mercredi 26 septembre 2007
Un petit tour à San Sebastian
Par Arnaud R, mercredi 26 septembre 2007 à 21:31 :: Promenades européennes
Détruite par un incendie en 1813, lors de la Guerre avec la France, la vieille citée de San Sebastian s'est recontruite. Mais, en 1854, la ville devient capitale du Guipuzkoa, et par conséquent le centre administratif et financier de la province. S'en suit alors le démantèlement des murailles pour rompre avec son rôle militaire, et pour également répondre à la demande de la population.
Le 30 juillet 1862, la mairie lance un concours pour l'extension de la ville. C'est l'architecte Antonio Cortazar qui reçoit le premier prix avec son plan pour la nouvelle ville - un plan qui par la suite subira quelques modifications. En plus du développement urbain, la construction de la gare ferroviaire était un élément primordial avec lequel il fallait aussi compter, car la ville se situait sur l'axe Paris Madrid.
C'est en 1864 que commence la construction du nouveau quartier, de pair avec la consolidation des berges du rio Urumea... et l'intérêt que la Reine porte à la cité balnéaire ! (La ville de Biarritz, au Pays Basque français, vivra un développement comparable grâce à l'intérêt de l'impératrice Eugénie.) Au fil des ans, la ville s'étend vers le Sud-Est, et le barrio romantico se développe en rues de configuration quadrilatérale. On y retrouve toutes les influences possibles de l'époque, dont le style Art nouveau, appelé "moderniste" ici. Si le kiosque à musique du boulevard est typique de la Belle Epoque, la cathédrale du Buen Pastor, érigée en 1897, est de style néogothique, et le pont Maria Cristina, de 1905, est encadrée de quatre tourelles tarte-à-la-crème, mais bordé de lampadaires surplombés de dragons.
C'est justement au Sud de ce pont que l'on retrouve un quartier déroutant. Si le guide vert vous conseille (à juste titre) de parcourir la rue Urubieta puis la calle Prim (néo-baroque au n°21, Renaissance au n°7, mais moderniste aux 10 et au 25) surtout, ne vous limitez pas à cette dernière artère. En vérité, quelques rues seulement arborent des éléments Art nouveau plus extravagants les uns que les autres. On n'est pas dans la délicatesse d'un Horta ou la beauté d'un Guimard, mais on est (en tout cas je l'ai été) complètement abasourdi par tout le fait que tout cela soit rassemblé ainsi.
Malheureusement, les façades n'arborent pas les dates de construction ou noms des architectes. Il faudra probablement se référer à un Guide sur l'architecture de San sebastian, rédigé par Miguel Sesé.
De nombreux autres bâtiments méritent un coup d'oeil dans cette si belle ville basque. Entre autre le théâtre Victoria Eugenia : le pavillon d'Espagne avait tellement fait sensation à l'exposition universelle de 1900, que la conception du théâtre fut confiée, en 1908, à l'architecte Francisco Urcola, qui imposa un style dit "néoplateresque" à ce bâtiment qui fut inauguré le 20 juillet 1912... en l'absence de celle qui lui avait donné son nom. Vrai malaise ou caprice ?


Ce dessinateur est mort de la tuberculose à 26 ans, mais il avait déjà eu le temps de laisser son empreinte dans le monde de l'illustration et d'être une grande source d'inspiration pour les maîtres du graphisme Art nouveau - certains de ses dessins me font d'ailleurs penser à du Bonnard. Beardsley, dont la rencontre avec le pré-raphaélite Edward Burne-Jones avait été déterminante, fut considéré comme l'un des illustrateurs les plus novateurs d'Angleterre. Il respecta bien peu les conventions graphiques... et encore moins les valeurs de l'Angleterre Victorienne. Son oeuvre est imprégnée d'érotisme, habitée de personnages sulfureux et fantastiques, voire noyée dans une certaine ambiance morbide.
Beardsley fit paraître ses créations dans diverses revues et en particulier dans The Savoy, publication qu'il avait créée en 1896.
Durant les deux heures de la visite, les guides nous ont présentés l'éventail des style architecturaux contemporains de Guimard, donc jusqu'à la fin des années 1920, et l'on a passé autant de temps à parler de Boussard ou de Mallet-Stevens que de celui qui nous avait fait venir. Intéressant de replacer l'oeuvre de Guimard dans le foisonnant contexte architectural de l'époque, mais un peu décevant de ne pas avoir une once d'explication sur les immeubles de la rue Agar ou de ne pas avoir faire un détour par le 122 avenue Mozart.
Décevant aussi le niveau sonore de la voix de la guide : il fallait tendre l'oreille... L'autre guide était en revanche audible (et intéressant).