxelles - et fut inauguré en 1898, tandis que l'on estime que la construction de la Villa Berthe se termina début 1897.

Si, au premier coup d'oeil sur sa façade principale symétrique, la Villa Berthe est en apparence une demeure classique, elle est la première réalisation vraiment Art Nouveau de Guimard par ses nombreux détails décoratifs : ferronneries, frise de l'entrée, soupiraux, montants de l'escalier, plafonds... Mais son modernisme était également présent dans la construction - confort, luminosité...

Allez, je n'en dis pas plus et je vous propose de vous plonger dans le site de La Hublotière pour mieux découvrir tout cela... ou également l'inévitable site Paris1900...

Autre sources :
- H. Guimard (G. Vigne et F Ferré)

mercredi 13 février 2008

Un balcon - 27 rue de la Chine

Je travaille rue de la Chine, bordée principalement d'immeubles éclectiques et Art déco. Mais l'Art nouveau y a bien sa place à plusieurs numéros, j'en parlerai sûrement à l'occasion d'un "billet-promenade"... en attendant que le mateur de nouilles présente le numéro 1 ?
J'ai beau connaître la rue par cœur, j'ai découvert aujourd'hui l'existence d'un balcon au numéro 27... un long balcon sur 4 travées : il suffisait de lever un peu le nez.



L'immeuble date de 1910. De facture classique, la façade est constituée de briques à partir du deuxième étage, avec une alternance de types décoratifs qui lui offre une certain originalité. Son architecte est un certain Benoist (Emile, peut-être ? Le nouveau blog du mateur de nouilles nous le dira peut-être...).

Mise à jour du 15 février 2008 : Oui, c'est bel et bien Émile Benoist l'architecte, puisque j'ai contaté hier qu'il était l'auteur d'un immeuble similaire au coin de la rue des Rigoles et de la rue de l'Ermitage.

mardi 12 février 2008

Le salon de la rue - Strasbourg

Nathalie m'a ramené aujourd'hui de Strasbourg le "petit journal" de "Le salon de la rue - l'affiche illustrée de 1890 à 1910". Cette exposition se déroule depuis le 26 octobre 2007 et jusqu'au 24 février 2008.

Le petit journal en question est un dépliant qui présente au recto l'affiche de l'exposition, inspirée du Chat Noir de Steinlen, et au verso une présentation de l'exposition, avec le découpage suivant (et une petite illustration à côté de chaque texte) :
  • Affiches de presse - illustré avec Simplicissimus, de Heine
  • Affiches de théâtre - illustré avec Médée, de Mucha
  • Affiches de spectacle - illustré avec Divan Japonais, de Toulouse Lautrec
  • Affiches de commerce - illustré avec le purgatif Géraudet ,de Chéret
  • Affiches de tourisme - illustré avec Trouville, d'Orazi
  • Affiches d'exposition - illustré avec le Salon des Cent de Grasset
Pour illustrer l'introduction et les informations pratiques, il y a aussi Exposition d'affiches artistiques de Kalas, et A Gaiety Lady de Hardy.

Je n'en dis pas plus car Nathalie a visité l'exposition : peut-être nous fera-t-elle l'honneur d'un billet à ce sujet ? D'ici là, pour en savoir plus : http://www.musees-strasbourg.org/

mercredi 6 février 2008

Richard Wagner - Visions d'artistes

L'exposition "Richard Wagner - Visions d'artistes" avait lieu jusqu'au 20 janvier 2008 à la Cité de la Musique. C'est justement ce 20 janvier 2008 que je l'ai visitée...

L'exposition présentait l'influence de Wagner sur les artistes de son époque et des époques suivantes.

En ce qui concerne l'époque qui nous intéresse, le symbolisme était le mouvement le plus en lien avec l'univers wagnérien. Ainsi, Edouard Dujardin, fondateur de la revue wagnérienne, déclara en 1923 au sujet de Wagner que "sa conception de l'art, sa philosophie, sa formule même étaient à l'origine du symbolisme". Mais un tel point de vue s'avère réducteur, tant le compositeur fut célébré par des artistes de l'époque au style académique ou par des artistes actuels au style... contemporain.

La recherche de l'oeuvre d'art totale par Wagner est un parallèle évident avec l'Art dans tout défendu dans l'Art Nouveau. Mais cette notion n'était pas vraiment abordée dans l'exposition. En revanche, les ponts entre Symbolisme et Art Nouveau sont assez nombreux, en particulier le rejet du classicisme. Si les symbolistes et ceux qu'ils ont influencés (Redon, Khnopff, Delville...) étaient évidemment présents à la Cité de la musique, je ne retiendrai ici que les artistes les plus liés au mouvement Art Nouveau présentés à l'exposition (ou dans le catalogue).

- Aubrey Vincent Beardsley. Beardsley (à qui j'ai consacré un petit billet) a en particulier réalisé "Les wagnériens", paru dans la revue "The yellow Book" qui montre une partie du public de Tristan et Isolde, et également un Siegfried ambigu.
- Eugène Grasset : "La Walkyrie". L'oeuvre présentée est une zincographie de 1893, représentant Wotan emprisonnant la guerrière dans les flammes : point de style "Art Nouveau" à proprement parler ici tout de même.
- Simeon Solomon : dessin pour un motif de Parsifal. On voit dans les visages "rossettiens" de cette oeuvre de 1894, l'influence des préraphaélites avec qui il fut ami.
- Isidore de Rudder. Lohengrin - tapisserie, 1895. L'artiste a collaboré avec le milieu des arts appliqués bruxellois durant les années 1890.
- Boleslas Biegas. Fils de musicien, cet artiste symboliste polonais était au départ influencé par Chopin. En 1901, il devient membre de la Sécession viennoise. Pour l'édition de 1904, il expose une sculpture intitulée "Richard Wagner" où des visages grimaçant, aux pieds d'un Wagner harpiste, rappellent Le Cri de Munch - oeuvre ayant déjà inspiré Biegas pour une sculpture hommage à Chopin, grâce à laquelle il se fit connaître. Il y présenta également un Beethoven, compositeur qui avait été à l'honneur à la Sécession de 1902.
- Koloman Moser. C'est ce membre de la Sécession qui figurait sur l'affiche de l'exposition parisienne avec son tableau "Le voyageur" créé en 1918. L'artiste était présent ici avec deux autres toiles : "Vénus dans la grotte" et "wotan et Brünnhilde".
- Les frerès Daum. Le catalogue présente également un superbe objet malheureusement absent pour l'exposition parisienne : un vase Daum, représentant Tristan et Isolde. La pièce est une exception dans l'oeuvre des frères Daum, car elle est une des rares à représenter des personnages. Antonin Daum était un grand admirateur de Wagner et il s'inspira parfois des opéras du compositeur pour d'autres (rares) créations. Le vase en question fut présenté à l'Exposition universelle de 1900.


Pour terminer ce petit billet wagnero-jugenstil, un autre lien un peu plus concret :
Wagner souhaita collaborer avec Josef Hoffmann, futur Secessioniste et fondateur avec K. Moser des Wiener Werkstätte, pour les décors lors de la création du Ring en 1884 (mais les décorateurs refusèrent de transposer les esquisses de Hoffmann, et ne firent que s'en inspirer... à la grande tristesse de Wagner).
A noter qu'auparavant, le maître avait pensé à Arnold Böcklin* : "Voilà quelque chose pour Böcklin, lui seul a l'imagination nécessaire pour cela", aurait affirmé Wagner à propos des décors de la Tétralogie. Mais Böcklin n'accepta pas l'offre et refusa par la suite de réaliser les décors de Parsifal malgré la demande de Cosima.

* En hommage de qui le fondeur Otto Weisert créa la célèbre police Art Nouveau "Arnold Böcklin"... mais cette remarque n'a vraiment rien à faire ici.

mardi 5 février 2008

7 rue des Fêtes - 75019

Après la toute petite balade dans le quartier dimanche, je reviens comme prévu sur une des plus intéressantes façades du quartier, située au 7 rue des Fêtes, dans le 19ème arrondissement. Cette petite rue est située entre la rue de Belleville et la place des Fêtes.

Coincée entre deux immeubles contemporains et pas très jolis on remarque d'abord de loin les courbes de la façade, créant une continuité entre les encorbellements et la partie principale de la façade. Mais inutile de s'approcher beaucoup pour voir, ici ou là, les peu nombreuses mais imposantes (et très belles à mon goût) sculptures aux motifs de chardons décorant la façade.

On en retrouve tout d'abord au premier étage à la base des encorbellements :

Il faut ensuite lever la tête - malheureusement on a peu de recul lorsqu'on est face au bâtiment - pour voir les éléments supportant le balcon du quatrième étage :

Et enfin, levons encore un peu plus la tête : des petits éléments décoratifs agrémentent le dessous des lucarnes.
Ce sont également des chardons que l'on retrouve sur les ferronneries. On en retrouve de deux types :



Quant à la porte, est-elle d'origine ?

D'aspect plus récente, elle contient les initiales AB... Pour qui ? Pourquoi ?



Ce ne sont pas les noms de l'entrepreneur ou de l'architecte qui nous fourniront un indice, puisque les inscriptions sur la façade nous informent sur les noms :
- du constructeur : F. Henry
- de l'architecte : H.G. Richter


Je n'ai pas trouvé d'information sur ce H.G. Richter, donc je crains que mon billet ne se termine ici...

Mise à jour du 6 février : lisez le commentaire... et remercions le mateur de nouilles pour ses informations.

dimanche 3 février 2008

Un tour dans le 19ème : entre la rue de Belleville et la rue de Crimée

Ce dimanche après-midi, malgré des températures extérieures un peu fraîches, j'ai décidé de refaire un tour dans le quartier, à la recherche d'éléments que j'aurais peut-être manqué...

J'ai donc d'abord découvert un petit appui de fenêtre au 2ème étage du 6 rue de la Palestine :
6 rue de la Palestine

30 rue des solitaires - façade Puis j'ai retrouvé la joli façade du 30 rue des Solitaires, avec son gros cabochon et ses grès :
30 rue des solitaires - cabochon
La rue étant très peu profonde, on a du mal à voir ce que représentent les grès tout en haut, mais ils semblent être des feuilles de chardons.


Au 36 de cette même rue, rien d'extraordinaire mais les ferroneries des portes ont des motifs d'iris. Les deux entrées sont différentes, et les portes ne semblent pas d'origine :

Les appuis des fenêtres ont quant à eux des lignes très simples :



Je me suis alors rendu jusqu'au 7 rue des Fêtes, où il y a cette très belle façade... aux chardons sous les balcons. Elle mériterait vraiment un ravalement pour être remise en valeur... et elle méritera, dans les jours qui viennent, un billet rien que pour elle.



J'ai alors décidé de prendre la rue de Crimée, pourtant bordée d'immeubles modernes. Mais bien m'en a pris, car j'ai découvert un bel immeuble au 9 rue de Crimée... et surtout une très belle porte sans laquelle mon regard ne se serait peut-être pas arrêté là:
Les grès entourant la porte représentent de la vigne. Ils sont signés "Gentil et Bourdet"... dont Le mateur de nouilles parle à plusieurs reprises sur Paris 1900.

Certains grès de la façade semblent être justement les mêmes que ceux de la rue des Solitaires, ceux-là même que l'on distingue difficilement faute de recul :
On trouve un autre type de frise de grès, sous la corniche. Cette fois, ce sont des ondulations au milieu desquelles apparaissent des fleurs de nénuphars. L'architecte est Lucien Paillard, dont je n'ai pas trouvé trace sur le web ou dans mes quelques ouvrages. J'aime aussi beaucoup les ferroneries des fenêtres, déjà repérées sur d'autres façades. Les motifs d'ombelles sont assez délicats et me font penser, à chaque fois que je les vois, à un peigne de Lalique créé vers 1897. Cette plante a d'ailleurs inspiré la plupart des artistes de l'école de Nancy (Gallé, Vallin...) :
9 rue de Crimée - ferronneries en ombelles

 
Un petit détour final par la rue des Annelets, où le numéro 31 est en travaux mais où la porte est restée en place (le propriétaire a peut-être envie de la conserver ?) :
31 rue des Annelets

...Et enfin par la rue de l'Encheval, où la plupart des bâtiments date des années 1900. Le bâtiment le plus intéressant de cette rue est au numéro 12. La façade est décorée de nombreux cabochons aux 1er et 4ème étage, et sous le bacon du 5ème étage se trouvent des tournesols sculptés :


Mais le motif principal est le marronnier, que l'on retrouve sur les (extrêmement communes) ferronneries des fenêtres, mais également sur la porte, et surtout dans le hall. Je n'y suis pas entré aujourd'hui, mais la dernière fois la porte était ouverte. Les moulures comme le sol représentent les feuilles et fruits de cet arbre :

A noter que les appuis de fenêtre du rez-de-chaussée, eux, n'ont rien à voir avec le marronnier :


Voilà, je terminerai par signaler la présence, au 8 rue Fessart, qui fait le coin de la rue de la Villette, d'un immeuble très original des architectes A. et M. Turin. Le bâtiment, de 1909, s'inspire de l'Art Nouveau, du Moyen-Age... :





Et pour finir : le parcours du jour :

(plan d'origine provenant du site de la Mairie du 19ème)